Lexique · Oral · le Boudoir et le Donjon
Gorge profonde
angl. Deepthroat
calque de l'anglais deep throat, titre du film de 1972 ; l'expression est devenue, deux ans plus tard, le nom de code de l'informateur du Watergate, révélé en 2005 comme étant Mark Felt, numéro deux du FBI.
Prendre le pénis au-delà de la bouche, dans le pharynx, là où le corps a placé un réflexe pour qu'on n'y mette rien. La gorge profonde est une technique avant d'être un désir : une affaire d'axe, de souffle et de patience, jamais de force.
D'où vient le gesteun film, une actrice, un mensonge
Avant 1972, le geste existe sans nom : Sade le décrit, les avaleurs de sabres en connaissent l'anatomie depuis l'Antiquité, mais personne n'en fait une figure. Puis Gerard Damiano tourne en six jours Deep Throat, une comédie où l'héroïne découvre que son clitoris est logé dans sa gorge. Le film coûte quelques dizaines de milliers de dollars et rapporte des millions : c'est le « porno chic », et la gorge profonde devient du jour au lendemain un standard du genre.
Le revers est venu de l'actrice. En 1980, Linda Boreman, dite Lovelace, publie Ordeal : elle y raconte que son mari, Chuck Traynor, l'a battue et menacée d'une arme pour la faire tourner, et qu'à chaque projection du film « on la regarde se faire violer ». Elle témoigne devant la commission Meese en 1986. Le film a donc légué deux choses : une technique que des millions de gens ont voulu imiter, et la preuve que ce qu'on voit à l'écran ne dit rien de ce qu'a vécu celle qui l'a fait.
Ce qui se passe dans le corpsle réflexe, l'angle et le souffle
Au fond de la bouche, le corps a posé une alarme : le réflexe pharyngé, dit nauséeux, déclenché quand quelque chose touche la base de la langue, le voile du palais ou la paroi arrière du pharynx. Il passe par les nerfs glossopharyngien et vague, et il sert à ne pas s'étouffer. Il est très inégalement réparti : une étude publiée dans The Lancet en 1995 a trouvé qu'un tiers environ des adultes en bonne santé n'en ont pas du tout. Chez les autres, il s'atténue par l'habitude, comme le savent les dentistes et les avaleurs de sabres, mais il ne se supprime pas : il se contourne.
La seconde clé est géométrique. La bouche et la gorge forment un angle presque droit ; pour les aligner, il faut étendre la nuque, le menton levé, comme l'avaleur de sabre penche la tête en arrière. C'est pourquoi la position allongée, la tête un peu dans le vide au bord du lit, est celle des débutants. Enfin, le souffle : quand le pharynx est occupé, on ne respire pas pendant, on respire entre. Salive épaisse, larmes, nez qui coule sont des réflexes de protection, pas des signes de détresse ; ils ne dispensent pas de s'arrêter dès que l'autre le demande.
Le réflexe l'alarme
Il se réveille à la base de la langue et au voile du palais. Il s'apprivoise par paliers, jamais par surprise : ce qu'on force revient plus fort.
L'axe la géométrie
Menton levé, nuque étendue, la bouche et le pharynx dans la même ligne. Allongé sur le dos, la tête au bord du lit, l'angle se fait tout seul.
Comment on s'y prendpar paliers, à la personne qui reçoit dans la bouche de décider
- Connaître son réflexe. Seul d'abord, avec un doigt ou une brosse à dents : où commence la nausée, combien de temps elle dure. On apprend sa propre gorge avant d'y accueillir quelqu'un.
- Respirer avant, pas pendant. Une grande inspiration par le nez, puis la descente ; on remonte pour respirer. Le rythme entier de la pratique est celui du souffle.
- Trouver l'axe. Sur le dos, la tête au bord du lit, ou à genoux le menton levé : la gorge s'aligne, le réflexe se calme. Beaucoup de salive, pas de sécheresse.
- Descendre par paliers. Un peu plus loin que la fois d'avant, deux secondes, on remonte. On tient la base du sexe dans la main : ce qui est dans la main ne va pas dans la gorge.
- Garder le contrôle. C'est la bouche qui décide de la profondeur et du moment ; la main de l'autre sur la nuque se pose seulement si on l'a demandée, et se retire à la première pression sur sa cuisse.
Les précautionsce qui bloque le souffle ne se force pas
Dans la culturedu porno chic au Watergate
Rares sont les pratiques qui doivent leur nom à un film et leur légende à un scandale d'État. Deep Throat a été projeté devant des juges, cité au procès de son acteur Harry Reems, poursuivi pour obscénité en 1976 : le documentaire Inside Deep Throat (2005) et le film Lovelace (2013), avec Amanda Seyfried, en ont raconté l'envers. Pendant ce temps, dans un parking de Washington, deux journalistes retrouvaient un homme qu'ils appelaient « Gorge profonde », et le titre d'un film érotique s'est retrouvé dans les manuels d'histoire.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, la gorge profonde vit au Boudoir, dans les Préliminaires et la Pénétration, en gage de patience plus que d'exploit : le jeu demande la descente, le corps fixe la mesure. On n'y force jamais rien, et aucun gage ne le demande.
La montée
À la table
- Piècesle Boudoir · 11 et le Donjon · 9
- Gages écrits32 · 20 racines
- Dans la démo gratuite4 gages
- Sur la commodebandeau (yeux), poppers, gode ceinture
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, enfonce deux doigts dans la gorge de Chloé jusqu'au réflexe : récupère la bave et étale ce filet sur le torse de Chloé
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Gorge profonde. Dans le milieu : Deepthroat.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), poppers, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 4 gages. Les 32 avec le jeu complet, dont les 9 racines du Donjon.
Voir aussi
Fellation 132, Cunnilingus 137, Anulingus 35, 69 46, Léchage 370.
SourcesLinda Lovelace & Mike McGrady, Ordeal, 1980 · Davies et al., « Pharyngeal sensation and gag reflex in healthy subjects », The Lancet, 1995 · Witcombe & Meyer, « Sword swallowing and its side effects », BMJ, 2006 · Fenton Bailey & Randy Barbato, Inside Deep Throat, 2005