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Lexique · Sensoriel · le Boudoir

Privation d'ouïe

angl. Sensory deprivation

sensory deprivation (« privation sensorielle »), le terme des laboratoires des années 1950, dont la pratique érotique a gardé la moitié auditive.

Retirer le son : bouchons, casque, musique choisie par l'autre. Sans les oreilles, on ne sait plus d'où vient le contact ni ce qui se prépare ; le corps écoute avec la peau.

D'où vient le gestela chambre où l'on s'entend vivre

En 1951, le compositeur John Cage entre dans une chambre anéchoïque de Harvard, une pièce qui absorbe tout son. Il s'attend au silence et entend deux bruits, un aigu et un grave : son système nerveux et son sang. Il en tire l'année suivante 4'33", la pièce silencieuse la plus célèbre du siècle. La leçon vaut pour la chambre à coucher : privé du monde sonore, on entend son propre corps, et celui qui vous touche.

Les mêmes années, à McGill, les expériences de privation sensorielle de Donald Hebb bouchent les oreilles des volontaires avec la vue et le toucher : l'esprit, privé d'entrée, se met à inventer. Le jeu a retenu la version douce : quelques minutes sans son, avec les mains de l'autre pour seule information.

Ce qui se passe dans le corpsl'oreille qui prévient, la peau qui prend le relais

L'ouïe est le sens de l'alerte : elle surveille en permanence, même les yeux fermés, même dans le sommeil. Elle prévient de tout ce qui approche, un pas, un souffle, un tissu. La retirer, c'est retirer l'avertissement : chaque contact devient une surprise complète, encore plus qu'avec le bandeau, parce que le bandeau laisse entendre venir. Le cœur s'accélère, la peau se tend, et l'attention, n'ayant plus rien à écouter, se pose entière sur le toucher.

Une autre voie s'ouvre : celle du son choisi. Un casque où l'autre décide de la musique, ou de sa propre voix, remplace le monde par une bande-son intime. On ne perd pas l'ouïe, on la confie. Beaucoup préfèrent cette version, plus enveloppante que le silence.

Les bouchons le silence

Ils coupent une trentaine de décibels : le monde s'éloigne, le corps se rapproche. Mousse ou silicone, jamais enfoncés profond.

Le casque le son confié

L'autre choisit la musique, ou murmure dans le micro. On est seul avec sa voix, et ses mains.

Comment on s'y prendconvenir d'un signal, puis se taire

  1. Un signal tactile. Sans l'ouïe, le mot d'arrêt ne s'entend pas : deux tapes sur le bras de l'autre, ou une main levée, décidées avant, respectées aussitôt.
  2. Installer, puis couper. L'autre est assis ou allongé ; les bouchons ou le casque viennent en dernier, quand tout est prêt.
  3. Laisser le silence s'installer. Une minute sans toucher : le corps entend son propre sang, comme Cage. C'est le premier frisson.
  4. Toucher sans prévenir. Une main, puis rien, puis un souffle ailleurs : chaque contact est une surprise entière. On varie les zones et les rythmes.
  5. Ou choisir la bande-son. Une musique lente au casque, ou sa voix : on guide par le son ce que les mains font. La pratique devient un duo.

Les précautionsl'oreille est fragile

Volume mesuré. Au casque, jamais fort : au-delà de 85 décibels, l'oreille s'abîme, même pour une chanson. Le silence n'a pas besoin de bruit.
Rien de profond dans le conduit. Bouchons en mousse ou en silicone posés à l'entrée ; jamais de coton enfoncé, jamais d'objet.
Un signal qui n'a pas besoin des oreilles. Tactile, convenu, immédiat. Sans lui, la pratique n'est pas jouable.
Une privation à la fois, au début. Sans ouïe et sans vue, avec des liens : la dépendance est totale. On empile ces couches seulement en confiance, et jamais seul dans la pièce.

Dans la culturequatre minutes trente-trois

Le silence est devenu une expérience recherchée : les chambres anéchoïques se visitent, celle d'Orfield Labs à Minneapolis fut longtemps la pièce « la plus silencieuse du monde », et l'on raconte qu'on n'y tient pas une heure. Dans la chambre à coucher, la version est plus douce : un casque, une playlist, et le monde qui s'éteint le temps d'une caresse. La pratique n'a pas d'icône au cinéma ; elle a 4'33", et c'est déjà beaucoup.

À retenirL'ouïe prévient de tout ; sans elle, chaque contact surprend. Le signal d'arrêt passe par la peau, jamais par la voix.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Sensoriel, dans le Boudoir, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 3.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Boudoir
  • Gages écrits54 · 14 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodecasque audio, bandeau (yeux), glaçons
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Chloé, pose le casque sur les oreilles de Léo. Mime le gage que tu rêverais de recevoir : Léo, décris ce que tu comprends

Niveau 1 · Échauffement · un couple
N1

Théo, bande les yeux d'Adam avec le bandeau et ajoute le casque. Une main toujours posée sur sa peau : explore son corps entier

Niveau 3 · Préliminaires · deux hommes
N3

Chloé, Léo, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Privation d'ouïe. Dans le milieu : Sensory deprivation.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : casque audio, bandeau (yeux), glaçons. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 54 avec le jeu complet.

Voir aussi

Sploshing / Food play 124, Privation de vue 846, Glace / Froid 146, Cire chaude 142, Plumes / Chatouilles 137, Textures 479.

SourcesJohn Cage, Silence, 1961 (récit de la chambre anéchoïque de Harvard, 1951) ; 4'33", 1952 · Bexton, Heron & Scott, « Effects of decreased variation in the sensory environment », Canadian Journal of Psychology, 1954 · Seuil de 85 dB : recommandations de l'OMS et des agences de santé au travail sur l'exposition sonore

Jouez-la ce soir

4 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 54 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €