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Lexique · Déshabillage · le Boudoir et le Donjon

Caresses peau à peau

« caresse », de l'italien carezza, formé sur caro, « cher » (latin carus) : le mot entre en français au XVIe siècle et désigne une marque d'affection avant de désigner le geste. « Peau » vient du latin pellis. Skin hunger, « faim de peau », est une expression américaine récente pour nommer le manque de contact.

Deux peaux nues l'une contre l'autre, sans tissu, sans huile, sans objet : la paume sur le dos, le ventre contre le ventre, les jambes emmêlées. C'est le contact le plus ancien et le moins spectaculaire ; c'est aussi celui que le corps réclame quand il en manque.

D'où vient le gestedu singe de Harlow aux prématurés de Bogotá

Qu'on ait besoin de contact, on l'a longtemps nié : au début du XXe siècle, la puériculture recommande de ne pas trop toucher les bébés. En 1958, le psychologue Harry Harlow montre le contraire avec de jeunes singes : placés entre une « mère » de fil de fer qui donne du lait et une « mère » de tissu qui ne donne rien, ils passent leurs journées contre le tissu. Le contact passe avant la nourriture. En 1971, l'anthropologue Ashley Montagu en tire La Peau et le Toucher, le livre qui fait de la peau le premier de nos organes.

La preuve clinique vient de Colombie. En 1978, à Bogotá, faute de couveuses, deux pédiatres placent les prématurés nus contre la poitrine de leur mère, peau contre peau, jour et nuit : la « méthode kangourou ». Les enfants survivent mieux, tiennent leur température, prennent du poids ; l'OMS la recommande aujourd'hui dans le monde entier. Le peau à peau entre adultes en découle : le contact nu entre deux corps n'est pas seulement agréable, il règle quelque chose.

Ce qui se passe dans le corpsune fibre lente, une hormone, une température

La peau velue, c'est-à-dire tout le corps sauf les paumes et les plantes, possède une fibre nerveuse dédiée à la caresse : la fibre C tactile. Lente, sans gaine de myéline, son rôle a été établi en 2002 par l'équipe de Håkan Olausson, grâce à une patiente qui, privée des fibres rapides du toucher, trouvait encore une caresse « agréable » sans pouvoir dire où elle avait lieu. Cette fibre répond au mieux à un frôlement lent, entre 1 et 10 centimètres par seconde, la vitesse d'une main qui caresse ; et, on l'a montré en 2014, elle préfère un contact à la température de la peau, autour de 32 °C. Une main tiède qui glisse doucement est, au sens propre, ce pour quoi cette fibre existe.

Son message ne va pas au cortex qui localise, mais à l'insula, la région qui traite les émotions du corps. Le contact prolongé fait aussi monter l'ocytocine, l'hormone de l'accouchement et de l'orgasme : une étude sur des couples a lié la fréquence des étreintes à un taux plus élevé et à une tension artérielle plus basse. S'ajoute la chaleur : deux corps nus égalisent leurs températures, et ce transfert imperceptible est l'une des choses que le cerveau range sous « sécurité ». Le mot skin hunger nomme ce qui se passe quand tout cela manque : irritabilité, sommeil dégradé, une sensation de creux que rien d'autre ne comble.

La caresse la main qui bouge

Lente, tiède, sur le dos, les bras, les cuisses, la nuque : là où la peau a du duvet, là où vivent les fibres C. Pas dans la paume, qui n'en a pas.

L'étreinte le corps qui ne bouge plus

Ventre contre dos, sans geste : le peau à peau immobile, celui de la méthode kangourou. C'est la chaleur qui travaille.

Comment on s'y prendlentement, tiède, longtemps

  1. Réchauffer les mains. Une main froide sur un dos nu fait sursauter, pas fondre : on frotte ses paumes, ou on les pose d'abord sur son propre ventre.
  2. Poser avant de bouger. La main entière, à plat, immobile quelques secondes. Le corps enregistre la chaleur avant le mouvement.
  3. Glisser à la vitesse d'une respiration. Quelques centimètres par seconde, pas plus : la vitesse où la fibre C répond le mieux. Plus vite, c'est un frottement ; plus lent, une pression.
  4. Suivre le duvet. Dos, épaules, bras, cuisses, nuque, flancs : les zones velues, même à peine, sont celles qui « entendent » la caresse. Les zones sexuelles viennent après, si elles viennent.
  5. Finir par le poids. S'allonger sur l'autre, ou contre : tout le corps devient la main. On reste, sans rien faire, le temps qu'il faut.

Les précautionspresque rien, et pourtant

Mains propres, ongles courts. La peau nue n'a pas de tissu pour la protéger : un ongle, une bague, une montre laissent leur trace.
La peau abîmée se contourne. Coup de soleil, eczéma, cicatrice fraîche, zona : on caresse autour, jamais dessus.
Pas de chatouilles sans accord. La même main, plus légère ou plus rapide, chatouille ; la chatouille est un réflexe de défense, pas une caresse. Si l'autre se crispe, on ralentit et on appuie.
Le peau à peau n'est pas un préliminaire obligé. On peut s'arrêter là. Une caresse qui exige une suite cesse d'être une caresse.

Dans la culture« ce qu'il y a de plus profond, c'est la peau »

Paul Valéry l'a écrit, et la formule a fait fortune : ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau. Le psychanalyste Didier Anzieu en a tiré en 1985 Le Moi-peau, où la peau est la première enveloppe du psychisme, celle que forment les bras qui portent l'enfant ; la même année, Michel Serres ouvre Les Cinq Sens par elle.

Au cinéma, l'image la plus juste ouvre Hiroshima mon amour d'Alain Resnais, en 1959 : deux corps enlacés, filmés si près qu'on ne distingue ni visage ni sexe, seulement des peaux couvertes de sueur, puis de cendre. La peau elle-même remplit l'écran. Et dans la vie ordinaire, le câlin du soir, le dos qu'on gratte, la main dans le cou sont le peau à peau le plus répandu au monde : celui dont personne ne parle, et dont tout le monde a faim.

À retenirLe corps possède une fibre pour la caresse lente et tiède ; elle ne parle pas au cortex qui localise, mais à celui qui rassure. Deux peaux nues qui restent l'une contre l'autre font quelque chose que rien d'autre ne fait.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la caresse peau à peau traverse les trois premiers niveaux : elle commence à l'Échauffement sur ce que le vêtement laisse nu, les bras, la nuque, s'étend au Déshabillage à mesure que la peau se découvre, et devient aux Préliminaires le fond sur lequel tout le reste se pose.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècesle Boudoir · 142 et le Donjon · 16
  • Gages écrits763 · 158 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodepeinture corporelle, bandeau (yeux), bougie massage
  • Mains nuesla plupart des gages

Trois gages : doux, hard, et un du Donjon

Léo, déroule la corde shibari sur Chloé, du cou aux hanches, comme une caresse qui pèse. Ne noue rien : promène

Niveau 1 · Échauffement · le Boudoir · un couple
N1

Théo, peins un motif sur les fesses d'Adam avec la peinture corporelle, puis efface ton œuvre avec tes lèvres.

Niveau 3 · Préliminaires · le Boudoir · deux hommes
N3

Jade, debout, sans bouger. Emma, glisse tes mains sous son pull, caresse son torse et commande-lui de lever les bras pour le retirer

Niveau 2 · Déshabillage · le Donjon · deux femmes
N2

Léo, Chloé, Théo, Adam, Jade et Emma tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Caresses peau à peau.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : peinture corporelle, bandeau (yeux), bougie massage. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 763 avec le jeu complet, dont les 16 racines du Donjon.

Voir aussi

Strip-tease lent 407, Déshabiller l'autre 1988.

SourcesOlausson et al., « Unmyelinated tactile afferents signal touch and project to insular cortex », Nature Neuroscience, 2002 · Löken et al., « Coding of pleasant touch by unmyelinated afferents in humans », Nature Neuroscience, 2009 · Ackerley et al., « Human C-tactile afferents are tuned to the temperature of a skin-stroking caress », Journal of Neuroscience, 2014 · Light, Grewen & Amico, « More frequent partner hugs and higher oxytocin levels are linked to lower blood pressure and heart rate », Biological Psychology, 2005 · Harlow, « The nature of love », American Psychologist, 1958 ; Ashley Montagu, Touching: The Human Significance of the Skin, 1971

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Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €