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Lexique · Bondage · le Donjon

Mains attachées

angl. Restraints, momification

« bondage » est un anglicisme : en anglais médiéval, bondage désigne le servage, la condition du bondman, du vieux norrois bóndi, « paysan attaché à une terre ». Le sens érotique n'apparaît qu'au XXe siècle. Au Japon, shibari veut dire simplement « attacher » et kinbaku, « lien serré ».

Réunir les poignets de l'autre, devant, derrière, au-dessus de la tête, avec une corde, un foulard, une paire de menottes, ou rien qu'une consigne. Les mains sont l'organe de la défense et de la caresse ; les retirer du jeu change tout ce que le reste du corps peut faire. C'est la porte d'entrée du bondage, et souvent la seule pièce dont on a besoin.

D'où vient le gestedes cordes des samouraïs aux menottes de Houdini

Attacher les mains est d'abord un geste de police. Au Japon de l'époque d'Edo, le hojōjutsu, art martial de la capture, enseigne aux samouraïs et aux agents des seigneurs à lier un prisonnier avec une corde de chanvre : vite, solidement, et selon des motifs qui disent son rang. Sans nœud visible pour un homme de qualité, dit-on, afin de ne pas l'humilier. Ces cordes de garde deviennent, au début du XXe siècle, un art de la scène : le peintre Itō Seiu (1882-1961) fait poser des femmes attachées, parfois suspendues, en reprenant des estampes de Yoshitoshi, et l'on tient ses images pour l'acte de naissance du kinbaku érotique. Après-guerre, des revues comme Kitan Club en font un genre à part entière.

En Occident, l'histoire passe par le métal. Les menottes à cliquet réglable sont brevetées aux États-Unis en 1862, et le modèle « Peerless » à bras pivotant, en 1912, fixe la forme que l'on connaît encore. Harry Houdini, dans les mêmes années, en fait un spectacle en s'en libérant devant des milliers de spectateurs. Puis la chambre à coucher s'en empare : les dessins de John Willie dans les années 1940, les photographies de Bettie Page dans les années 1950 posent les poignets liés comme image érotique, et un roman de 2011 finit de la rendre banale avec une simple cravate grise.

Ce qui se passe dans le corpsdeux nerfs et une décharge

Ce que les liens font aux mains, c'est d'abord une histoire de nerfs. Le nerf radial contourne l'humérus en spirale, à mi-hauteur du bras, juste sous la peau : une corde serrée là, ou le poids du corps couché sur un bras attaché, peut le comprimer en quelques minutes. Le résultat s'appelle la main tombante : le poignet ne se relève plus, les doigts ne s'étendent plus, le pouce ne s'écarte plus. Les médecins en connaissent la version accidentelle, la « paralysie du samedi soir » de l'ivrogne endormi le bras sur le dossier d'une chaise. Elle guérit le plus souvent, mais en semaines, parfois en mois. Au poignet, d'autres nerfs affleurent : c'est pour cela que la corde se pose sur le bas de l'avant-bras, jamais sur les os du poignet.

Le reste est chimique. Une étude de 2009 sur des couples pratiquant le BDSM a mesuré, chez ceux qui subissaient, une montée du cortisol pendant la scène, puis un sentiment de proximité accru avec le partenaire après : la tension de l'abandon se transforme en lien. D'autres travaux décrivent, chez la personne attachée, un état modifié proche de la méditation, une baisse du contrôle exécutif que les pratiquants appellent subspace. Les mains liées n'ont rien à faire, et le cerveau, privé de la possibilité d'agir, cesse d'anticiper. C'est exactement ce que beaucoup viennent y chercher.

La corde jute ou coton

Six millimètres, sept à huit mètres : la corde japonaise en jute tient sans glisser, le coton est plus doux et pardonne mieux les débutants. Jamais de nylon lisse, qui se resserre tout seul.

Le foulard et ses pièges

Une soie ou une cravate serre par un nœud coulant qui se bloque quand on tire : c'est le lien le plus courant et le moins sûr. Nouer large, garder les ciseaux à côté.

