
Fluides · le Donjon
Uro
urophilie, urolagnie, ondinisme · angl. Golden shower, watersports, pee play
Faire de l'urine un jeu : la donner, la recevoir, la regarder couler sur le corps de l'autre ou sous la douche. La « douche dorée » est la plus connue des pratiques de fluides et la plus ancienne dans les livres de sexologie. Elle tient à la fois de la chaleur, de l'abandon et de l'interdit.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 154 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : collier laisse, bandeau (yeux)
Trois gages, tels que je les sers
Tom, accroupis-toi dans la douche, face à Eva, les yeux dans les siens. Urine dans ton boxer jusqu'à le tremper, sans quitter son regard. Puis retire ce boxer, avec fierté.
Tom, mets-toi à genoux sous la douche, le torse en avant. Eva, urine lentement sur son torse en contrôlant le jet.
Tom, pénètre Eva : retire-toi et urine sur l'entrejambe d'Eva
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
urophilie et urolagnie, du grec ouron, « urine », et philia, « attirance », ou lagneia, « désir ». ondinisme, forgé par Havelock Ellis d'après Ondine, la nymphe des eaux du conte de La Motte-Fouqué (1811). En anglais, golden shower et watersports.
Le premier à ranger la chose dans un livre est Richard von Krafft-Ebing : sa Psychopathia Sexualis (1886) rapporte des hommes qui n'atteignent le plaisir qu'en regardant une femme uriner, et les classe parmi les perversions de son temps. Le sexologue anglais Havelock Ellis lui répond une génération plus tard avec un mot plus doux, undinism, l'ondinisme, du nom de la nymphe des eaux : il trouvait urolagnie laid et clinique. Dans ses Studies in the Psychology of Sex (le volume de 1928), il défend l'idée que l'attirance pour l'urine est une variation courante du désir, pas une maladie ; dans son autobiographie My Life (1939), il raconte qu'elle fut la sienne, née d'un souvenir d'enfance auprès de sa mère.
II · Ce qui se passe dans le corps
Les reins filtrent le sang en continu et en tirent un à deux litres d'urine par jour : de l'eau à 95 %, de l'urée, de la créatinine, des sels, un pigment jaune. La vessie en garde 400 à 500 millilitres ; l'envie se fait sentir bien avant. À la sortie, le liquide est à la température du corps : c'est cette chaleur qui fait la sensation, un jet tiède sur une peau qui ne l'attend pas, comme un bain à 37 degrés. Plus on a bu d'eau, plus l'urine est claire et discrète. Chez l'homme, l'érection ferme le sphincter interne et rend le jet difficile : on urine mal en bandant, c'est mécanique. Chez la femme, la vessie pleine appuie sur la paroi vaginale, et certaines y trouvent une excitation ; une étude française de 2015 a d'ailleurs montré que le « squirt », l'émission abondante de certaines femmes à l'orgasme, provient de la vessie.
Debout sous la douche, ou l'autre allongé dans la baignoire : le jet sur le ventre, les cuisses, le dos. Le décor lave tout.
Retenir, demander la permission, attendre qu'on l'accorde : le jeu de vessie se joue habillé, et il peut durer toute une soirée.
III · Comment on s'y prend
- 1Boire de l'eau avant.Une heure ou deux, en quantité : l'urine sera claire, presque sans odeur, et il y en aura. Ni alcool ni café seuls : ils la rendent âcre.
- 2Choisir le lieu.La douche ou la baignoire, presque toujours ; une bâche et des serviettes si c'est la chambre. Le matelas ne pardonne pas.
- 3Convenir des zones.Le corps, les cuisses, le dos vont de soi ; le visage et la bouche sont une autre décision, prise à froid, jamais improvisée dans l'élan.
- 4Laisser venir.Celui qui donne se détend, respire, ne force pas ; l'homme attendra parfois que l'érection tombe. Celui qui reçoit ferme les yeux et cherche la chaleur.
- 5Rincer, rire, reprendre.Une douche à deux ensuite, l'urée séchée tire sur la peau. Beaucoup de couples racontent que le rire est la moitié du plaisir.
IV · Les précautions
- Jamais dans les yeux, jamais sur une plaie. L'urine est acide et salée : elle brûle la cornée et irrite une peau ouverte, coupure, eczéma, rasage frais. On rince à l'eau claire sans attendre.
- La bouche : un risque faible, mais réel. L'urine d'une personne saine se boit sans dommage, mais une infection urinaire, une chlamydia ou une gonorrhée de l'urètre, un cytomégalovirus y passent. Avaler se réserve à un partenaire dont on connaît le statut, et jamais s'il a des symptômes.
- Sang, douleur, médicaments : on s'abstient. Une urine trouble, rouge ou douloureuse dit une infection : la soirée attend. Les médicaments s'éliminent par l'urine ; celui qui en prend le dit.
- Rincer la peau après. Séchée, l'urée irrite et sent : une douche tiède, sans se frotter, et une serviette propre. Les surfaces se nettoient au savon, pas à l'eau seule.
La Roue, à retenir
L'urine est chaude, presque stérile et surtout interdite : c'est l'interdit qui fait le jeu. Sur une peau saine, rien à craindre ; les yeux, les plaies et la bouche sont d'autres histoires.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Uro, aussi appelée urophilie ou urolagnie ou ondinisme. Dans le milieu : Golden shower, watersports, pee play.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 2, Déshabillage. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : collier laisse, bandeau (yeux), menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
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