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Lexique · Douleur · le Donjon

Électrostimulation

« électricité », du grec êlektron, « ambre », que les Anciens frottaient pour attirer des brins de paille ; « stimulation », du latin stimulus, l'aiguillon du bouvier. En jeu, e-stim ; l'objet emblématique s'appelle violet wand, « baguette violette ».

Faire passer un courant dans la peau : le crépitement violet d'une baguette qui frôle, le fourmillement d'électrodes collées, la contraction d'un muscle qu'on ne commande plus. Le courant ne touche pas la peau, il parle directement aux nerfs : c'est la seule pratique de cette salle qui court-circuite les mains.

D'où vient le gestedes grenouilles de Galvani aux rayons violets

L'histoire commence par des grenouilles. En 1791, Luigi Galvani décrit des cuisses de grenouille qui se contractent au contact de deux métaux et croit avoir trouvé une « électricité animale » ; son neveu Giovanni Aldini, en 1803, fait grimacer devant le public londonien le cadavre d'un pendu à coups de décharges. L'électrothérapie médicale naît de là et prospère tout le XIXe siècle. Dans les années 1890, le médecin français Paul Oudin dérive de la bobine de Tesla un résonateur à haute fréquence et haute tension ; appliqué à travers une électrode de verre, il produit une lueur violette et un picotement. C'est l'ancêtre direct de la baguette.

Au début du XXe siècle, ces « rayons violets » sont vendus par correspondance aux ménages comme remèdes à tout, de la calvitie aux rhumatismes, jusqu'à ce que la médecine les désavoue vers le milieu du siècle. Les communautés BDSM les récupèrent dans les brocantes et les rebaptisent violet wand. En parallèle, la neurologie met au point dans les années 1970 les appareils TENS, stimulateurs antidouleur à électrodes collées ; leurs boîtiers, puis des versions conçues pour le jeu, forment le second rameau de la pratique, l'e-stim.

Ce qui se passe dans le corpsla fréquence fait la sensation, l'intensité la force

Le courant fait ce qu'aucune main ne fait : il dépolarise directement les fibres nerveuses, sans passer par les récepteurs de la peau. Tout dépend alors de deux réglages. La fréquence décide de la sensation : basse, quelques impulsions par seconde, on sent des coups et des contractions musculaires ; élevée, un fourmillement continu, une vibration. L'intensité, en milliampères, décide de la force, du chatouillement à la douleur. La baguette violette est à part : très haute tension, courant minuscule, très haute fréquence, elle n'agit qu'à la surface, par une pluie de micro-étincelles qui sautent entre le verre et la peau, avec une odeur d'ozone.

Les appareils antidouleur reposent sur la théorie du portillon de Melzack et Wall (1965) : une stimulation électrique des fibres du toucher ferme la porte de la moelle aux signaux de douleur. En jeu, on retourne l'idée : le même courant, plus fort, ouvre la porte, et la contraction d'un muscle qu'on n'a pas commandée, cuisse ou périnée, s'ajoute au fourmillement. Le corps ne sait pas d'où vient l'ordre ; c'est ce qui trouble.

La baguette violette la surface

Électrode de verre, étincelles, lueur mauve, odeur d'ozone. Elle reste sur la peau et ne traverse pas le corps : la plus spectaculaire, la moins profonde.

Les électrodes la profondeur

Pads collés ou accessoires conducteurs reliés à un boîtier : le courant traverse ce qui est entre les deux pôles. Tout se joue sur leur emplacement.

Comment on s'y prendtester sur soi, monter cran par cran

  1. Poser la question du cœur. Pacemaker, défibrillateur implanté, troubles cardiaques, épilepsie, grossesse : on ne joue pas. La question se pose à voix haute avant de brancher.
  2. Tester sur soi. L'avant-bras, réglage au minimum, puis on monte cran par cran : on sait ce qu'on va donner avant de le donner.
  3. Baguette : loin d'abord, à travers un tissu. L'étincelle saute plus doucement à travers un drap fin ou en éloignant l'électrode ; on approche ensuite, sur le dos, les fesses, les cuisses.
  4. Électrodes : les deux pôles sous la ceinture. Cuisses, fesses, périnée, sexe avec des accessoires prévus pour : les deux électrodes proches l'une de l'autre, jamais de part et d'autre du tronc.
  5. Monter lentement, revenir à zéro. Le curseur monte cran par cran avec l'accord de l'autre ; entre deux zones, on revient à zéro avant de déplacer une électrode.

Les précautionsle cœur ne se traverse pas

Jamais à travers le thorax. Aucun courant de part et d'autre de la poitrine, aucune électrode sur le torse, le cou ou la tête : quelques dizaines de milliampères à travers le cœur suffisent à dérégler son rythme. Les deux pôles restent sous la taille.
Pacemaker et défibrillateur : jamais. Aucun appareil, baguette comprise : un courant, même faible, peut perturber l'implant. Troubles cardiaques, épilepsie, grossesse : on s'abstient aussi.
La baguette et le feu. L'étincelle enflamme les vapeurs d'alcool, les lubrifiants inflammables, les cheveux laqués : rien de tout cela sur la peau. Jamais sur les yeux, jamais sur un piercing ou un bijou en métal, qui concentre la décharge.
Le matériel de jeu, pas la boîte à outils. Boîtiers conçus pour le corps ou TENS médical, jamais de courant du secteur ni de montage maison ; pads propres, gel conducteur, jamais sur une peau lésée. Après, on retire lentement et on regarde la peau.

Dans la culturela table de Frankenstein

L'électricité est entrée dans l'imaginaire par la table de Frankenstein : le roman de Mary Shelley (1818) naît dans l'ombre des démonstrations galvaniques de son temps, et le cinéma a fixé l'image de l'éclair qui anime la chair. Les rayons violets ont été, au tournant du XXe siècle, l'un des objets les plus vendus des catalogues de santé, avant de devenir, dans les donjons, un instrument de spectacle : la lueur mauve dans le noir fait partie du plaisir. Le courant garde ce double visage, laboratoire et alcôve.

À retenirLe courant parle aux nerfs sans passer par la peau ; la fréquence fait la sensation, l'intensité la force. Les deux pôles restent sous la taille, jamais à travers le cœur, et jamais avec un implant cardiaque.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, le courant n'apparaît qu'au Donjon et tard dans la soirée, une fois les corps nus : la baguette ou les électrodes ne sortent que si l'objet a été déclaré à la table.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits27 · 9 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commoderoue à pics, électrostimulation, bandeau (yeux)
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, bande les yeux de Chloé et fais rouler la roue à pics sur son corps, Chloé doit deviner la zone suivante

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Théo, allonge-toi et laisse Adam appliquer l'électrostimulateur sur l'intérieur de tes cuisses, en variant les impulsions à son gré.

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Électrostimulation.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : roue à pics, électrostimulation, bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Pincements 141, Griffures 140, Morsures 166, Tirages (cheveux) 106, Torsions 79.

SourcesGalvani, De viribus electricitatis in motu musculari commentarius, 1791 · Mary Shelley, Frankenstein, 1818 · Melzack & Wall, « Pain Mechanisms: A New Theory », Science, 1965 · Sluka & Walsh, « Transcutaneous electrical nerve stimulation: basic science mechanisms and clinical effectiveness », Journal of Pain, 2003

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €