
Bondage · le Donjon
Immobilisation complète
Lier le corps entier : bras, jambes, tronc, jusqu'à ce qu'aucun mouvement ne reste possible. Corde, sangles, film étirable, sac de cuir, camisole. La personne n'a plus rien à faire de son corps ; le monde extérieur, et l'autre, deviennent la seule chose qui bouge.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 98 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : attaches, bâillon
Trois gages, tels que je les sers
Tom, immobilisé en étoile sur le lit. Eva, penche-toi à son oreille, murmure ce que tu vas faire, puis exécute chaque promesse une par une
Tom, immobilise Eva face contre le lit et pénètre Eva en maintenant ses poignets plaqués au matelas
Tom, laisse Eva t'attacher les quatre membres au lit et te bander les yeux. Chaque sensation sera une surprise.
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« momification », du latin médiéval mumia, emprunté à l'arabe mūmiyā, le bitume dont on croyait les momies enduites. Le milieu appelle ainsi l'enveloppement complet dans le film ou les bandes ; l'anglais parle de full body bondage, le kinbaku de corde intégrale.
L'immobilisation totale est une invention de la psychiatrie avant d'être un jeu. La camisole de force apparaît en France à la fin du XVIIIe siècle pour contenir les agités sans les enchaîner : une innovation présentée alors comme humaine. Houdini, plus d'un siècle après, en fait le clou de ses spectacles en s'en libérant suspendu la tête en bas, au-dessus des foules, dans les années 1910. La camisole devient un objet de fascination, mi-terreur mi-défi, et les catalogues de bondage la reprennent tôt, en cuir ou en toile.
II · Ce qui se passe dans le corps
Ce que l'immobilisation fait au corps a un nom en neurologie : la pression profonde. Une compression ferme, répartie, uniforme, sur toute la surface du corps, calme le système nerveux. Temple Grandin, autiste et ingénieure, a construit dans les années 1960 une « machine à câlins » qui serre le corps entre deux panneaux, et a documenté en 1992 ses effets apaisants ; les couvertures lestées en sont la version grand public. Ligoté serré, enveloppé, sanglé, le corps reçoit cette pression partout à la fois. Le rythme cardiaque baisse, les muscles lâchent, et beaucoup décrivent un état flottant, entre sommeil et transe, où l'attention se retire du corps pour se poser sur ce qui vient de l'extérieur.
Enroulé à plat, bras le long du corps ou devant, toujours arrêté sous le cou. Une fente au ciseau libère tout en dix secondes.
Fermeture éclair, sangles à boucles : plus longs à poser, plus rapides à ouvrir, et respirants. Le confort y est meilleur que sous le plastique.
III · Comment on s'y prend
- 1Préparer la sortie avant l'entrée.Ciseaux de secours en main, boucles ou fermetures repérées, pièce tempérée. La question à se poser : « en dix secondes, comment je le libère ? »
- 2Choisir la posture.Debout contre un mur pour envelopper, puis couché sur le dos ou sur le côté. Jamais sur le ventre, jamais la tête plus basse que les pieds.
- 3Envelopper de bas en haut.Chevilles, cuisses, bassin, tronc : le film ou la corde se pose à plat, sans plis qui coupent, et s'arrête aux épaules. Le cou et la tête restent libres.
- 4Parler, toucher, attendre.Une fois enveloppé, le corps ne sent plus que ce qui vient à travers : une main appuyée, une voix, un souffle sur le visage. On prend le temps ; c'est là que l'état flottant s'installe.
- 5Sortir progressivement.Une fente au ciseau du bas vers le haut, ou les sangles une à une. Puis de l'eau, une couverture, quelques minutes sans rien demander : la descente est brusque.
IV · Les précautions
- Le visage et le cou restent libres. Rien sur la bouche, le nez, la gorge. Une couche de film sur le visage tue en quelques minutes, sans bruit. Aucune exception.
- Chaleur : un quart d'heure, puis on regarde. Sous le plastique, le corps monte en température. Peau très rouge, vertiges, nausée, confusion : on ouvre tout et on refroidit. De l'eau avant, pendant, après.
- Jamais sur le ventre, jamais comprimé au thorax. L'asphyxie positionnelle ne prévient pas. Sur le dos ou le côté, et les côtes doivent se soulever librement sous la main.
- Une présence continue, un signal sans les mains. La personne enveloppée ne peut ni parler fort ni faire signe : on convient d'un mot, d'un son, d'un mouvement de tête. Et l'on ne quitte jamais la pièce, pas même une minute.
La Roue, à retenir
Le corps entièrement tenu se calme, chauffe et respire moins : on surveille les trois. Le visage reste libre, les ciseaux dans la main, et l'on ne s'éloigne jamais.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Immobilisation complète.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : attaches, bâillon, menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.



