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Lexique · Soumission · le Donjon

Pet play

angl. Pet play, puppy/kitten play, la monte

pet, l'anglais pour « animal de compagnie », attesté en Écosse dès le XVIe siècle, d'abord pour un agneau élevé à la main. Puppy play, kitten play, pony play selon l'animal. « La monte », dans une partie du milieu gay et queer francophone, désigne la scène où le chien est chevauché ou pris par son maître ; le mot vient de l'élevage, où la monte est l'accouplement.

Devenir, pour une heure, l'animal de compagnie de quelqu'un : chien, chat, plus rarement poney. Collier, laisse, quatre pattes, gamelle, et surtout plus un mot. Le pet play est la soumission qui retire la parole et la station debout : on ne décide plus, on ne parle plus, on est caressé ou dressé.

D'où vient le gestede l'âne d'Apulée aux cagoules de néoprène

L'homme changé en bête qui garde son désir est un des plus vieux récits qui soient. Circé change les compagnons d'Ulysse en porcs ; au IIe siècle, Apulée écrit L'Âne d'or, où Lucius, transformé en âne, est acheté, battu, dressé, et finit par partager la couche d'une matrone qui le trouve à son goût. La métamorphose y est une chute et une libération : l'âne n'a plus de devoirs, seulement un corps. Le collier, lui, vient de plus près : celui d'O, à Roissy, en cuir, avec ses bracelets assortis, qu'elle porte comme une marque d'appartenance.

La forme actuelle naît dans la scène cuir gay, aux États-Unis, dans les années 1990 et 2000 : le puppy play, avec ses cagoules de néoprène à museau, ses harnais, ses meutes, ses concours et ses « dresseurs ». Il a gagné l'Europe dans les années 2010 et s'est ouvert à tous les genres ; le kitten play, plus féminin dans son imagerie, plus paresseux dans son rythme, s'est développé en parallèle. Le pony play, avec ses harnais et ses mors, est plus ancien et plus rare : il demande un équipement et de l'espace.

Ce qui se passe dans le corpsle cerveau du jeu et la fin des mots

Le neuroscientifique Jaak Panksepp a décrit chez tous les mammifères un système cérébral du jeu, celui qui fait se rouler les chiots et les jeunes rats, et qui produit un plaisir propre, avec ses vocalises et sa fatigue heureuse. Le pet play y retourne directement : courir après une balle, se faire gratter le ventre, mordiller, c'est réveiller un circuit qui n'a pas besoin de mots. Ceux qui pratiquent parlent de headspace, l'état où l'on « est » le chien : pas de comptes à rendre, pas de phrases à faire, des envies simples et immédiates.

Retirer la parole change le corps. Sans phrases, la communication passe par le regard, la posture, les sons, les frottements ; le cortex qui construit le langage et surveille l'image de soi se met en veille, ce qui rejoint les états ralentis mesurés chez les soumis pendant une scène (Ambler et coll., 2017). À quatre pattes, la tête plus basse que le bassin, le corps entier est en position d'offrande, et il le sait. Le collier, enfin, n'est pas un accessoire : le poids sur la nuque est le rappel constant qu'on appartient à quelqu'un.

Le chien puppy

Énergie, obéissance, jeu : il rapporte, il attend, il se couche sur ordre. Le plus répandu, et le plus physique.

Le chat kitten

Caprice et caresse : il vient quand il veut, ronronne, se laisse peigner. Le plus doux, et le plus lent.

Comment on s'y prendle collier ouvre, le collier ferme

  1. Choisir l'animal et son caractère. Chien joueur ou chat distant : le tempérament choisi dicte les règles. On se met d'accord sur ce que l'animal a le droit de faire, et sur ce qu'il a le droit de dire : rien, en général.
  2. Convenir d'un signal sans mots. Puisqu'on ne parle plus : un objet lâché, trois coups au sol, un geste de la main. Il est répété avant de mettre le collier.
  3. Poser le collier. Lentement, avec une phrase : c'est le seuil. Tant qu'il est là, l'un est le maître, l'autre l'animal. Deux doigts passent dessous ; la laisse, si laisse il y a, se tient sans jamais tirer.
  4. Jouer. Balle, gamelle, caresses, ordres simples : « assis », « viens », « couché ». Le maître parle, l'animal répond du corps. On peut ne rien faire d'autre ; on peut aller plus loin, si c'était convenu.
  5. Retirer le collier. Le maître l'enlève, dit le prénom, tend la main pour relever. L'humain revient ; on boit, on parle, on se raconte.

Les précautionsla gorge, les genoux, la tête

Jamais de traction sur la gorge. Une laisse se tient, elle ne tire pas : le larynx et les carotides sont sous le collier. Pour une scène active, un harnais de poitrine remplace le collier comme point d'attache.
Genoux et poignets protégés. Quatre pattes sur du carrelage, une demi-heure : genouillères, tapis, ou pauses. Les mains se ferment en poing pour épargner les poignets.
Boire et manger relevé. La gamelle est un jeu ; la tête au ras du sol, on avale mal. On lève la tête pour boire, on évite tout ce qui peut faire avaler de travers.
La descente peut être longue. Sortir du headspace prend parfois du temps : on ne se relève pas d'un coup, on n'attend pas de phrases tout de suite. Le lendemain, on prend des nouvelles.

Dans la culturedes concours de puppies aux métamorphoses

Le pet play est la seule pratique du Donjon qui ait ses concours : depuis les années 2010, des titres de « Mister Puppy » se disputent dans les festivals cuir d'Amérique et d'Europe, avec meutes, dresseurs et défilés en cagoule. L'imagerie, museaux de néoprène et harnais fluorescents, est devenue un signe de reconnaissance dans les marches des fiertés, où elle surprend encore.

La littérature, elle, avait tout dit d'avance : Lucius en âne chez Apulée, les porcs de Circé, et jusqu'à La Belle et la Bête, où l'amour naît pour l'animal avant que l'homme reparaisse. La métamorphose est une vieille manière de dire qu'on veut être aimé sans avoir à parler.

À retenirLe pet play retire la parole et la station debout pour ne garder que le jeu et la caresse. Le collier ouvre la scène et la ferme ; la laisse se tient, jamais ne tire.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Soumission, dans le Donjon, qui entre au niveau 3, Préliminaires, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits52 · 13 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodecollier laisse, gode ceinture
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, passe le collier laisse autour du cou de Chloé, place Chloé à quatre pattes et contrôle chaque mouvement en tirant sur la laisse

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Théo, reste à quatre pattes, docile, et laisse Adam te monter par derrière en te maintenant par la nuque

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Pet play. Dans le milieu : Pet play, puppy/kitten play, la monte.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : collier laisse, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Obéissance 199, Service 188, Attente 114, Humiliation 267.

SourcesApulée, Les Métamorphoses (L'Âne d'or), IIe siècle · Pauline Réage, Histoire d'O, 1954 (le collier et les bracelets de Roissy) · Panksepp, Affective Neuroscience: The Foundations of Human and Animal Emotions, 1998 · Ambler et al., « Consensual BDSM facilitates role-specific altered states of consciousness », Psychology of Consciousness, 2017

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €