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Lexique · Impact · le Donjon

Fesses

pygophilie, n. · angl. Spanking

« fesse », du latin populaire fissa, « fente », participe de findere, « fendre » : le mot désigne d'abord la raie, puis chacune des deux moitiés. Pygophilie, du grec pugê, « fesse » (la Vénus callipyge a de belles fesses). Spanking, attesté en anglais au XVIIIe siècle, est probablement une onomatopée.

Frapper les fesses à main nue ou avec un objet plat : la fessée, sous toutes ses formes, de la claque taquine par-dessus le jean à la série comptée sur la peau nue. C'est la porte d'entrée de l'impact : la zone la plus charnue du corps, la plus sûre, et la plus chargée d'histoire.

D'où vient le gestedes Lupercales au vice anglais

À Rome, chaque 15 février, les Lupercales lâchaient dans les rues des jeunes hommes à demi nus qui frappaient les passantes avec des lanières de peau de bouc, les februa ; les femmes tendaient les mains, parce que le coup, disait-on, rendait féconde. Ovide le raconte dans les Fastes, et le mois de février tient son nom de ces lanières. La fessée comme rite précède donc de loin la fessée comme punition. L'école et la famille garderont la fessée jusqu'au XXe siècle, et son double sens n'échappe à personne.

Le premier à l'écrire noir sur blanc est un médecin. En 1639, Johann Heinrich Meibom publie à Leyde De flagrorum usu in re veneria, « de l'usage des verges dans les affaires de Vénus » : la fustigation des reins, explique-t-il à la manière de Galien, échauffe les organes voisins et réveille le désir. Puis Rousseau avoue dans les Confessions la fessée reçue à huit ans de Mlle Lambercier, à Bossey, et le plaisir étrange qu'il y trouva : ce « châtiment d'enfant », écrit-il, a décidé de ses goûts et de ses désirs pour le reste de sa vie. Le XIXe siècle anglais en fait une industrie de maisons closes spécialisées, les Français appellent cela « le vice anglais », et le XXe le ramène dans la chambre, sans verges ni honte.

Ce qui se passe dans le corpsla chair, le nerf, et la chimie de la claque

La fesse est faite pour ça, ou presque : sous la peau, une couche de graisse épaisse, puis le grand fessier, le muscle le plus volumineux du corps. Cette double épaisseur amortit le coup et protège ce qui passe dessous : le nerf sciatique chemine en profondeur au centre de la fesse et sort sous le muscle vers l'arrière de la cuisse. Le coup porté sur la partie basse et charnue, là où la fesse rejoint la cuisse, ne touche que la chair ; c'est ce que les pratiquants appellent le sweet spot. Un coup qui arrive sur le coccyx, les hanches ou le bas du dos frappe de l'os, ou pire, les reins.

La douleur y fait un travail précis. Un impact déclenche les capteurs de douleur de la peau, une décharge d'adrénaline, puis, si les coups se suivent, une libération d'endorphines, ces opioïdes que le corps fabrique lui-même et qui apaisent et euphorisent. Les vaisseaux se dilatent, la fesse chauffe, et une caresse sur la zone battue devient électrique. C'est l'échauffement, le passage par lequel la claque cesse d'être une agression et devient une sensation. Des travaux menés sur des couples pratiquant le BDSM ont mesuré, chez celui qui reçoit, une montée du cortisol pendant la scène, et chez les deux une proximité accrue après, quand la scène s'est bien passée.

La main l'outil de départ

Plate, doigts joints, elle sent ce qu'elle fait : la température, la tension, le sursaut. On n'apprend pas l'impact avec autre chose.

Le plat paddle, brosse, règle

Une surface large frappe sourd et rougit vite ; une surface étroite pique et marque. Toujours sur la chair, jamais sur l'os.

