Lexique · Impact · le Donjon
Dos
« dos », du latin dorsum, même sens. « Flagellation », du latin flagellum, « petit fouet », diminutif de flagrum, le fouet romain. Flogger, en anglais, désigne le fouet à lanières multiples ; cat o' nine tails, le « chat à neuf queues » de la marine britannique.
Frapper le dos : la main sur les épaules, le fouet à lanières sur le haut du dos d'un partenaire debout ou allongé. Le dos est la zone du fouet par excellence, celle des pénitents et des marins, et la seule grande surface du corps qu'on ne voit pas soi-même recevoir.
D'où vient le gestedes flagellants au flogger
Le dos est la surface que le fouet a toujours visée. Rome flagelle les condamnés au flagrum ; le Moyen Âge chrétien retourne le fouet contre soi : au XIe siècle, Pierre Damien recommande l'autoflagellation comme pénitence, et les processions de flagellants traversent l'Italie en 1260, puis l'Europe entière pendant la Peste noire de 1348-1349, dos nus et sanglants. Les marines européennes fouettent au chat à neuf queues jusqu'au XIXe siècle. Le dos porte les marques ; c'est fait pour être vu.
Le passage à l'érotisme suit celui de la fessée : Meibom en 1639, Sade en 1791 avec Justine, Sacher-Masoch en 1870, où Wanda fouette Séverin sous sa fourrure. Le fouet à lanières souples, bien plus doux que la cravache ou la canne, est l'instrument que les communautés BDSM des années 1970 se sont approprié : en daim, en cuir fin, en coton, il frappe large et sourd, et permet ce que la canne interdit, la longue séance qui chauffe sans entamer.
Ce qui se passe dans le corpsen haut la chair, au milieu l'os, en bas les reins
Le dos est la zone la plus inégale du corps pour l'impact. En haut, de part et d'autre de la colonne, le trapèze et le grand dorsal forment une couche épaisse sur les omoplates : c'est la cible, et la seule. Au milieu, la colonne vertébrale n'est couverte que de peau : les apophyses épineuses, ces petites bosses qu'on sent sous le doigt, encaissent le coup directement. En bas, sous les dernières côtes, les reins sont là, sans os devant eux ni derrière : un coup au bas du dos peut les contusionner, et le sang dans les urines n'est pas une légende. Les flancs, entre côtes et hanches, sont tout aussi nus.
Sur la bonne zone, l'impact du fouet à lanières est différent de la claque : chaque lanière touche à part, la surface est large, le coup est sourd (thud, disent les pratiquants) plutôt que piquant (sting). La peau rougit vite sous l'afflux de sang, la chaleur monte entre les omoplates, et la séance peut durer : les endorphines ont le temps de venir. Le dos a aussi un avantage psychologique : celui qui reçoit ne voit rien venir, ni l'outil, ni le geste, ni le moment. Le bandeau est dans la position.
Le flogger lanières souples
Daim, cuir fin, coton, corde : plus les lanières sont larges et lourdes, plus le coup est sourd. Un flogger léger se manie comme un pinceau.
La main et le plat sans lanières
Paume ouverte sur les épaules, paddle ou brosse sur le haut du dos. Plus simple, plus court, même zone.
Comment on s'y prenddessiner la carte, puis frapper en huit
- Dessiner la carte. Avant de frapper, poser la main : les omoplates, le trapèze, c'est ici ; la colonne, ici ; les reins, ici, et jamais. Celui qui reçoit sait où la main ira.
- Placer. Debout face au mur, mains appuyées, ou à genoux penché sur le lit ; bras relevés pour élargir le haut du dos. Le bas du dos reste couvert par un vêtement ou une serviette au début : la frontière est visible.
- Chauffer avec les lanières qui traînent. Le flogger se pose, glisse, caresse ; puis frappe léger, en huit, épaule gauche, épaule droite, sans passer par la colonne. Plusieurs minutes.
- Monter, et rythmer. Plus lourd, plus lent. Un coup, deux secondes, un coup ; puis une main qui se pose sur la peau chaude. Le dos aime le rythme plus que la force.
- Retourner et regarder. Quand c'est fini, celui qui a frappé regarde le dos, le touche, décrit ce qu'il voit : celui qui l'a reçu ne le verra pas. C'est une part de l'aftercare.
Les précautionsrien sous les côtes, rien sur la colonne
Dans la culturede Piero della Francesca au dos zébré
Le dos fouetté est une image religieuse avant d'être érotique : la Flagellation du Christ de Piero della Francesca, vers 1460, les pénitents des processions espagnoles. La littérature libertine l'a retournée, de Sade à Sacher-Masoch, et le cinéma l'a rendue lisible : le dos zébré est le signe visuel du BDSM, sur les affiches comme dans Cinquante nuances. Le flogger, lui, a une élégance propre : on le porte à la ceinture, on le fait tourner, et sa danse est déjà une partie du jeu.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, le dos reçoit la main dès l'échauffement, puis le flogger sur la peau nue jusqu'aux préliminaires, derrière la porte du Donjon ; le jeu nomme le haut du dos, et rien d'autre.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits101 · 26 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodefouet, cravache, martinet
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, tourne le dos à Chloé : laisse Chloé tapoter tes épaules du bout des doigts en descendant le long de ton dos
N1Théo, cravache le dos d'Adam en alternant gauche et droite sur les omoplates
N3Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Dos.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : fouet, cravache, martinet. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Fesses 384, Cuisses 188, Claques visage 72, Seins 117, Impact parties intimes 45.
SourcesCohn, The Pursuit of the Millennium, 1957 (les flagellants de 1260 et de 1349) · Meibom, De flagrorum usu in re veneria, 1639 ; Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure, 1870 · Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Easton & Hardy, The New Topping Book, 2003