Comment on s'y prendl'attache d'un seul poignet, puis le reste

  1. Convenir du signal. Un mot, et un geste pour les moments où la bouche est occupée : ouvrir et fermer la main deux fois, par exemple. Qui est attaché doit pouvoir arrêter sans lutter.
  2. Poser la corde sous le poignet. Deux ou trois tours à plat, à la largeur de deux doigts au-dessus des os du poignet, ni tordus ni superposés. On doit passer deux doigts sous la corde une fois nouée.
  3. Fermer sans coulisse. Le nœud se fait autour des tours, jamais dans la boucle qui enserre le bras : c'est l'attache « à une colonne », qui ne se resserre pas si l'on tire.
  4. Choisir la position. Mains devant, sur les cuisses ; mains derrière, avec les coudes libres ; ou mains au-dessus de la tête, attachées à rien : la consigne suffit. Derrière le dos est la plus exigeante pour les épaules.
  5. Vérifier, reprendre. Toutes les cinq minutes, demander de bouger les doigts, d'écarter le pouce, de relever le poignet. Au moindre fourmillement ou à la moindre faiblesse, on détache, on ne desserre pas.

Les précautionsle nerf ne pardonne pas la durée

Jamais autour du haut du bras sans savoir. La corde à mi-bras, là où le nerf radial affleure, est la première cause de main tombante. On l'y pose seulement avec la technique apprise, et avec des vérifications constantes.
Le pouce comme témoin. Demander de lever le pouce et de relever le poignet contre résistance. Si l'un des deux faiblit, tout s'enlève sur-le-champ, sans discussion.
Des ciseaux à portée de main. Des ciseaux de secours à bout rond, ceux des ambulanciers, posés là où l'on peut les prendre sans regarder. Un nœud qui se bloque se coupe, on ne le défait pas.
Jamais seul, jamais endormi. On ne quitte pas la pièce, on ne s'assoupit pas à côté d'une personne attachée. La circulation et les nerfs demandent une présence, pas une confiance.

Dans la culturela cravate grise et la corde de chanvre

Le poignet lié est l'image la plus répandue du BDSM, parce qu'elle est la plus lisible : la main qui ne peut plus se défendre dit l'abandon d'un seul regard. Le Japon en a fait un art, avec ses maîtres de kinbaku et les photographies de Nobuyoshi Araki, où la corde dessine sur le corps comme un pinceau. L'Occident en a fait une culture populaire, du feuilleton Sweet Gwendoline de John Willie jusqu'à Cinquante nuances de Grey, qui a vendu des millions de cravates. Entre les deux, le geste reste le même : on donne ses mains, et l'on regarde ce que l'autre en fait.

À retenirLes mains liées libèrent le reste ; le nerf radial, lui, ne se libère qu'à la main ouverte. Deux doigts sous la corde, un pouce qui bouge, des ciseaux à côté.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Bondage, dans le Donjon, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits659 · 238 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodemenottes, point d'ancrage, corde shibari
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, assieds Chloé sur tes genoux et verrouille ses poignets contre sa poitrine. Bascule Chloé en arrière et embrasse son cou.

Niveau 1 · Échauffement · un couple
N1

Théo, attache les poignets d'Adam au-dessus de la tête, fais sniffer du poppers et pénètre en maintenant la position

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Mains attachées. Dans le milieu : Restraints, momification.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : menottes, point d'ancrage, corde shibari. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Pieds attachés 179, Immobilisation complète 86, Position contrainte 89, Bondage parties intimes 61.

SourcesMaster « K », The Beauty of Kinbaku, 2008 · Jay Wiseman, Jay Wiseman's Erotic Bondage Handbook, 2000 · Sagarin et al., « Hormonal changes and couple bonding in consensual sadomasochistic activity », Archives of Sexual Behavior, 2009 · Ambler et al., « Consensual BDSM facilitates role-specific altered states of consciousness », Psychology of Consciousness, 2017

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €