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Lexique · Impact · le Donjon

Claques visage

« gifle » vient de l'ancien français gifle, « joue », d'origine germanique : le mot a désigné la joue avant le coup qu'elle reçoit. « Claque » est une onomatopée médiévale ; « soufflet », le mot classique, vient du souffle, le vent que fait la main. En anglais, face slapping.

Gifler l'autre, ou se laisser gifler : une main ouverte sur la joue, contrôlée, convenue, souvent au milieu d'un baiser ou d'un rapport. C'est l'impact le plus chargé de sens du corps, parce que la joue est à la fois le lieu de l'honneur et celui de la tendresse.

D'où vient le gestele soufflet, l'honneur, et Gilda

La gifle est d'abord un rite. Dans l'Europe des duels, le soufflet est l'offense par excellence : on gifle pour provoquer, et le sang répare l'honneur. Le même geste, sur la joue d'un adolescent, a longtemps conclu la confirmation catholique : la petite tape de l'évêque, supprimée après le concile Vatican II, faisait écho à la colée, le coup donné au chevalier qu'on adoube. Un coup sur la joue dit toujours quelque chose sur la place de chacun ; c'est ce sens que le jeu érotique va chercher.

Le cinéma classique en fait un moment de bascule entre haine et désir : Rita Hayworth et Glenn Ford s'échangent des gifles dans Gilda (1946), et la scène est plus troublante que tous leurs baisers. Les communautés BDSM ont retenu ce trouble et l'ont cadré : la gifle y est un geste de domination, rarement de douleur, qu'on donne à main ouverte, en regardant l'autre. C'est la pratique qui demande la confiance la plus nette : elle vise la seule partie du corps qu'on ne couvre jamais.

Ce qui se passe dans le corpspeu de chair, beaucoup de nerfs, une oreille à côté

La joue est une zone singulière : peu de chair, beaucoup de nerfs. Le nerf trijumeau y déploie ses branches sensitives, le nerf facial y commande les muscles ; le sang y afflue au moindre émoi, ce qui fait le rougissement. Une gifle y produit trois choses : la brûlure de la peau, un claquement sonore, et une rotation de la tête. C'est la rotation qui est dangereuse, pas la brûlure : le cerveau flotte dans la boîte crânienne, et un mouvement brusque de la tête peut le secouer. Une gifle contrôlée fait tourner à peine, sur un cou libre, et ne vise que la partie charnue de la joue, entre la pommette et la mâchoire.

L'oreille est le vrai interdit. Une paume qui la couvre en frappant comprime l'air du conduit et peut perforer le tympan : c'est une blessure classique des gifles de colère. Le nez saigne et se casse ; l'œil ne supporte aucun contact ; l'articulation de la mâchoire, juste devant l'oreille, se luxe. Ce qui reste, la joue, est petit, et c'est pourquoi la gifle érotique est une question de précision plus que de force. Ce qu'elle produit ensuite ressemble au reste de l'impact : adrénaline, chaleur, et une secousse émotionnelle qui, dans le bon cadre, se change en abandon. Le regard qui l'accompagne fait la différence.

La main ouverte la seule autorisée

Doigts joints et souples, paume vers la joue, poignet qui accompagne. Jamais le poing, jamais le revers, jamais une bague.

La joue la seule cible

La partie charnue, sous la pommette, devant la mâchoire. Le coup arrive de côté, jamais d'en haut, et s'arrête avant l'oreille.

Comment on s'y prendnégocier, vérifier, regarder

  1. En parler avant, précisément. Plus que toute autre pratique, la gifle se négocie hors du lit : qui, quand, combien, à quelle force. Un mot d'arrêt, et un geste d'arrêt pour les moments où la bouche est prise.
  2. Vérifier la tête. Cou libre, tête qui peut suivre le mouvement, pas de mur ni de tête de lit derrière, lunettes retirées, lentilles connues. Rien dans la bouche.
  3. Commencer par la caresse. La main se pose sur la joue, la tient, la tourne : la gifle naît de ce geste, et beaucoup de couples en restent là. La première frappe est un tapotement.
  4. Frapper de côté, en regardant. Une main, à plat, qui traverse la joue vers l'extérieur, doigts loin de l'oreille et du nez ; l'autre main ne tient pas la tête. Les yeux dans les yeux, avant et après : la gifle est un dialogue.
  5. Ne pas enchaîner. Une, puis une pause, une caresse, une question. La gifle vaut par sa rareté ; la série est pour d'autres zones.

Les précautionsla joue et rien d'autre

Jamais l'oreille, jamais le nez, jamais l'œil. Le tympan se perfore sous la paume, le nez se casse, l'œil ne se répare pas. La main s'arrête à la joue, et la main libre ne bloque pas l'autre côté de la tête.
La tête libre, la force minime. Une tête qui ne peut pas tourner encaisse tout ; une tête qui tourne trop fort, c'est une commotion. La force d'une gifle érotique est celle d'une tape : l'effet vient du sens, pas du choc.
Certaines histoires interdisent le geste. Violence subie, gifles d'enfance, anxiété : la gifle réveille ce que le corps a mémorisé. On en parle avant, et le refus n'appelle aucune justification.
Le lendemain se prévoit. La joue rougit, parfois enfle ; une trace au visage se voit au travail. On frappe assez doucement pour que rien ne reste.

Dans la culturele geste qui fait basculer la scène

Au cinéma, la gifle est le geste qui fait basculer une scène : celle de Gilda, celles que Jack Nicholson multiplie sur Faye Dunaway dans Chinatown (1974). Le jeu érotique en a gardé l'intensité et retiré la colère : la gifle consentie est un des gestes les plus discutés des communautés BDSM. Elle est aussi devenue, dans la pornographie des années 2010, un cliché sans cadre ni négociation, ce qui a rendu la conversation d'autant plus nécessaire dans les chambres réelles.

À retenirUne gifle érotique vise la joue et rien d'autre : jamais l'oreille, jamais le nez, jamais l'œil, sur une tête libre, avec une main nue et ouverte. Sa force est celle d'une tape ; son effet tient au sens, et au regard.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la gifle n'arrive qu'aux préliminaires, derrière la porte du Donjon : une main ouverte sur la joue, jamais un coup, et le dernier mot sur la force à celui qui reçoit.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits72 · 18 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodemenottes
  • Mains nuesla plupart des gages

Un gage, pour goûter

Léo, donne trois soufflets mesurés sur la joue de Chloé : Chloé, remercie après chaque coup

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Claques visage.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Fesses 384, Cuisses 188, Dos 101, Seins 117, Impact parties intimes 45.

SourcesTrésor de la langue française informatisé, articles « gifle » et « soufflet » · Charles Vidor, Gilda, 1946 ; Roman Polanski, Chinatown, 1974 · Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Easton & Hardy, The New Topping Book, 2003

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €