Lexique · Masturbation · le Boudoir et le Donjon
Masturbation mutuelle
mutuel, du latin mutuus, « réciproque, prêté en échange ». L'expression mutual masturbation s'installe avec les enquêtes de Kinsey ; le mouvement de santé des années 1980 a forgé outercourse pour ranger la pratique parmi celles qui se passent de pénétration.
Chacun se donne du plaisir en même temps que l'autre, face à face ou l'un contre l'autre. Ni pénétration ni service rendu : deux plaisirs parallèles qui se regardent, se synchronisent, se contaminent. On garde la commande de son propre corps et on prête le spectacle.
D'où vient le gested'un secret d'adolescents à une pratique de santé publique
Kinsey, en 1948, la documente d'abord comme un rite d'adolescence : garçons qui se masturbent ensemble, en groupe ou à deux, avant de n'en plus parler. Entre adultes, l'usage restait tu, réputé pauvre, un préliminaire pour ceux qui n'osaient pas aller « jusqu'au bout ». Le vocabulaire le disait : heavy petting, les caresses lourdes, ce qu'on faisait dans les voitures des années 1950 faute de mieux.
Le sida renverse la hiérarchie. En 1983, à New York, Richard Berkowitz et Michael Callen publient How to Have Sex in an Epidemic, la première brochure de safer sex : elle réhabilite tout ce qui se passe sans échange de fluides, et la masturbation mutuelle passe du rang de pis-aller à celui de pratique complète. Le mot outercourse naît dans ce sillage. Une génération apprend que deux mains qui restent chacune sur son propriétaire font une nuit entière.
Ce qui se passe dans le corpsdeux cycles qui s'accordent
Chacun suit son propre cycle, excitation, plateau, orgasme, résolution, mais les deux ne vont pas à la même vitesse : Masters et Johnson notent que la montée féminine est souvent plus longue, et que le plateau peut s'y tenir longtemps si rien ne le dérange. La pratique en fait un jeu : le plus rapide ralentit, le plus lent accélère, et l'excitation de l'un devient un stimulant pour l'autre. Ce qu'on entend, le souffle qui change, un son retenu, informe autant que ce qu'on voit.
La grande force de la pratique, c'est que chacun garde la commande de sa propre main, celle qui connaît le tempo exact. C'est pour cela que c'est, de toutes les pratiques à deux, celle où l'orgasme est le plus prévisible : personne ne doit deviner. L'orgasme simultané, que Marie Stopes érigeait en idéal conjugal dans Married Love (1918), reste rare et n'est pas nécessaire : deux arrivées à quelques minutes d'écart valent une nuit réussie.
Face à face le regard
Assis ou allongés, jambes emmêlées : on voit tout, on peut poser une main libre sur la cuisse de l'autre. La version la plus exposée.
En cuillère l'oreille
Dos contre poitrine, chacun sa main entre ses propres jambes : on ne voit rien, on entend tout. Le souffle de l'autre dans la nuque conduit le rythme.
Comment on s'y prenddeux tempos, un seul souffle
- Convenir de la course. Arriver ensemble, ou chacun à son heure ? On le dit avant : cela change tout à la façon dont on ralentit.
- Se placer pour voir, ou pour entendre. Face à face pour le regard, cuillère pour l'oreille, côte à côte pour les deux. Un coussin sous les reins aide celui qui est allongé.
- Se caler sur le souffle. Sans se toucher, on écoute la respiration de l'autre et on y accorde sa main. Le rythme partagé vient de là, pas des mains.
- Croiser, décroiser. Une main libre sur le sexe de l'autre quelques secondes, puis retour : la sienne reste la principale, l'autre passe et repasse.
- Finir chacun à son heure. Si l'un arrive d'abord, il ne s'arrête pas : il regarde, il parle, il touche. Le second finit sous ce regard, souvent plus vite qu'il ne croyait.
Les précautionsla plus sûre des pratiques, à une main près
Dans la culturece que la peinture osait déjà
Egon Schiele dessinait dès 1911 des corps qui se masturbent, les siens compris, avec une crudité que Vienne lui fit payer d'un séjour en prison. La littérature du XXe siècle a beaucoup décrit l'adolescence qui se touche à deux, de Kinsey aux romans d'apprentissage ; le cinéma, lui, a longtemps préféré la pénétration, plus lisible à l'écran. C'est la brochure de 1983 de Berkowitz et Callen, photocopiée et distribuée de main en main, qui a rendu la pratique adulte : un geste de survie devenu un geste de couple.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, la masturbation mutuelle arrive quand les corps sont nus et prêts : le gage installe les deux joueurs face à face ou en cuillère, chacun sa main sur soi, et fixe la règle du moment, se regarder sans se toucher, se caler sur le souffle de l'autre, ou tenir jusqu'à ce que l'un des deux demande grâce.
La montée
À la table
- Piècesle Boudoir · 48 et le Donjon · 2
- Gages écrits179 · 50 racines
- Dans la démo gratuite4 gages
- Sur la commodepoppers, corde, alcool
- Mains nuesla plupart des gages
Trois gages : doux, hard, et un du Donjon
Léo et Chloé, enlacez-vous et caressez-vous mutuellement en synchronisant vos gestes
N3Théo et Adam, pressez vos entrejambes cuisse contre cuisse et ajoutez chacun une main sur l'autre. Menez ce double contact jusqu'au bout.
N4Jade et Emma, liez vos poignets ensemble avec la corde et masturbez-vous mutuellement malgré la contrainte, vos mains liées rendent chaque mouvement plus maladroit et plus intime
N3Léo, Chloé, Théo, Adam, Jade et Emma tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Masturbation mutuelle.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : poppers, corde, alcool. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 4 gages. Les 179 avec le jeu complet, dont les 2 racines du Donjon.
Voir aussi
Masturbation solo 68, Masturbation du partenaire 714, Footjob 11, Frottement / corps à corps 173.
SourcesAlfred Kinsey et al., Sexual Behavior in the Human Male, 1948 · Richard Berkowitz & Michael Callen, How to Have Sex in an Epidemic: One Approach, 1983 · William Masters & Virginia Johnson, Human Sexual Response, 1966 · Marie Stopes, Married Love, 1918