
Bondage · le Donjon
Position contrainte
angl. Position training, posture protocol
Imposer une posture et la faire tenir : à genoux sur le carrelage, bras levés contre le mur, accroupi sans s'asseoir, cambré sur la pointe des pieds. Ici, rien n'attache le corps que la consigne et la volonté de l'autre. La contrainte vient du temps qui passe et des muscles qui tremblent.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 95 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : ruban bondage, entraves chevilles
Trois gages, tels que je les sers
Eva, à genoux mains liées derrière le dos avec la corde, prends Tom en bouche lentement pendant qu'il te caresse les cheveux
Eva, chevilles liées ensemble avec le ruban bondage, mets-toi à quatre pattes. Tom, saisis les hanches d'Eva et pénètre Eva par derrière
Tom, attache les mains d'Eva dans le dos avec les sangles, place Eva à genoux au bord du lit et entre en elle debout en lui caressant les épaules
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
predicament bondage, « ligotage à dilemme » : le terme du milieu désigne une posture où chaque soulagement crée une autre gêne, se redresser tire ici, se relâcher tire là. Le position training en est la forme apprise, presque scolaire : des positions numérotées, appelées d'un mot.
Faire tenir une position est une punition universelle avant d'être un jeu : l'enfant au coin, à genoux sur une règle ou sur des grains de riz, l'élève les bras en croix, le soldat au garde-à-vous sous le soleil. Aucun coup, aucune chaîne : le corps se punit lui-même par la fatigue. La religion en a fait une ascèse, les moines agenouillés des heures, le seiza japonais tenu dans les temples ; l'armée en a fait une discipline ; l'école, jusque tard dans le XXe siècle, une routine.
II · Ce qui se passe dans le corps
Tenir une posture, c'est demander à un muscle de se contracter sans bouger : une contraction isométrique. Contracté, le muscle comprime ses propres vaisseaux ; le sang y circule moins, l'oxygène manque, et des substances s'y accumulent qui activent les nerfs de la douleur. C'est la brûlure des cuisses en position de chaise contre le mur, et c'est aussi la raison du tremblement : à mesure que les fibres fatiguent, le système nerveux en recrute d'autres par à-coups, et la jambe se met à vibrer. La douleur monte en quelques minutes, sans blessure : elle disparaît dès qu'on relâche.
La posture la plus courante et la plus parlante. Les genoux supportent mal les surfaces dures : un coussin sous les rotules change la durée sans rien retirer au sens.
Deux minutes suffisent pour que les épaules brûlent. La position la plus rapide à faire trembler, et la plus facile à arrêter : les bras retombent.
III · Comment on s'y prend
- 1Décrire la posture.Une phrase complète : où sont les genoux, où sont les mains, où va le regard. La précision fait la scène ; l'à-peu-près fait douter.
- 2Fixer la durée à l'avance.Trois minutes, cinq, jusqu'à ce qu'une chanson finisse. Un temps connu se tient mieux qu'un temps ouvert, et l'on n'est pas tenté de le prolonger par jeu.
- 3Ajouter le dilemme.Un livre en équilibre sur la tête, une pièce sous chaque talon, une main qui ne doit pas quitter la nuque : le corps ne peut plus tricher sans que ça se voie.
- 4Regarder, commenter, corriger.Un doigt qui replace le menton, un mot pour la cambrure. Le regard de l'autre est la moitié de la contrainte.
- 5Relâcher, masser, revenir.À la fin du temps, on aide à se redresser ; les jambes ankylosées ne portent pas tout de suite. Une main sur les cuisses, un moment assis, et la posture suivante peut venir.
IV · Les précautions
- Jamais sans issue. La personne doit pouvoir sortir de la position seule, à tout moment, sans se blesser. Une posture dont on ne peut sortir n'est plus une contrainte, c'est un piège.
- Debout immobile, pas plus de quelques minutes. L'évanouissement arrive sans prévenir : pâleur, sueur froide, vue qui se brouille. Au premier signe, on assoit, jambes surélevées. Bouger les orteils et les mollets retarde le malaise.
- Genoux, poignets, dos : pas de charge sur une articulation. Une posture fatigue un muscle, elle ne doit pas tordre une articulation. Rien en hyperextension, rien sur des genoux déjà douloureux.
- Le signal arrête la position, sans commentaire. Sortir de la posture sur le mot convenu ne se discute pas et ne se reproche pas. C'est la règle qui rend possible tout le reste.
La Roue, à retenir
La posture contraint par le temps, pas par la corde : le muscle brûle, puis tremble, puis lâche. On fixe la durée avant, on laisse toujours une sortie, et on assoit dès que la tête tourne.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Position contrainte. Dans le milieu : Position training, posture protocol.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : ruban bondage, entraves chevilles, menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.