Comment on s'y prendchauffer, monter, redescendre

  1. Convenir du cadre. Un mot d'arrêt, un mot de pause, et le droit de dire « plus fort ». Celui qui reçoit dit ce qu'il accepte : une rougeur, ou des marques.
  2. Installer. Sur les genoux, à plat ventre sur le lit, debout mains au mur : la position tend la peau et dégage la zone. La tête est libre, le bas du dos n'est pas dans la trajectoire.
  3. Échauffer. Des frappes légères et rapides, à main plate, alternées d'une fesse à l'autre, pendant plusieurs minutes. La peau rosit, chauffe : c'est le signe que le corps s'ouvre.
  4. Monter par paliers. Plus fort, plus lent, en visant le bas et le centre de chaque fesse. Entre deux séries, la main se pose et caresse : le contraste fait la moitié du plaisir.
  5. Redescendre. Terminer par la caresse, pas par le coup le plus fort. Puis l'aftercare : de l'eau, une couverture, du temps l'un contre l'autre, et des mots.

Les précautionsla chair oui, l'os jamais

Les zones interdites. Coccyx, os des hanches, bas du dos : les reins ne sont protégés par rien. La cible est la chair basse de la fesse, et le coup vient d'en bas ou de côté, jamais du haut vers la colonne.
Sans bague, sans montre. La main est nue : un anneau coupe la peau. Un objet se teste d'abord sur sa propre cuisse.
Les marques ont un calendrier. Un bleu met une à deux semaines à passer du violet au jaune ; on ne rebat pas une zone marquée. Du froid les premières vingt-quatre heures, puis de l'arnica en gel, d'usage courant même si les preuves cliniques sont modestes. Anticoagulants, troubles de la coagulation, diabète : on s'abstient.
Le sous-espace se surveille. Sous endorphines, celui qui reçoit peut ne plus sentir ses limites ni répondre clairement. Celui qui donne pose des questions simples, regarde la peau, et s'arrête sans attendre le mot.

Dans la culturede McLintock! à la Secrétaire

La fessée est le geste d'impact que le grand public reconnaît sans le nommer. Hollywood en a fait un ressort de comédie jusqu'aux années 1960, John Wayne fessant Maureen O'Hara dans McLintock! (1963) ; le cinéma indépendant l'a rendue à l'érotisme avec La Secrétaire de Steven Shainberg (2002), où une fessée sur un bureau change deux vies. Du traité de Meibom au paddle vendu en grande surface, le geste a gardé son ambiguïté : punition, jeu, tendresse, et souvent les trois.

À retenirLa fesse est la zone d'impact la plus sûre du corps parce qu'elle est la plus charnue ; tout le reste (reins, coccyx, hanches) est interdit. L'échauffement n'est pas une option : c'est lui qui transforme le coup en plaisir.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la fessée traverse les quatre niveaux, de la claque par-dessus le vêtement à la série sur la peau nue, derrière la porte du Donjon ; la force, c'est celui qui reçoit qui la fixe.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits384 · 105 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodepaddle, canne, martinet
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, invente trois fautes imaginaires commises par Chloé et applique une punition pour chacune : une tape sur chaque fesse, une sur chaque cuisse, puis trois tapes sur les fesses.

Niveau 1 · Échauffement · un couple
N1

Théo, chevauche Adam et énonce ta faute du jour à voix haute. Adam, ponctue chaque aveu d'une claque sur ses fesses

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Fesses, aussi appelée pygophilie. Dans le milieu : Spanking.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : paddle, canne, martinet. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Cuisses 188, Claques visage 72, Dos 101, Seins 117, Impact parties intimes 45.

SourcesOvide, Fastes, livre II (les Lupercales et les februa) · Meibom, De flagrorum usu in re veneria, 1639 ; Rousseau, Les Confessions, livre I, 1782 · Gibson, The English Vice: Beating, Sex and Shame in Victorian England and After, 1978 · Sagarin et al., « Hormonal changes and couple bonding in consensual sadomasochistic activity », Archives of Sexual Behavior, 2009

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €