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Attente, le dessin du jeu

Soumission · le Donjon

Attente

angl. Anticipation play

Rester là où l'autre vous a mis : à genoux, face au mur, mains dans le dos, sans bouger, sans savoir quand il reviendra. L'attente est la pratique où il ne se passe rien ; c'est ce rien, tenu et voulu, qui fait monter tout le reste.

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 114 gages écrits
  • Le Donjon
  • Le jeu complet (le Donjon)
  • Sur la commode : poppers, bandeau (yeux)

Trois gages, tels que je les sers

Eva, debout devant Tom : attends l'ordre. Tom, fais patienter Eva en silence puis ordonne un seul geste. Le plus simple possible, d'une voix qui ne se discute pas.
Niveau 1 · Échauffement · le Donjon
Tom, retire la jupe d'Eva et tourne Eva face au mur. Eva, attends sans te retourner. Tom, regarde tout ton soûl avant de donner le signal.
Niveau 2 · Déshabillage · le Donjon
Tom, mets-toi face au mur, les mains à plat sur la surface, et attends qu'Eva vienne te chercher. Tu n'as pas le droit de te retourner.
Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

« attendre », du latin attendere, « tendre vers », d'où « faire attention » : l'attente est une tension du corps entier vers ce qui vient. Anticipation play dans le milieu anglophone, de anticipare, « prendre d'avance ».

L'attente amoureuse est une figure aussi vieille que les récits : Pénélope tisse et défait pendant vingt ans ; les troubadours attendent un regard ; l'amoureux de Roland Barthes, dans les Fragments d'un discours amoureux (1977), se résume en une phrase : « je suis celui qui attend ». Barthes note que l'attente inverse les rôles : celui qui attend est le sujet, celui qu'on attend n'a rien à faire. Le Donjon a retenu cette mécanique et l'a rendue visible : on ne fait plus attendre par négligence, on le fait exprès.

II · Ce qui se passe dans le corps

La science a compris tard que le plaisir n'est pas au moment où l'on reçoit. En 1997, Wolfram Schultz et ses collègues ont montré chez le singe que les neurones à dopamine s'allument au signal qui annonce la récompense, et non plus à la récompense elle-même une fois qu'elle est prévisible. Six ans plus tard, la même équipe a trouvé mieux : ces neurones s'activent en continu, de plus en plus fort, pendant l'intervalle qui sépare l'annonce de l'arrivée, et cette montée est maximale quand la récompense n'est pas certaine, autour d'une chance sur deux. L'incertitude n'est pas un défaut de l'attente : c'est son moteur.

La position

À genoux, assis sur les talons, mains sur les cuisses ; ou debout face au mur, front contre le plâtre. Tenable dix minutes, c'est déjà long.

La consigne

« Je reviens quand je veux. » Ou « dans cinq minutes ». Le flou fait monter, le compte à rebours rassure : on choisit selon la soirée.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Choisir une position tenable.Le plaisir vient de l'attente, pas de la crampe : genoux sur un coussin, dos droit, mains posées. On l'essaie avant, ensemble.
  2. 2Donner la consigne.Où, comment, jusqu'à quoi : « tu restes ainsi jusqu'à ce que je te touche ». Avec ou sans durée annoncée ; sans, c'est plus fort, mais on convient d'un maximum entre soi.
  3. 3S'éloigner, ou pas.Sortir de la pièce, ou rester assis à lire dans le même fauteuil : être vu sans être touché est une attente à part entière.
  4. 4Faire des signes.Un pas dans le couloir, une porte qu'on ouvre puis referme, un mot depuis l'autre pièce : c'est le signal qui allume la dopamine, pas le contact. On peut jouer là-dessus longtemps.
  5. 5Revenir.Le retour est la récompense : une main d'abord, puis ce qu'on avait prévu. On ne le gâche pas en bâclant ; c'est pour lui qu'on a attendu.

IV · Les précautions

  • Jamais debout genoux verrouillés. Les gardes qui s'évanouissent au garde-à-vous en sont la preuve : le sang stagne dans les jambes. Genoux souples, ou assis.
  • Un maximum de temps convenu. Dix, quinze, vingt minutes au plus pour une position tenue. Au-delà, ce n'est plus l'attente qui travaille, ce sont les articulations.
  • Jamais attaché et seul. Faire attendre quelqu'un de lié dans une pièce qu'on quitte est un vrai danger : chute, malaise, aucun moyen d'appeler. L'attente immobile se fait sans lien, ou sans quitter la pièce.
  • Le signal reste entier. Même face au mur, même en silence : un mot ou un geste convenu, et l'autre revient. Une jambe engourdie, un vertige, une envie de rire qui casse tout : on le dit.

La Roue, à retenir

L'attente est la scène, pas sa préparation : la dopamine monte pendant l'intervalle, plus fort quand l'issue est incertaine. Position tenable, temps maximal convenu, jamais lié quand on est seul.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Attente. Dans le milieu : Anticipation play.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : poppers, bandeau (yeux), menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Dans la même famille

Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

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