Lexique · Pénétration · le Boudoir
Vaginal (doigts)
vagin, du latin vagina, « fourreau, gaine de l'épée » : les anatomistes adoptent le mot au XVIe siècle ; doigter, en musique comme en amour, désigne la manière de poser les doigts.
Les doigts dans le vagin : un, deux, la main qui explore, presse, va et vient. C'est la pénétration la plus ancienne et la plus précise, celle qui sent ce qu'elle touche et se corrige aussitôt. Toute une géographie intérieure, paroi avant et col, s'y découvre au bout des doigts.
D'où vient le gesteune lettre de l'alphabet née en 1950
Le geste n'a pas de date : il précède tous les objets. Mais la carte intérieure qu'il explore a une histoire écrite, et récente. En 1950, le gynécologue allemand Ernst Gräfenberg, réfugié à New York, publie dans l'International Journal of Sexology un article sur le rôle de l'urètre dans l'orgasme féminin : il y décrit une zone érogène sur la paroi antérieure du vagin, le long de l'urètre, qui gonfle sous le doigt. Personne ne s'y arrête. Trente ans plus tard, en 1981, Beverly Whipple et John Perry baptisent cette zone « point G » en son honneur, et leur livre The G Spot (1982) en fait un mot du monde entier.
Le mot a fait fortune, la controverse aussi. En 2001, Terence Hines qualifie le point G de « mythe gynécologique moderne » : aucune structure distincte n'a été trouvée à cet endroit. La réponse est venue de l'imagerie. Les échographies d'Odile Buisson et Pierre Foldès (2009), puis les travaux d'Emmanuele Jannini (2014), ont montré que la paroi antérieure du vagin est adossée aux racines internes du clitoris et à l'urètre : un ensemble que Jannini propose d'appeler le complexe clito-urétro-vaginal. Il n'y a pas de bouton caché ; il y a un carrefour, et les doigts y arrivent mieux que quiconque.
Ce qui se passe dans le corpsun tube qui change de forme, un carrefour sous la paroi
Le vagin est un tube musculaire plissé, fermé au repos, qui s'ouvre et s'allonge sous l'excitation : le tiers externe se congestionne et se resserre, le fond se dilate et le col remonte, ce que Masters et Johnson ont appelé le tenting, la tente. La lubrification n'est pas une sécrétion glandulaire mais une transsudation : du plasma qui traverse la paroi sous l'afflux de sang. C'est pourquoi elle suit l'excitation, et non la volonté.
L'innervation est inégale. Le tiers externe, autour de l'entrée, est le plus sensible au toucher, servi par le nerf pudendal ; le fond, innervé par les nerfs pelviens, répond surtout à la pression et à l'étirement. La paroi antérieure, à quelques centimètres de l'entrée, est le lieu du fameux point G : sous la muqueuse passent l'urètre, les glandes de Skene, que certains anatomistes appellent la prostate féminine, et les bulbes du clitoris, qui gonflent sous l'excitation. Ce que les doigts pressent là, c'est le clitoris par l'intérieur. La texture change sous le doigt, plus rugueuse, plus bombée : c'est le signe qu'on y est.
Le point G la paroi avant
À trois ou quatre centimètres de l'entrée, vers le ventre. On le trouve avec les doigts recourbés en « viens ici », paume vers le haut, quand l'excitation l'a fait gonfler.
Le col le fond
Rond, ferme comme un bout de nez, il descend quand le désir baisse et remonte quand il monte. Certaines aiment sa pression, d'autres pas du tout : on demande.
Comment on s'y prendla paume vers le haut
- Les mains d'abord. Ongles courts, limés, mains lavées, bague enlevée. La muqueuse vaginale est fine et un ongle y laisse une entaille.
- Ne pas commencer dedans. Vulve, lèvres, clitoris, entrée : l'excitation doit précéder la pénétration, sinon le vagin n'est pas prêt et la main le sent aussitôt.
- Un doigt, puis deux. Entrer lentement, paume vers le haut, et rester immobile une seconde. Le vagin s'ajuste. Le second doigt vient quand le premier ne rencontre plus de résistance.
- Chercher la paroi avant. Doigts recourbés, une pression ferme et régulière plutôt qu'un va-et-vient rapide. La texture se bombe, une envie d'uriner peut monter : c'est l'urètre pressé, et ça passe.
- Le pouce dehors, les doigts dedans. Le clitoris externe et la paroi avant sont deux faces du même organe : les stimuler ensemble ferme la boucle. Tenir le rythme jusqu'au bout, sans changer ce qui marche.
Les précautionsune muqueuse, pas une peau
Dans la cultureun organe redessiné
Le clitoris a longtemps été un organe de trois centimètres dans les manuels. Il a fallu l'urologue australienne Helen O'Connell, en 1998, pour en dessiner les racines et les bulbes, une dizaine de centimètres enfouis autour de l'urètre et du vagin ; et il a fallu attendre 2016 pour qu'une première modélisation en trois dimensions, imprimable, due à la chercheuse française Odile Fillod, entre dans les classes. Entre-temps, le point G était devenu un produit : livres, ateliers, et jusqu'à des injections de collagène vendues pour le « gonfler ». Le geste, lui, n'a pas changé depuis que les mains existent : deux doigts qui cherchent, et une voix qui dit « là ».
Dans Intiimix
Dans Intiimix, les doigts sont la pénétration des Préliminaires : la pratique vit à ce niveau, avant que la soirée ne bascule ou choisisse de s'arrêter là. Les gages guident la main, paroi avant, rythme, pouce dehors, et laissent celle qui reçoit dire où et comment.
La montée
À la table
- Piècele Boudoir
- Gages écrits97 · 86 racines
- Dans la démo gratuite4 gages
- Sur la commodebandeau (yeux), vibromasseur, huile de massage
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, fais glisser un doigt en Chloé et amuse toi
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Vaginal (doigts).
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), vibromasseur, huile de massage. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 4 gages. Les 97 avec le jeu complet.
Voir aussi
Anal (doigts) 161, Double pénétration 14, Vaginal (pénis) 191, Vaginal (toys) 328, Anal (pénis) 172, Anal (toys) 495.
SourcesGräfenberg, « The role of urethra in female orgasm », International Journal of Sexology, 1950 · Ladas, Whipple & Perry, The G Spot and Other Recent Discoveries About Human Sexuality, 1982 · Hines, « The G-spot: a modern gynecologic myth », American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2001 · Jannini, Buisson & Rubio-Casillas, « Beyond the G-spot: clitourethrovaginal complex anatomy in female orgasm », Nature Reviews Urology, 2014