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Lexique · Masturbation · le Boudoir et le Donjon

Masturbation solo

masturbation, du latin masturbari, attesté chez Martial au Ier siècle ; l'origine du verbe est disputée : manu stuprare, « souiller de la main », ou manus et turbare, « agiter de la main ». Le français reprend le mot à la Renaissance.

Se donner du plaisir de sa propre main, sous les yeux de l'autre. Le geste le plus privé qui soit devient une chose offerte : on montre comment on se touche, à quel rythme, avec quelle pression. C'est la leçon la plus honnête qu'un corps puisse donner.

D'où vient le gested'Atoum à Tissot, le plaisir qu'on a voulu interdire

Le geste précède tous les textes. Le mythe égyptien fait naître le monde d'une masturbation : Atoum, seul sur la butte primordiale, engendre de sa main le premier couple de dieux, Shou et Tefnout. À Athènes, Diogène le Cynique se masturbe sur l'agora et regrette, rapporte Diogène Laërce, qu'il ne suffise pas de se frotter le ventre pour calmer la faim. Grecs et Romains en parlent sans drame ; Martial en fait des épigrammes. Rien, dans l'Antiquité, ne ressemble à une maladie.

La panique vient tard. Vers 1716, un pamphlet anonyme imprimé à Londres, Onania, invente le fléau ; en 1760, le médecin lausannois Samuel-Auguste Tissot lui donne ses lettres de noblesse avec L'Onanisme, qui attribue à la « perte de semence » consomption, folie et cécité. Le nom vient d'Onan, dont la faute, dans la Genèse, est pourtant un coït interrompu. Pendant un siècle et demi, ceintures, gants cousus, régimes fades (Kellogg recommande encore en 1877 la circoncision sans anesthésie pour en guérir les garçons) tentent de soigner un geste qui n'a jamais rendu personne malade. Rousseau lui-même, dans les Confessions, l'appelle « ce dangereux supplément ».

Ce qui se passe dans le corpsl'orgasme le plus fiable qui soit

Les chiffres arrivent avec Kinsey : en 1948 puis 1953, ses enquêtes établissent que l'immense majorité des hommes et une large majorité des femmes se masturbent. Masters et Johnson, en 1966, observent le geste en laboratoire et en tirent le cycle en quatre phases (excitation, plateau, orgasme, résolution) qui sert toujours de référence. Ils notent deux choses : les femmes atteignent l'orgasme plus vite et plus sûrement par la masturbation que par le coït, et elles touchent rarement le gland du clitoris directement, préférant le mont, le capuchon ou le côté. La main qui se connaît est la plus précise qui soit : elle sait le rythme, la pression, l'instant où ne plus rien changer.

Devant l'autre, le corps ajoute l'exposition. Être regardé accélère le cœur, rougit la poitrine et le cou (le sex flush décrit par Masters et Johnson), tend les muscles. À l'orgasme, le bassin se contracte par vagues rapprochées ; après, prolactine et ocytocine descendent sur le corps, période réfractaire chez l'homme, souvent absente ou brève chez la femme. Aucune étude sérieuse n'a jamais trouvé de nocivité au geste ; à l'inverse, des travaux de Harvard ont associé une fréquence éjaculatoire élevée à un moindre risque de cancer de la prostate, corrélation prudente, pas remède.

Gland et frein chez l'homme

La couronne du gland et le frein, sous le gland, concentrent les terminaisons du nerf dorsal : c'est là que la main s'attarde, et là qu'elle brûle si elle va à sec.

Le clitoris entier chez la femme

L'urologue Helen O'Connell a montré (1998, 2005) que le gland visible n'est que la pointe d'un organe de plusieurs centimètres, avec ses piliers et ses bulbes autour du vagin. La main le sait avant la science.

Comment on s'y prendfaire de son plaisir une leçon

  1. Choisir la lumière. Une lampe, pas le noir : c'est une démonstration. Celui qui regarde s'installe où il voit, assez près pour entendre le souffle.
  2. Commencer comme seul. Le rythme habituel, la position habituelle, sans mise en scène. Ce qu'on montre, c'est le vrai geste, pas une version pour caméra.
  3. Nommer. « Ici », « comme ça », « plus lent » : trois mots suffisent. L'autre apprend ce qu'aucun manuel ne lui dira, la carte de ce corps-là.
  4. Laisser regarder, puis faire toucher. Quand on veut, la main de l'autre vient se poser sur la sienne et suit le mouvement. Elle ne prend pas la commande : elle l'enregistre.
  5. Ne pas courir à la fin. L'orgasme n'est pas obligatoire. On peut s'arrêter au plateau, garder l'excitation pour la suite, ou aller au bout sous le regard : les deux valent.

Les précautionsle geste est sûr, l'exposition demande un accord

Regarder est un accord, pas un dû. Se montrer met à nu bien plus que la peau. On le propose, on l'accepte, on peut y renoncer à mi-chemin sans avoir à s'expliquer.
Lubrifier. À sec, le gland, le frein et le clitoris s'irritent vite. Salive, lubrifiant à l'eau ou au silicone : la main glisse, la peau ne chauffe pas.
Pas de comparaison. La durée, la fréquence, la vitesse de l'autre ne sont ni un record ni une norme. Chacun a son tempo, et il change avec les jours.
Le téléphone hors champ. Aucune image sans accord explicite, aucune image conservée sans l'accord des deux. Ce qu'on montre ici ne se montre à personne d'autre.

Dans la culturede l'interdit au manifeste

Kant, en 1797, juge le geste plus grave que le suicide ; un siècle plus tard, Havelock Ellis forge le mot auto-érotisme et le range parmi les faits ordinaires de la vie sexuelle. Le XXe siècle finit par en rire : Philip Roth en fait un roman entier, Portnoy et son complexe (1969), et Woody Allen, dans Annie Hall (1977), lance qu'il ne faut pas médire de la masturbation, « c'est faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime ».

Le tournant féministe vient de Betty Dodson : ses ateliers Bodysex des années 1970 et son livre Sex for One (1987) font de la masturbation un apprentissage et un droit. En 1994, la Surgeon General des États-Unis, Joycelyn Elders, est renvoyée pour avoir suggéré qu'on pourrait en parler à l'école. Se masturber devant l'autre hérite de tout cela : c'est un geste qui a mis deux siècles à redevenir innocent.

À retenirAucun geste n'a été plus diabolisé, aucun n'est plus sûr. Devant l'autre, il devient la carte la plus exacte d'un plaisir : on montre ce qu'on ne saurait pas expliquer.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la pratique vit au Boudoir, aux niveaux où les corps sont déjà nus : un joueur se touche sous le regard de l'autre, à son rythme, et le gage peut lui demander de commenter, de guider la main qui regarde, ou de s'arrêter avant la fin pour rendre la suite plus impatiente.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècesle Boudoir · 20 et le Donjon · 9
  • Gages écrits68 · 29 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodepoppers, concombre, courgette
  • Mains nuesla plupart des gages

Trois gages : doux, hard, et un du Donjon

Chloé, allonge-toi, ferme les yeux et caresse-toi lentement en te concentrant uniquement sur ton plaisir

Niveau 3 · Préliminaires · le Boudoir · deux femmes
N3

Théo, masturbe-toi devant Adam en sniffant du poppers, sans détourner le regard

Niveau 3 · Préliminaires · le Boudoir · deux hommes
N3

Jade, ordonne à Emma de se frotter avec la courgette entre les cuisses sans jouir.

Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon · deux femmes
N3

Chloé, Théo, Adam, Jade et Emma tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Masturbation solo.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : poppers, concombre, courgette. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 68 avec le jeu complet, dont les 9 racines du Donjon.

Voir aussi

Masturbation mutuelle 179, Masturbation du partenaire 714, Footjob 11, Frottement / corps à corps 173.

SourcesSamuel-Auguste Tissot, L'Onanisme, dissertation sur les maladies produites par la masturbation, 1760 · Alfred Kinsey et al., Sexual Behavior in the Human Male, 1948 ; Sexual Behavior in the Human Female, 1953 · William Masters & Virginia Johnson, Human Sexual Response, 1966 · Betty Dodson, Sex for One: The Joy of Selfloving, 1987

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Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €