
Fluides · le Donjon
Crachat
hygrophilie · angl. Spitting, spit play
Cracher sur l'autre, dans sa bouche, sur son sexe, ou se laisser cracher dessus ; et, plus doucement, mouiller les doigts ou le sexe à la salive avant de toucher. Le crachat est l'insulte la plus universelle du monde ; retourné en caresse, il devient l'un des gestes de domination les plus intimes qui soient.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 45 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
Trois gages, tels que je les sers
Tom, ouvre la bouche et renverse la tête en arrière. Eva, crache dans sa bouche ouverte. Tom, avale sans fermer les lèvres.
Tom, maintiens la tête d'Eva en arrière par les cheveux et fais couler ta salive dans sa bouche ouverte
Tom, prends le visage d'Eva entre tes mains et crache sur sa joue
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« cracher », d'un latin populaire craccare, onomatopée du raclement de gorge ; « salive », du latin saliva. Les sexologues rangent le goût des sécrétions humides sous hygrophilie, du grec hygros, « humide » ; le milieu dit spit play.
Le crachat au visage est, dans presque toutes les cultures, le geste du mépris : la Bible le prescrit à la veuve contre le beau-frère qui la refuse, et les soldats le donnent au Christ. Mais la salive fut aussi un remède et une bénédiction : Pline l'Ancien, au livre XXVIII de son Histoire naturelle, recense les vertus de la salive à jeun contre les serpents et les maux d'yeux ; les Évangiles font guérir un aveugle avec de la boue et de la salive ; les Maasaï du Kenya crachent dans leur paume avant de serrer la main d'un aîné et sur la tête des nouveau-nés pour les protéger. Le même fluide dit tour à tour la haine, le soin et le respect : tout dépend de qui le donne à qui.
II · Ce qui se passe dans le corps
Trois paires de glandes, parotides, sous-maxillaires, sublinguales, produisent chaque jour un demi-litre à un litre et demi de salive : de l'eau à 99 %, des mucines qui la rendent glissante, des enzymes qui commencent la digestion, des anticorps, une molécule antidouleur découverte à l'Institut Pasteur en 2006, l'opiorphine. Elle transporte aussi des centaines d'espèces de bactéries, des dizaines de millions par millilitre : un baiser de dix secondes en échange environ quatre-vingts millions, ont calculé des chercheurs néerlandais en 2014. Comme lubrifiant, elle glisse bien et s'évapore vite ; ses enzymes irritent à la longue les muqueuses, et elle ne convient pas à l'anus, où elle sèche en quelques instants.
Les doigts mouillés avant de toucher, le sexe humecté à la bouche : le plus ancien lubrifiant, pour tout sauf l'anus.
De près, sur la langue tendue, la bouche ouverte, le sexe. Il se demande à voix haute, et il se donne les yeux dans les yeux.
III · Comment on s'y prend
- 1Dire où, et où pas.Dans la bouche, sur la langue, sur le sexe, sur la poitrine ; ou jamais au visage : chacun a sa carte, et elle se dessine avant.
- 2Le premier crachat est près.À quelques centimètres, presque posé : on ne lance rien. La distance viendra si l'autre la demande.
- 3La bouche ouverte est l'invitation.Celui qui reçoit ouvre, tire la langue, soutient le regard : c'est lui qui donne le signal, pas l'autre.
- 4Alterner avec le baiser.Cracher puis embrasser, faire passer la salive d'une bouche à l'autre : la domination et la tendresse dans le même geste.
- 5Un mot après.Le crachat remue quelque chose de vieux : on demande comment c'était, on ne laisse pas l'autre seul avec l'insulte qu'il vient de retourner.
IV · Les précautions
- Ce qui passe par la salive. L'herpès labial (HSV-1), le cytomégalovirus, la mononucléose, les streptocoques ; et la gonorrhée de la gorge, dont des travaux australiens suggèrent qu'elle se transmet par le baiser. Le VIH, non. L'hépatite B, exceptionnellement.
- Jamais dans les yeux. Les bactéries de la bouche font des conjonctivites : le crachat vise la bouche, la langue, la peau, pas les paupières. On rince à l'eau claire si ça arrive.
- Pas de salive pour l'anus. Elle sèche trop vite, et son usage comme lubrifiant anal a été associé à la gonorrhée rectale chez les hommes. Un lubrifiant, pas la bouche.
- Bouche saine, ou pause. Bouton de fièvre, aphtes, gencives qui saignent, angine : on remet à plus tard. Celui qui reçoit dans la bouche a le droit de le savoir.
La Roue, à retenir
La salive est une caresse dans la bouche et une insulte hors d'elle : le jeu vit exactement sur cette frontière. On crache de près, sur demande, jamais dans les yeux, et la bouche doit être saine.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Crachat, aussi appelée hygrophilie. Dans le milieu : Spitting, spit play.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires.
- Quels accessoires ?
- Aucun : la pratique se joue mains nues.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
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Avaler le sperme5 gagesLe Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.