
Fluides · le Donjon
Sueur
osmolagnie · angl. Sweat fetish
Aimer l'odeur, le goût et le luisant de la sueur : lécher une nuque après l'effort, respirer une aisselle, faire l'amour sans passer par la douche, garder le tee-shirt porté. La sueur est le plus ancien parfum du corps ; la pratique consiste à ne plus le laver.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 105 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : bandeau (yeux), gode ceinture
Trois gages, tels que je les sers
Tom, enfouis ton visage dans le cou d'Eva et respire profondément son odeur naturelle.
Tom, pénètre Eva en missionnaire. Sans interrompre tes va-et-vient, épingle ses poignets au-dessus de sa tête et lèche la sueur de ses aisselles.
Tom, pénètre Eva en missionnaire et lève un bras au-dessus d'elle. Eva, lèche la sueur au creux de son aisselle pendant qu'il continue de te prendre.
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« sueur », du latin sudor ; osmolagnie, du grec osmê, « odeur », et lagneia, « désir » : l'excitation par une odeur corporelle, qu'on nomme aussi olfactophilie. Le milieu dit sweat fetish et, pour le vêtement porté, musk.
Les Grecs raclaient la sueur des athlètes avec un strigile, et la pâte d'huile, de poussière et de sueur ainsi recueillie, le gloios, se vendait comme remède et se frottait sur la peau : l'odeur du corps en effort était un bien. L'historien Alain Corbin a raconté, dans Le Miasme et la Jonquille (1982), comment l'Europe a ensuite appris à la haïr : jusqu'au XVIIIe siècle, on tolère les odeurs de chacun, puis la bourgeoisie invente la « désodorisation » du corps et de la ville, et le XIXe siècle déclare la guerre à la transpiration. Les premiers déodorants du commerce datent de la fin de ce siècle ; les publicités américaines des années 1910-1920 achèvent le travail en faisant de l'odeur d'aisselle une honte de femme.
II · Ce qui se passe dans le corps
La peau a deux sortes de glandes sudoripares. Les eccrines, deux à quatre millions réparties partout, produisent la sueur d'effort : de l'eau salée, presque sans odeur, faite pour refroidir ; c'est elle qu'on goûte sur une nuque après le sport. Les apocrines, concentrées aux aisselles, à l'aine, autour des mamelons, s'éveillent à la puberté et sécrètent un liquide laiteux qui, lui non plus, ne sent rien à la sortie. Ce sont les bactéries de la peau, corynébactéries et staphylocoques, qui le transforment en odeur : un acide à la note de cumin et de chèvre, et un composé soufré qui donne l'oignon ou le pamplemousse. La sueur d'émotion, celle du trac et du désir, est plus riche en apocrine que celle de l'effort : on sent plus fort quand on a peur, ou envie.
Sur la peau après le sport, la danse, la course : le sel sur la langue, la peau qui luit. La version douce, pour commencer.
Le creux du bras, l'aine, le tee-shirt porté deux jours : l'odeur apocrine, celle qui choisit. On y va nez en premier.
III · Comment on s'y prend
- 1Convenir de ne pas se doucher.Ce soir on garde l'odeur : dit à l'avance, pour que ce soit un cadeau et non une négligence. Après le sport, la règle va de soi.
- 2Commencer par le nez.La nuque, le creux du bras, l'aine, le pli du genou : on respire longuement, sans toucher, comme on sent un vin.
- 3Goûter.La langue à plat sur la peau : le sel de la sueur eccrine, l'amertume légère de l'aisselle. C'est un goût, il se décrit.
- 4Le vêtement.Un tee-shirt porté un jour ou deux, offert et gardé : respiré seul, ou pendant l'amour. Le plus vieux fétiche du monde tient dans un tiroir.
- 5Faire monter la chaleur.Sous la couette, dans une pièce chauffée, en dansant : transpirer ensemble, puis se lécher. L'effort partagé fait la sueur la plus douce.
IV · Les précautions
- Peau abîmée : le sel pique. Plaies, irritations, plis rougis par le frottement : la sueur y brûle et les bactéries s'y installent. On contourne, ou on remet.
- Deux jours, pas deux semaines. L'odeur qu'on aime est celle d'un corps sain qui a chaud ; au-delà, ce sont des champignons et des infections de plis. La pratique se joue sur un corps propre la veille.
- Les yeux. La sueur salée dans l'œil pique fort : on essuie le front avant de se pencher, on rince à l'eau si ça arrive. Rien de grave, mais rien d'agréable.
- Une odeur ne se retire pas. Un nez peut dire non sans raison : l'odeur d'un corps plaît ou déplaît, et ça ne se discute pas. On propose, on ne s'impose pas ; et on boit de l'eau, la chaleur déshydrate.
La Roue, à retenir
La sueur ne sent rien en sortant : ce sont les bactéries de la peau qui font l'odeur, et c'est cette odeur qui, sans phéromone magique, aide à choisir. Ce soir-là, on ne lave pas, on respire.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Sueur, aussi appelée osmolagnie. Dans le milieu : Sweat fetish.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
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