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Lexique · Séduction · le Boudoir et le Donjon

Caresses habillées

« caresse », de l'italien carezza, dérivé de caro, « cher » : une marque de tendresse, entrée en français au XVIe siècle. Les Anglo-Saxons parlent de petting pour les caresses habillées, du verbe to pet, « cajoler », mot de la jeunesse américaine des années 1920.

Caresser l'autre à travers ce qu'il porte : une main sur la cuisse d'un jean, un dos sous la chemise, une poitrine sous le pull. Le vêtement ne protège pas, il filtre ; ce qui passe est plus lent, plus flou, et souvent plus troublant que la peau nue.

D'où vient le gestela sexualité ordinaire des siècles habillés

Pendant la plus grande partie de l'histoire, on ne se déshabillait pas, ou si peu : la caresse à travers l'étoffe était la sexualité ordinaire, celle des bals, des loges d'opéra, des voitures à cheval. La galanterie du XVIIIe siècle s'exerce sur le corset ; le XIXe empile les couches, jupons, crinolines, gants montant au coude, et transforme la moindre pression en événement. Une main posée sur une taille pendant la valse, à travers quatre épaisseurs, suffisait à faire rougir. Le vêtement ne bridait pas le désir : il en fixait l'échelle.

Le mot moderne vient des États-Unis. En 1920, Scott Fitzgerald décrit dans L'Envers du paradis les petting parties de la jeunesse dorée, et le pays s'alarme. Trente ans plus tard, Alfred Kinsey en fait une catégorie scientifique : le petting, caresses habillées ou demi-nues sans rapport, est chez les jeunes Américains de l'après-guerre l'étape la plus pratiquée du parcours amoureux, sur les banquettes des voitures et dans les cinémas en plein air. La France a eu ses surprises-parties et son slow. Aujourd'hui, la sexologie parle d'outercourse, « tout sauf », et en fait une pratique à part entière, pas une antichambre.

Ce qui se passe dans le corpsles fibres lentes et ce que l'étoffe retire

La peau possède, sur toutes ses zones velues, des fibres nerveuses qui ne servent qu'à une chose : la caresse. Identifiées chez l'humain par Håkan Olausson et ses collègues à Göteborg en 2002, ces fibres C tactiles, lentes et sans gaine, ne renseignent pas sur la forme ou la texture ; elles répondent à un frôlement lent, entre un et dix centimètres par seconde, à la température de la peau, et envoient le signal droit à l'insula, la région du cerveau qui traite les émotions. La vitesse d'une caresse aimée est d'environ trois centimètres par seconde, chez tous, mesurée en laboratoire. À travers un vêtement, la pression, la chaleur et le rythme passent ; le détail, lui, se perd.

C'est précisément là que la caresse habillée prend sa force. Le tissu retire l'information et laisse l'émotion : le cerveau, privé du détail, complète, imagine, anticipe. S'y ajoute un second contact, celui de l'étoffe elle-même qui glisse sur la peau sous la main : la couture d'un jean sur une cuisse, le coton d'un tee-shirt sur un téton, la soie d'une chemise dans un dos. Une main sur le vêtement en déplace la doublure, et c'est la doublure qui caresse.

Par-dessus la main sur l'étoffe

Le tissu est entre la main et la peau : pression, chaleur et rythme passent ; le reste se devine. La forme la plus discrète, faisable sous une table.

Par-dessous la main sous l'étoffe

La main entre sous le pull, le vêtement reste : la peau est nue mais cachée, et les yeux ne voient rien. Le tissu devient un bandeau.

Comment on s'y prendlentement, en descendant, sans déshabiller

  1. Commencer loin. L'épaule, le bras, le haut du dos, le genou : là où l'on toucherait un ami. La caresse habillée descend par paliers, et chaque palier est une question.
  2. Aller lentement. Trois centimètres par seconde, la vitesse des fibres lentes ; à travers le tissu, plus lentement encore. Une main qui court n'est pas une caresse, c'est une inspection.
  3. Faire travailler le tissu. Plutôt que de frotter le vêtement, le faire glisser sur la peau qu'il couvre : c'est la doublure qui caresse. Un pull qui remonte d'un centimètre, un jean qui tire.
  4. Chercher les ouvertures. Le poignet, la nuque, le col, le bas du dos où la chemise sort du pantalon : là où le vêtement bâille, la peau apparaît, et c'est là que la caresse s'attarde.
  5. Ne rien enlever. La règle du jeu : tout reste. La contrainte fait monter ce qu'un déshabillage dissiperait ; on garde le déshabillage pour une autre fois, ou pour tout à l'heure.

