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Lexique · Fluides · le Donjon

Sueur

osmolagnie, n. · angl. Sweat fetish

« sueur », du latin sudor ; osmolagnie, du grec osmê, « odeur », et lagneia, « désir » : l'excitation par une odeur corporelle, qu'on nomme aussi olfactophilie. Le milieu dit sweat fetish et, pour le vêtement porté, musk.

Aimer l'odeur, le goût et le luisant de la sueur : lécher une nuque après l'effort, respirer une aisselle, faire l'amour sans passer par la douche, garder le tee-shirt porté. La sueur est le plus ancien parfum du corps ; la pratique consiste à ne plus le laver.

D'où vient le gestedu gymnase grec au déodorant

Les Grecs raclaient la sueur des athlètes avec un strigile, et la pâte d'huile, de poussière et de sueur ainsi recueillie, le gloios, se vendait comme remède et se frottait sur la peau : l'odeur du corps en effort était un bien. L'historien Alain Corbin a raconté, dans Le Miasme et la Jonquille (1982), comment l'Europe a ensuite appris à la haïr : jusqu'au XVIIIe siècle, on tolère les odeurs de chacun, puis la bourgeoisie invente la « désodorisation » du corps et de la ville, et le XIXe siècle déclare la guerre à la transpiration. Les premiers déodorants du commerce datent de la fin de ce siècle ; les publicités américaines des années 1910-1920 achèvent le travail en faisant de l'odeur d'aisselle une honte de femme.

Contre cette histoire, une légende : la lettre où Napoléon aurait écrit à Joséphine « Ne te lave pas, j'arrive ». On ne l'a jamais retrouvée, mais on la cite depuis deux siècles, parce qu'elle dit ce que la propreté moderne a recouvert : l'odeur d'un corps est une adresse. La science l'a confirmé à sa manière en 1995, avec une expérience devenue célèbre, celle des tee-shirts portés.

Ce qui se passe dans le corpsdeux glandes, des bactéries, et un choix

La peau a deux sortes de glandes sudoripares. Les eccrines, deux à quatre millions réparties partout, produisent la sueur d'effort : de l'eau salée, presque sans odeur, faite pour refroidir ; c'est elle qu'on goûte sur une nuque après le sport. Les apocrines, concentrées aux aisselles, à l'aine, autour des mamelons, s'éveillent à la puberté et sécrètent un liquide laiteux qui, lui non plus, ne sent rien à la sortie. Ce sont les bactéries de la peau, corynébactéries et staphylocoques, qui le transforment en odeur : un acide à la note de cumin et de chèvre, et un composé soufré qui donne l'oignon ou le pamplemousse. La sueur d'émotion, celle du trac et du désir, est plus riche en apocrine que celle de l'effort : on sent plus fort quand on a peur, ou envie.

En 1995, le biologiste suisse Claus Wedekind a fait porter des tee-shirts deux nuits à des hommes et les a fait sentir à des femmes : elles préféraient l'odeur des hommes dont les gènes d'immunité, le complexe HLA, étaient les plus différents des leurs, sauf sous pilule, où le choix s'inversait. En 2007, une équipe de Berkeley a montré qu'un seul composé de la sueur masculine, l'androstadiénone, suffit à faire monter le cortisol de femmes qui le respirent. Mais aucune « phéromone humaine » n'a jamais été démontrée : l'organe voméronasal qui la capterait est atrophié chez nous, et le zoologiste Tristram Wyatt a rappelé en 2015 que la molécule miracle des parfumeurs reste une hypothèse. Ce qui est sûr est plus simple : l'odeur d'un corps particulier plaît ou déplaît, et ce jugement vient de loin.

La sueur d'effort salée, fraîche

Sur la peau après le sport, la danse, la course : le sel sur la langue, la peau qui luit. La version douce, pour commencer.

La sueur d'aisselle l'odeur

Le creux du bras, l'aine, le tee-shirt porté deux jours : l'odeur apocrine, celle qui choisit. On y va nez en premier.

Comment on s'y prendne pas se laver, puis respirer

  1. Convenir de ne pas se doucher. Ce soir on garde l'odeur : dit à l'avance, pour que ce soit un cadeau et non une négligence. Après le sport, la règle va de soi.
  2. Commencer par le nez. La nuque, le creux du bras, l'aine, le pli du genou : on respire longuement, sans toucher, comme on sent un vin.
  3. Goûter. La langue à plat sur la peau : le sel de la sueur eccrine, l'amertume légère de l'aisselle. C'est un goût, il se décrit.
  4. Le vêtement. Un tee-shirt porté un jour ou deux, offert et gardé : respiré seul, ou pendant l'amour. Le plus vieux fétiche du monde tient dans un tiroir.
  5. Faire monter la chaleur. Sous la couette, dans une pièce chauffée, en dansant : transpirer ensemble, puis se lécher. L'effort partagé fait la sueur la plus douce.

Les précautionsle sel, la peau, et le droit de dire non

Peau abîmée : le sel pique. Plaies, irritations, plis rougis par le frottement : la sueur y brûle et les bactéries s'y installent. On contourne, ou on remet.
Deux jours, pas deux semaines. L'odeur qu'on aime est celle d'un corps sain qui a chaud ; au-delà, ce sont des champignons et des infections de plis. La pratique se joue sur un corps propre la veille.
Les yeux. La sueur salée dans l'œil pique fort : on essuie le front avant de se pencher, on rince à l'eau si ça arrive. Rien de grave, mais rien d'agréable.
Une odeur ne se retire pas. Un nez peut dire non sans raison : l'odeur d'un corps plaît ou déplaît, et ça ne se discute pas. On propose, on ne s'impose pas ; et on boit de l'eau, la chaleur déshydrate.

Dans la culturede Baudelaire aux tee-shirts de laboratoire

Baudelaire a écrit les plus beaux poèmes français sur l'odeur d'un corps : Parfum exotique et La Chevelure, dans Les Fleurs du mal (1857), où la peau et les cheveux d'une femme font voyager tout un continent. Un siècle plus tard, Le Parfum de Patrick Süskind (1985) raconte un homme sans odeur qui tue pour capturer celle des autres : le roman le plus lu sur ce sens qu'on croit mineur. Entre les deux, la publicité a réussi ce que Corbin décrit, faire de la sueur une faute ; et l'expérience des tee-shirts de Wedekind, reprise dans tous les magazines, a rendu au nez sa dignité. On choisit, en partie, avec lui.

À retenirLa sueur ne sent rien en sortant : ce sont les bactéries de la peau qui font l'odeur, et c'est cette odeur qui, sans phéromone magique, aide à choisir. Ce soir-là, on ne lave pas, on respire.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la sueur vit au Donjon, au niveau des préliminaires : les gages font respirer, goûter et faire transpirer avant tout autre geste, et le vêtement porté y tient lieu d'accessoire.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits88 · 22 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodebandeau (yeux)
  • Mains nuesla plupart des gages

Un gage, pour goûter

Léo, enveloppe Chloé dans une couverture et attends que la sueur perle. Retire la couverture et explore chaque zone moite avec ta langue.

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Sueur, aussi appelée osmolagnie. Dans le milieu : Sweat fetish.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Uro 119, Éjaculation faciale 14, Éjaculation corporelle 14, Crachat 45.

SourcesWedekind et al., « MHC-dependent mate preferences in humans », Proceedings of the Royal Society B, 1995 · Wyart et al., « Smelling a single component of male sweat alters levels of cortisol in women », Journal of Neuroscience, 2007 · Wyatt, « The search for human pheromones: the lost decades and the necessity of returning to first principles », Proceedings of the Royal Society B, 2015 · Alain Corbin, Le Miasme et la Jonquille : l'odorat et l'imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles, 1982

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €