
Soumission · le Donjon
Obéissance
angl. Obedience training
Faire ce qu'on vous dit, parce qu'on vous le dit : se lever, s'agenouiller, se taire, attendre la permission. L'obéissance est la matière première de la soumission ; tout le reste du Donjon, service, attente, dressage, se construit dessus. Ce n'est pas la contrainte qui fait la pratique, c'est le fait de choisir d'obéir.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 199 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : collier laisse, poppers
Trois gages, tels que je les sers
Tom, dicte un rythme à Eva en frappant dans tes mains. Eva, avance d'un pas à chaque frappe et recule d'un pas à chaque silence. Aucune initiative.
Tom, ordonne à Eva de se mettre à genoux et de décrire à voix haute ce que tu lui fais ressentir. Chaque hésitation remet la confession à zéro.
Tom, place-toi derrière Eva et pénètre Eva au rythme imposé, sans accélérer ni ralentir sauf sur commande explicite
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« obéir », du latin oboedire, formé sur ob- et audire, « écouter » : obéir, à l'origine, c'est prêter l'oreille. L'anglais obedience training désigne d'abord le dressage des chiens ; le milieu l'a repris tel quel.
Le geste d'obéir par désir a une date de naissance littéraire. En décembre 1869, l'écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch signe avec sa maîtresse Fanny Pistor un contrat de six mois : il sera son esclave, elle portera de la fourrure aussi souvent que possible. Le roman qu'il en tire, La Vénus à la fourrure (1870), fait de Severin le domestique de Wanda sous le nom de Gregor ; le psychiatre Richard von Krafft-Ebing forgera à partir de son nom, en 1890, le mot « masochisme ». Le contrat, c'est-à-dire l'obéissance mise par écrit et consentie, est l'invention centrale du livre.
II · Ce qui se passe dans le corps
Obéir n'est pas passif. En 2009, une équipe de l'université Northern Illinois, menée par Brad Sagarin, a mesuré les hormones de couples pendant des scènes BDSM réelles : chez ceux qui reçoivent, le cortisol, l'hormone du stress, monte nettement pendant la scène ; il redescend ensuite, et le sentiment de proximité dans le couple augmente quand la scène s'est bien passée. Le corps de celui qui obéit est sous tension, mais une tension qu'il a choisie, et qui rapproche.
Courte, claire, exécutable : « à genoux », « ne bouge plus », « regarde-moi ». Un ordre qu'on ne peut pas suivre n'est pas un ordre, c'est un piège.
« Tu ne parles que si je t'interroge. » Elle vaut pour toute la scène et fait le cadre ; on la donne au début, on la lève à la fin.
III · Comment on s'y prend
- 1Convenir du signal.Un mot qui n'a rien à faire dans la scène, « rouge », « ananas », et qui arrête tout. Celui qui commande le répète à voix haute avant de commencer : l'obéissance n'existe qu'au-dessus de ce mot.
- 2Poser deux ou trois règles.Pas dix : la position, la parole, le regard. Celui qui obéit doit pouvoir les garder en tête sans effort ; le plaisir est de les tenir, pas de s'y perdre.
- 3Donner des ordres tenables.Un ordre à la fois, formulé pour être exécuté. La voix descend, elle ne monte pas ; le ton fait la moitié de l'autorité.
- 4Corriger sans mépris.Un ordre mal suivi se refait, avec calme. La sanction, s'il y en a une, a été convenue avant ; elle n'est jamais une humeur.
- 5Lever les règles.À la fin, celui qui commande le dit : « c'est fini, tu peux ». On retrouve son prénom, son corps, sa voix. C'est le début de l'après, pas un détail.
IV · Les précautions
- Le mot d'arrêt vaut plus que l'ordre. Rien de ce qui est dit dans la scène ne peut le suspendre : ni « tu n'as pas le droit de le dire », ni « les vrais soumis n'en ont pas besoin ». Celui qui commande peut l'utiliser aussi.
- Le cadre reste dans la scène. Les règles s'arrêtent avec elle. Un partenaire qui les prolonge dans la vie courante, qui exige, contrôle, punit hors du jeu, ne joue plus : c'est de l'emprise, et ça se nomme.
- Prévoir la descente. Après le subspace vient souvent le drop : tristesse, froid, vide, parfois le lendemain seulement. Eau, chaleur, paroles douces, et un message le jour d'après. Il concerne aussi celui qui a commandé.
- Pas d'ordre qui engage le corps sans le savoir. Ne pas manger, ne pas dormir, retenir ses besoins : on n'obéit pas à ce qui abîme. Un ordre reste un jeu ; la santé n'en fait pas partie.
La Roue, à retenir
Obéir est un acte, pas une absence : le corps sous tension, le cerveau qui lâche la décision. Le mot d'arrêt est le seul ordre que personne ne peut annuler.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Obéissance. Dans le milieu : Obedience training.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : collier laisse, poppers, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.