Les précautionsl'étoffe n'est pas un accord

Les zones se demandent. Une main sur un genou et une main sur un sein ne sont pas le même geste. La caresse monte par étapes, et l'autre peut arrêter à chacune, d'un mot ou d'une main posée sur la vôtre.
Le frottement irrite. Dentelle, lycra, coutures, boutons : frottés trop longtemps sur un téton ou une vulve, ils brûlent. On lit la peau, on change de zone, on ralentit.
Un vêtement ne dit rien. Un décolleté, une jupe courte, une chemise ouverte ne sont pas des invitations. Le consentement se dit ; l'étoffe ne le porte pas.
En public, les autres. La caresse habillée est la seule qui se fasse sous une table ou dans un train : à condition que personne n'en soit témoin malgré lui.

Dans la culturelà où le vêtement bâille

Roland Barthes a donné à la pratique sa phrase : « L'endroit le plus érotique d'un corps n'est-il pas là où le vêtement bâille ? » (Le Plaisir du texte, 1973) : la peau qui scintille entre le gant et la manche, entre le tricot et la ceinture. Le cinéma a compris avant lui. Dans Le Temps de l'innocence (Scorsese, 1993), Daniel Day-Lewis déboutonne le gant de Michelle Pfeiffer et embrasse l'intérieur de son poignet : la scène la plus charnelle d'un film où personne ne se déshabille. Dans In the Mood for Love (Wong Kar-wai, 2000), deux voisins mariés se frôlent pendant deux heures dans des robes fermées jusqu'au cou, et l'on n'a jamais tant désiré.

À retenirLe vêtement ne protège pas de la caresse : il la ralentit, la rend floue, et le cerveau complète. La zone la plus érotique n'est pas sous l'étoffe, elle est là où l'étoffe s'ouvre.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Séduction, dans le Boudoir et le Donjon, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 2.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècesle Boudoir · 125 et le Donjon · 9
  • Gages écrits530 · 134 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodebandeau (yeux), peinture corporelle, alcool
  • Mains nuesla plupart des gages

Trois gages : doux, hard, et un du Donjon

Léo et Jules, mettez le bandeau. Chloé, caresse le visage de Léo. Inès, caresse le visage de Jules.

Niveau 1 · Échauffement · le Boudoir · un couple
N1

Théo, pose tes pieds sur les genoux d'Adam et laisse Adam te délacer et te déchausser en caressant tes chevilles

Niveau 2 · Déshabillage · le Boudoir · deux hommes
N2

Jade, tiens les poignets d'Emma dans ton dos. Camille, provoque le ventre d'Emma du bout des doigts par-dessus le tissu.

Niveau 1 · Échauffement · le Donjon · deux femmes
N1

Léo, Jules, Chloé, Inès, Théo, Adam, Jade, Emma et Camille tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Caresses habillées.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 2, Déshabillage.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), peinture corporelle, alcool. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 530 avec le jeu complet, dont les 9 racines du Donjon.

Voir aussi

Regards 320, Danse sensuelle 80, Baisers 868, Rapprochements 396.

SourcesOlausson et al., « Unmyelinated tactile afferents signal touch and project to insular cortex », Nature Neuroscience, 2002 · Löken, Wessberg, Morrison, McGlone & Olausson, « Coding of pleasant touch by unmyelinated afferents in humans », Nature Neuroscience, 2009 · Kinsey, Pomeroy & Martin, Sexual Behavior in the Human Male, 1948 (chapitre sur le petting) · Roland Barthes, Le Plaisir du texte, 1973

Jouez-la ce soir

4 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 530 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €