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Lexique · Séduction · le Boudoir et le Donjon

Baisers

angl. Making out

« baiser », du latin basiare, « embrasser », dérivé de basium. Le verbe a glissé vers le sens sexuel au fil des siècles, et « embrasser », qui voulait dire « prendre dans ses bras », a pris sa place pour la bouche. La science du baiser s'appelle la philématologie, du grec philêma, « baiser ».

Poser sa bouche sur l'autre : lèvres, langue, cou, ventre, n'importe où. Le baiser est la pratique la plus partagée du répertoire humain et l'une des plus complexes : deux bouches, des millions de bactéries échangées, une hormone d'attachement, et une tête qui penche presque toujours à droite.

D'où vient le gestedu Kama Sutra à la pellicule d'Edison

Les Romains avaient trois mots là où nous n'en avons qu'un : l'osculum, baiser d'amitié sur la joue ; le basium, baiser d'affection sur les lèvres ; le suavium, baiser des amants. Catulle en réclame mille, puis cent, puis mille encore. Deux siècles plus tard, en Inde, le Kama Sutra de Vâtsyâyana consacre un chapitre entier aux baisers et les classe avec un sérieux d'entomologiste : le baiser mesuré, le baiser palpitant, le baiser qui touche ; le droit, le penché, le tourné, le pressé ; et un jeu où chacun cherche à saisir la lèvre de l'autre le premier. Des tablettes mésopotamiennes en parlent dès le troisième millénaire avant notre ère.

Le baiser n'est pourtant pas universel. En 2015, des anthropologues ont passé en revue cent soixante-huit cultures : moins de la moitié pratiquent le baiser amoureux sur la bouche, et il est absent de la plupart des sociétés de chasseurs-cueilleurs, où l'on se frotte le nez ou se respire. Darwin l'avait noté dès 1872. Là où il existe, il a fini par tout envahir : le premier baiser filmé, en 1896, dure vingt secondes chez Edison et scandalise ; cinquante ans plus tard, Hitchcock contourne le code Hays, qui limite la durée des baisers à l'écran, en faisant s'embrasser Cary Grant et Ingrid Bergman par petites touches pendant deux minutes et demie dans Les Enchaînés.

Ce qui se passe dans le corpsla peau la plus fine, quatre-vingts millions de bactéries

Les lèvres sont la peau la plus mince du corps, sans glande sudoripare ni poil, si fine que le sang y transparaît : d'où leur rouge. Elles sont aussi l'une des zones les plus innervées, au point que, sur la carte du cerveau sensoriel dressée par Wilder Penfield dans les années 1930, la bouche occupe une surface comparable à celle des deux mains. Une trentaine de muscles du visage se mobilisent pour un baiser, à commencer par l'orbiculaire qui ferme les lèvres. Et la tête penche : en observant des couples dans les aéroports et les gares, Onur Güntürkün a compté en 2003 que deux sur trois inclinent la tête à droite, un réflexe qui remonte à la position du fœtus.

Ce qui s'échange est chimique. Une petite étude américaine de 2009 a mesuré, après un baiser, une montée d'ocytocine chez les hommes et une baisse du cortisol chez tous ; une autre, la même année, a demandé à des couples de s'embrasser davantage pendant six semaines et a vu baisser leur stress et leur cholestérol. Le plus étonnant vient d'Amsterdam : en 2014, l'équipe de Remco Kort a fait s'embrasser des couples après avoir fait boire à l'un d'eux un yaourt aux bactéries traçables. Un baiser profond de dix secondes transfère environ quatre-vingts millions de bactéries, et les couples qui s'embrassent souvent finissent par partager la même flore buccale. Le baiser est un échange d'informations sur l'autre : son immunité, son odeur, sa santé.

Le baiser des lèvres fermé

Bouche close, pression légère, souvent le premier. Il dure une seconde ou une minute ; c'est lui que Rodin a sculpté.

Le baiser profond avec la langue

French kiss pour les Anglais, making out quand il s'installe. La langue touche, ne fouille pas ; les dents s'évitent.

