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Mains attachées, le dessin du jeu

Bondage · le Donjon

Mains attachées

angl. Restraints, momification

Réunir les poignets de l'autre, devant, derrière, au-dessus de la tête, avec une corde, un foulard, une paire de menottes, ou rien qu'une consigne. Les mains sont l'organe de la défense et de la caresse ; les retirer du jeu change tout ce que le reste du corps peut faire. C'est la porte d'entrée du bondage, et souvent la seule pièce dont on a besoin.

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 670 gages écrits
  • Le Donjon
  • Le jeu complet (le Donjon)
  • Sur la commode : menottes, point d'ancrage

Trois gages, tels que je les sers

Tom, assieds-toi derrière Eva et emprisonne ses poignets contre son ventre. Ne relâche pas avant qu'Eva arrête de bouger
Niveau 1 · Échauffement · le Donjon
Tom, offre tes bras dans le dos et laisse Eva les lier avec des cordes en motif décoratif. Sens chaque noeud se resserrer.
Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon
Tom, bâillonne Eva et attache ses mains dans le dos : pénètre Eva sans relâcher tes liens
Niveau 4 · Pénétration · le Donjon

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

« bondage » est un anglicisme : en anglais médiéval, bondage désigne le servage, la condition du bondman, du vieux norrois bóndi, « paysan attaché à une terre ». Le sens érotique n'apparaît qu'au XXe siècle. Au Japon, shibari veut dire simplement « attacher » et kinbaku, « lien serré ».

Attacher les mains est d'abord un geste de police. Au Japon de l'époque d'Edo, le hojōjutsu, art martial de la capture, enseigne aux samouraïs et aux agents des seigneurs à lier un prisonnier avec une corde de chanvre : vite, solidement, et selon des motifs qui disent son rang. Sans nœud visible pour un homme de qualité, dit-on, afin de ne pas l'humilier. Ces cordes de garde deviennent, au début du XXe siècle, un art de la scène : le peintre Itō Seiu (1882-1961) fait poser des femmes attachées, parfois suspendues, en reprenant des estampes de Yoshitoshi, et l'on tient ses images pour l'acte de naissance du kinbaku érotique. Après-guerre, des revues comme Kitan Club en font un genre à part entière.

II · Ce qui se passe dans le corps

Ce que les liens font aux mains, c'est d'abord une histoire de nerfs. Le nerf radial contourne l'humérus en spirale, à mi-hauteur du bras, juste sous la peau : une corde serrée là, ou le poids du corps couché sur un bras attaché, peut le comprimer en quelques minutes. Le résultat s'appelle la main tombante : le poignet ne se relève plus, les doigts ne s'étendent plus, le pouce ne s'écarte plus. Les médecins en connaissent la version accidentelle, la « paralysie du samedi soir » de l'ivrogne endormi le bras sur le dossier d'une chaise. Elle guérit le plus souvent, mais en semaines, parfois en mois. Au poignet, d'autres nerfs affleurent : c'est pour cela que la corde se pose sur le bas de l'avant-bras, jamais sur les os du poignet.

La corde

Six millimètres, sept à huit mètres : la corde japonaise en jute tient sans glisser, le coton est plus doux et pardonne mieux les débutants. Jamais de nylon lisse, qui se resserre tout seul.

Le foulard

Une soie ou une cravate serre par un nœud coulant qui se bloque quand on tire : c'est le lien le plus courant et le moins sûr. Nouer large, garder les ciseaux à côté.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Convenir du signal.Un mot, et un geste pour les moments où la bouche est occupée : ouvrir et fermer la main deux fois, par exemple. Qui est attaché doit pouvoir arrêter sans lutter.
  2. 2Poser la corde sous le poignet.Deux ou trois tours à plat, à la largeur de deux doigts au-dessus des os du poignet, ni tordus ni superposés. On doit passer deux doigts sous la corde une fois nouée.
  3. 3Fermer sans coulisse.Le nœud se fait autour des tours, jamais dans la boucle qui enserre le bras : c'est l'attache « à une colonne », qui ne se resserre pas si l'on tire.
  4. 4Choisir la position.Mains devant, sur les cuisses ; mains derrière, avec les coudes libres ; ou mains au-dessus de la tête, attachées à rien : la consigne suffit. Derrière le dos est la plus exigeante pour les épaules.
  5. 5Vérifier, reprendre.Toutes les cinq minutes, demander de bouger les doigts, d'écarter le pouce, de relever le poignet. Au moindre fourmillement ou à la moindre faiblesse, on détache, on ne desserre pas.

IV · Les précautions

  • Jamais autour du haut du bras sans savoir. La corde à mi-bras, là où le nerf radial affleure, est la première cause de main tombante. On l'y pose seulement avec la technique apprise, et avec des vérifications constantes.
  • Le pouce comme témoin. Demander de lever le pouce et de relever le poignet contre résistance. Si l'un des deux faiblit, tout s'enlève sur-le-champ, sans discussion.
  • Des ciseaux à portée de main. Des ciseaux de secours à bout rond, ceux des ambulanciers, posés là où l'on peut les prendre sans regarder. Un nœud qui se bloque se coupe, on ne le défait pas.
  • Jamais seul, jamais endormi. On ne quitte pas la pièce, on ne s'assoupit pas à côté d'une personne attachée. La circulation et les nerfs demandent une présence, pas une confiance.

La Roue, à retenir

Les mains liées libèrent le reste ; le nerf radial, lui, ne se libère qu'à la main ouverte. Deux doigts sous la corde, un pouce qui bouge, des ciseaux à côté.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Mains attachées. Dans le milieu : Restraints, momification.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : menottes, point d'ancrage, corde shibari. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Dans la même famille

Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

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