
Déshabillage · le Boudoir et le Donjon
Déshabiller l'autre
Retirer soi-même les vêtements de l'autre : défaire, dégrafer, faire glisser. Celui qu'on déshabille ne fait rien, ou presque ; celui qui déshabille tient dans ses mains l'ordre et le rythme du dévoilement. C'est la première caresse, et elle passe par le tissu.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 1988 gages écrits
- Le Boudoir et le Donjon
- 276 gages dans l'essai gratuit
- Sur la commode : huile de massage, peinture corporelle
Trois gages, tels que je les sers
Eva, tends tes jambes vers Tom et laisse Tom faire glisser tes talons en déposant un baiser sur tes chevilles
Eva, pose un pied sur la cuisse de Tom et ne bouge plus. Tom, fais rouler son bas en décidant du rythme. Recommence avec l'autre.
Tom, découpe un vêtement d'Eva aux ciseaux en frôlant sa peau à chaque coup : prends ton temps
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« déshabiller », du préfixe privatif dés- et de habiller ; ce dernier vient de habit (latin habitus, « manière d'être, tenue ») et signifiait d'abord « apprêter, préparer » avant de vouloir dire « vêtir », au XIVe siècle. Le déshabillé, substantif, désigne dès le XVIIe siècle la tenue d'intérieur : celle qu'on porte quand on n'est plus habillé pour les autres.
Pendant des siècles, on ne s'est pas déshabillé seul. Le corset se lace dans le dos, la robe s'agrafe hors de portée, les bottes se tirent à deux : la femme de chambre et le valet sont les premiers déshabilleurs de l'histoire. À Versailles, le coucher de Louis XIV est une cérémonie publique où les plus grands du royaume se disputent l'honneur de tenir la chemise du roi. Être déshabillé par quelqu'un n'était pas un privilège de l'intimité : c'en était un du rang.
II · Ce qui se passe dans le corps
Les mains sont la partie du corps la mieux représentée dans le cortex du toucher : sur la carte établie par le neurochirurgien Wilder Penfield en 1937, les doigts occupent une surface démesurée. Déshabiller quelqu'un fait travailler cette précision sur un terrain ému : un bouton sous l'excitation est plus difficile qu'on ne croit, parce que le système sympathique qui accélère le cœur rend aussi les doigts moins sûrs. La maladresse du geste est physiologique, pas un défaut d'adresse.
Il demande deux doigts et une seconde : chaque bouton est une pause obligée. Une chemise contient plus de temps qu'un t-shirt.
Barthes l'a écrit : l'endroit le plus érotique d'un corps est là où le vêtement s'entrouvre. Déshabiller, c'est ouvrir ces endroits un à un.
III · Comment on s'y prend
- 1Demander, ou se faire demander.« Laisse-moi faire » : celui qu'on déshabille baisse les bras, se laisse tourner, lève un pied. Il abandonne le geste, pas la décision.
- 2Commencer loin de la peau.Chaussures, montre, ceinture, bijoux : ce qui se retire sans rien découvrir. On installe le rythme avant de montrer quoi que ce soit.
- 3Ouvrir avant d'enlever.Une chemise se déboutonne en entier avant de glisser des épaules ; un pantalon se défait et reste en place. Le vêtement ouvert est un temps à part.
- 4Passer la main sous le tissu.Avant de retirer, toucher la peau sous le vêtement : le dos sous la chemise, la hanche sous la ceinture. Le tissu devient une frontière qu'on franchit.
- 5Retirer, puis regarder.Chaque pièce enlevée mérite une seconde de regard avant la suivante. Le corps qui se découvre le sent.
IV · Les précautions
- Rien ne s'arrache. Un bouton qui résiste, une fermeture qui coince, un collant qui accroche : on ralentit. Le vêtement déchiré est une scène de film, pas un geste.
- La tête et les cheveux. Un col qui passe la tête tire les cheveux et les boucles d'oreilles : on demande à l'autre de baisser la tête, ou on le laisse faire ce mouvement seul.
- Debout, avec un appui. Retirer un pantalon ou un bas à quelqu'un debout, c'est lui retirer un pied : main sur l'épaule, ou assis au bord du lit.
- Une pièce peut rester. Celui qu'on déshabille garde le droit de s'arrêter où il veut : un vêtement conservé n'est pas un refus du reste.
La Roue, à retenir
Déshabiller l'autre, c'est tenir dans ses mains l'ordre et le rythme du dévoilement. Le plaisir est dans le vêtement ouvert, pas encore retiré.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Déshabiller l'autre.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 2, Déshabillage. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : huile de massage, peinture corporelle, alcool. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Oui, 276 gages, jusqu'au déshabillage. Les 1988 avec le jeu complet, dont les 150 racines du Donjon.
Dans la même famille
L'essai gratuit ouvre les deux premiers niveaux, jusqu'au déshabillage. Le jeu complet ouvre tout, une fois pour toutes.

