Lexique · Masturbation · le Boudoir et le Donjon
Footjob
footjob, mot anglais bâti sur le modèle de handjob ; le français n'a pas de mot pour le geste. L'attirance pour les pieds se dit podophilie, du grec pous, podos, « pied » ; celle pour les chaussures, rétifisme, d'après Rétif de la Bretonne.
Masturber l'autre avec les pieds : la plante et les orteils autour du pénis, la voûte qui serre, un orteil sur le clitoris. Une pratique de patience et d'équilibre, où la peau la plus épaisse du corps rencontre la plus fine.
D'où vient le gestele pied caché, le pied offert
La Chine impériale a fait du pied l'organe érotique par excellence : dix siècles durant, les pieds bandés des femmes, les « lotus d'or », étaient tenus cachés dans leurs chaussons brodés, et leur seul dévoilement passait pour une intimité extrême. Les sinologues Howard Levy (1966) puis Dorothy Ko (2005) ont documenté cette économie du pied caché, où toucher un pied nu valait davantage que bien d'autres caresses. Le pied n'y masturbait pas : il était l'objet du désir, non son instrument.
En Europe, Rétif de la Bretonne publie en 1769 Le Pied de Fanchette, roman d'une obsession de mule et de cheville ; un siècle plus tard, Krafft-Ebing range les fétichistes du pied et de la chaussure dans sa Psychopathia Sexualis (1886). Le geste lui-même, le pied qui donne le plaisir, reste sans histoire écrite jusqu'à ce que la vidéo et l'internet le sortent de la confidence : dans les enquêtes sur les préférences fétichistes en ligne, le pied arrive en tête de tout le corps, loin devant le reste.
Ce qui se passe dans le corpsl'homoncule et la plante
En 1937, le neurochirurgien Wilder Penfield cartographie le cortex sensoriel en stimulant le cerveau de patients éveillés : il en tire l'homoncule, cette figure déformée où chaque partie du corps occupe une surface proportionnelle à sa sensibilité. Sur cette carte, les pieds et les organes génitaux sont voisins. Le neurologue V. S. Ramachandran a proposé en 1998 que cette proximité explique l'attrait érotique du pied : deux zones si proches que leurs signaux se mêlent. Hypothèse, non preuve, mais elle a le mérite de dire ce que sent celui qui reçoit : un pied posé sur le sexe parle une langue voisine de la sienne.
La plante du pied est l'une des zones les plus riches en récepteurs du toucher fin (c'est pour cela qu'elle est si chatouilleuse) et en glandes sudoripares, ce qui en fait une peau tiède, souple, parfois humide, très différente de la corne qu'on imagine. Pour celui qui donne, la pratique est un exercice de proprioception : serrer entre deux voûtes, monter, descendre, sans l'adresse des doigts. Le rythme est forcément plus lent que celui de la main, et c'est ce ralentissement qui fait la sensation : le corps qui reçoit attend, et l'attente compte.
Les deux voûtes le pénis
Le membre pris entre les plantes des deux pieds, orteils vers le haut, qui montent et descendent ensemble. Le gros orteil peut s'attarder sur le frein.
Le gros orteil le clitoris
Un seul orteil, lubrifié, en pression lente sur le capuchon ou de côté ; la plante à plat sur la vulve entière donne une pression plus large, moins précise.
Comment on s'y prends'installer, mouiller, ralentir
- Décider de l'odeur. Pieds lavés ou pieds de la journée : les deux se jouent, mais on le dit avant. Pour certains, l'odeur est la moitié du plaisir ; pour d'autres, elle le tue.
- S'installer. Celui qui donne est assis, dos calé contre un dossier ou des coussins, jambes tendues ; l'autre est allongé ou assis face à lui, sexe à hauteur des pieds. Sans ce calage, le dos lâche avant le plaisir.
- Lubrifier abondamment. Plus que pour la main : la plante ne produit rien, et le frottement à sec sur le gland ou le clitoris devient vite désagréable. On remouille souvent.
- Serrer, monter, descendre. Pour le pénis, les deux plantes le prennent en étau et coulissent ; pour le clitoris, un orteil en cercles lents. On regarde le visage de l'autre plus que ses propres pieds.
- Laisser la main finir, sans orgueil. Le pied fait monter ; il conclut rarement seul. Si l'autre ajoute sa main, ou la vôtre, c'est la pratique qui réussit, pas qui échoue.
Les précautionsdes ongles, du poids et des mycoses
Dans la culturela bottine de Buñuel
Le cinéma a donné au pied ses scènes les plus troublantes sans jamais filmer le geste : dans Le Journal d'une femme de chambre de Buñuel (1964), le vieux maître de maison fait chausser à Jeanne Moreau des bottines qu'il caresse à genoux. Un cinéaste américain contemporain a fait de ses gros plans sur les pieds une signature que son public commente à chaque film. L'internet, lui, a transformé la confidence en industrie : le pied est devenu le fétiche le plus partagé, et le footjob, de pratique sans nom, une catégorie à part entière.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, le footjob appartient au Boudoir et vient tard dans la soirée, quand les corps sont nus et les positions installées : le gage fixe la place de chacun, impose la lenteur du pied et laisse à celui qui reçoit le droit de guider ou d'ajouter sa main.
La montée
À la table
- Piècesle Boudoir · 4 et le Donjon · 4
- Gages écrits11 · 8 racines
- Dans la démo gratuite4 gages
- Sur la commodetalons hauts, miel
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, enfile les talons hauts, place un pied entre les cuisses de Chloé et appuie le talon contre son entrejambe
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Footjob.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : talons hauts, miel. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 4 gages. Les 11 avec le jeu complet, dont les 4 racines du Donjon.
Voir aussi
Masturbation solo 68, Masturbation mutuelle 179, Masturbation du partenaire 714, Frottement / corps à corps 173.
SourcesWilder Penfield & Edwin Boldrey, « Somatic motor and sensory representation in the cerebral cortex of man », Brain, 1937 · V. S. Ramachandran & Sandra Blakeslee, Phantoms in the Brain, 1998 · Dorothy Ko, Cinderella's Sisters: A Revisionist History of Footbinding, 2005 · Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886