
Soumission · le Donjon
Humiliation
angl. Degradation, humiliation
Se faire rabaisser et le vouloir : mots crus, positions dégradantes, être traité comme un objet, un chien, un rien ; être moqué, exposé, commandé sans égard. L'humiliation est la pratique la plus paradoxale du Donjon : elle doit faire mal pour de vrai à quelqu'un qui a demandé, à froid, qu'on le fasse. Sa règle est simple et absolue : la dégradation est un jeu que l'on a négocié, le mépris n'est jamais dans la pièce.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 278 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : collier laisse, gode ceinture
Trois gages, tels que je les sers
Tom, ordonne à Eva de se mettre à genoux et de décrire à voix haute ce que tu lui fais ressentir. Chaque hésitation remet la confession à zéro.
Eva, allonge-toi à plat sur le dos. Tom, défèque sur le torse d'Eva : Eva, reste immobile et maintiens le contact visuel avec Tom.
Tom, place Eva à genoux face au mur, mains sur la tête : écarte ses fesses et maintiens la position
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« humilier », du latin humiliare, de humilis, « bas », de humus, « la terre » : humilier, c'est mettre au sol. « dégrader », de degradare, retirer son grade. Le milieu anglophone parle de degradation pour la forme la plus rude et d'humiliation play pour l'ensemble.
Le premier à écrire noir sur blanc qu'on pouvait jouir d'être rabaissé est Sacher-Masoch, en 1870 : Severin, devenu Gregor, obtient d'être humilié par Wanda, traité en valet, fouetté par elle et, au bout du livre, sous ses yeux, par un autre homme. Le scandale n'est pas la douleur, c'est le désir de la honte. Krafft-Ebing en fait une catégorie clinique en 1890 ; Freud, en 1919, dans « Un enfant est battu », cherche dans l'enfance l'origine de ces fantasmes de punition ; Theodor Reik, en 1941, y voit une stratégie, le masochiste prenant les devants sur une humiliation redoutée pour la maîtriser. Cent ans de psychanalyse pour dire ce que Wanda savait : le rabaissement excite quand c'est soi qui l'a demandé.
II · Ce qui se passe dans le corps
La honte a un signe que Darwin appelait « la plus humaine de toutes les expressions » : le rougissement. Il est involontaire, commandé par le système nerveux sympathique, et il s'accompagne d'un regard qui fuit, d'une tête qui baisse, d'un corps qui se fait petit : la posture de soumission des primates. Le cortisol monte, comme chez tous les soumis en scène (Sagarin et coll., 2009), le cœur cogne. Le corps humilié est un corps en alerte, et cette alerte, dans un cadre sûr, se convertit en excitation : le rouge des joues et le rouge du désir passent par les mêmes vaisseaux.
Insultes convenues, ordres cassants, moqueries sur ce qui a été autorisé. La plus courante, la plus réglable : un mot de plus ou de moins change tout.
À quatre pattes, le visage au sol, servir de meuble, être exposé, recevoir ce que d'autres refuseraient. Le corps dit ce que les mots ont commencé.
III · Comment on s'y prend
- 1Écrire la liste.Ce qui excite, ce qui blesse : les mots permis, les mots interdits, les sujets qu'on ne touche pas (le corps réel, le passé, la famille, le travail). À froid, la veille, pas au bord du lit.
- 2Deux signaux.Le mot qui arrête tout, et un mot qui ralentit : « orange », « doucement ». L'humiliation monte vite ; il faut pouvoir la freiner sans la casser.
- 3Commencer par le ton.Le regard qui juge, la voix qui tombe, le silence après une question : la moitié de l'humiliation est là, avant tout mot cru.
- 4Monter par paliers.Un mot, une position, une exigence de plus à chaque fois ; on guette la respiration et le rouge des joues. Le dominant joue le mépris, il ne le laisse jamais devenir sien.
- 5Dire l'inverse.La scène finie, tout ce qui a été dit se retire à voix haute : « tu as été formidable, je t'admire, rien de tout ça n'était vrai ». Eau, couverture, bras. C'est la partie la plus importante, et elle n'est pas facultative.
IV · Les précautions
- Ne jamais toucher une blessure réelle. Une insécurité sur le corps, un traumatisme, une honte ancienne : hors du jeu, sauf demande explicite et détaillée, et même alors avec prudence. Les mots ne s'effacent pas comme une marque de fouet.
- Le drop est ici le plus rude. Des heures ou des jours après, tristesse, doute, sensation d'avoir été vraiment jugé. Il touche aussi celui qui a parlé, qui peut se sentir monstrueux. Message le lendemain, dans les deux sens ; on en reparle à froid.
- Rien ne sort de la pièce. Pas de témoin non consentant, pas de photo, pas de rappel en public « pour rire ». L'humiliation qui déborde de la scène devient une humiliation véritable.
- Jamais pour régler un compte. On n'humilie pas quelqu'un avec qui l'on est en colère. Si le mépris est vrai, ne serait-ce qu'un peu, la scène n'a pas lieu.
La Roue, à retenir
L'humiliation joue le mépris sans jamais le ressentir : liste négociée avant, deux signaux pendant, et l'inverse dit à voix haute après. Les mots restent ; le drop est ici le plus rude, pour les deux.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Humiliation. Dans le milieu : Degradation, humiliation.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : collier laisse, gode ceinture, bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.