Comment on s'y prendlentement, puis partout

  1. Approcher. Le regard sur la bouche, la tête qui s'incline, une pause à deux centimètres. Cette pause laisse à l'autre le temps de venir, ou pas.
  2. Commencer lèvres fermées. Une pression, les lèvres légèrement entrouvertes, la respiration par le nez. On sent avant d'agir.
  3. Ouvrir un peu. La langue effleure la lèvre de l'autre et attend la réponse. On suit son rythme plutôt que d'imposer le sien ; moins est presque toujours mieux.
  4. Quitter la bouche. La commissure, la mâchoire, le cou, le creux de l'oreille, la clavicule, le ventre : le baiser voyage. Chaque zone a sa réponse, on les écoute.
  5. Varier la durée. Le baiser volé d'une seconde en passant, le baiser qui ne finit pas : les deux se jouent, et l'alternance entretient le désir bien mieux que la répétition.

Les précautionsla bouche transmet

Une bouche propre. Brossage, langue comprise ; l'ail, le tabac et l'alcool se déclarent. L'haleine est la première chose que l'autre reçoit.
L'herpès attend. Un bouton de fièvre (HSV-1) se transmet par le baiser, et le virus peut se donner même sans lésion visible. Pendant une poussée, on embrasse ailleurs que la bouche.
Les infections voyagent. La mononucléose porte son surnom de « maladie du baiser » ; rhume, grippe, angine et Covid passent par la salive. Quand on est malade, on attend.
Les dents et la barbe. Dents qui cognent, barbe qui irrite la peau fine autour de la bouche : on ralentit, on change d'angle, on le dit.

Dans la cultureun marbre, une feuille d'or, une photographie truquée

Trois images du baiser ont fait le tour du monde. Le marbre de Rodin, où Paolo et Francesca, les amants damnés de Dante, se rejoignent sans que leurs bouches se touchent tout à fait ; la feuille d'or de Klimt, en 1907-1908, où l'homme embrasse la joue d'une femme aux yeux clos ; et le Baiser de l'hôtel de ville de Doisneau, en 1950, dont on apprit lors d'un procès, quarante ans plus tard, qu'il avait été posé par deux jeunes comédiens. Le baiser le plus célèbre de la photographie était une mise en scène ; il n'en a pas moins fait pleurer. Sheril Kirshenbaum en a tiré un livre entier, The Science of Kissing, en 2011.

À retenirLe baiser n'est pas universel, mais partout où il existe il fait la même chose : il renseigne. En dix secondes, la bouche, la zone la plus innervée du corps, échange des millions de bactéries et une décharge d'attachement.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Séduction, dans le Boudoir et le Donjon, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècesle Boudoir · 161 et le Donjon · 20
  • Gages écrits868 · 181 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodebandeau (yeux), alcool, gloss comestible
  • Mains nuesla plupart des gages

Trois gages : doux, hard, et un du Donjon

Léo, fais craquer le sourire de Chloé en utilisant uniquement tes lèvres sur son visage

Niveau 1 · Échauffement · le Boudoir · un couple
N1

Théo, assieds-toi. Adam, installe-toi face à Théo sur ses genoux, jambes autour de sa taille. Soudez vos bassins et allez au bout sans rompre le baiser.

Niveau 4 · Pénétration · le Boudoir · deux hommes
N4

Jade, embrasse les orteils d'Emma un par un. Camille, masse ses mollets au même rythme

Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon · deux femmes
N3

Léo, Chloé, Théo, Adam, Jade, Emma et Camille tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Baisers. Dans le milieu : Making out.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), alcool, gloss comestible. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 868 avec le jeu complet, dont les 20 racines du Donjon.

Voir aussi

Regards 320, Danse sensuelle 80, Caresses habillées 530, Rapprochements 396.

SourcesVâtsyâyana, Kama Sutra, livre II, chapitre sur les baisers (IIIe siècle environ) · Güntürkün, « Adult persistence of head-turning asymmetry », Nature, 2003 · Kort et al., « Shaping the oral microbiota through intimate kissing », Microbiome, 2014 · Jankowiak, Volsche & Garcia, « Is the romantic-sexual kiss a near human universal? », American Anthropologist, 2015

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Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €