Lexique · Douleur · le Donjon
Pincements
angl. Nipple play
« pincer », du latin populaire pinctiare, croisement probable de punctiare, « piquer », et pictiare : serrer entre deux pointes. Algolagnie, le mot savant du plaisir dans la douleur, vient du grec algos, « douleur », et lagneia, « désir ».
Saisir un pli de peau ou un téton entre deux doigts et serrer : c'est la douleur la plus simple, celle qu'on connaît depuis la cour d'école. Entre les mains, ou avec une pince, elle devient une caresse à l'envers : brève, précise, qui réveille tout ce qu'elle touche.
D'où vient le gestede Krafft-Ebing à la pince à linge
Le mot savant vient de la clinique. En 1886, Richard von Krafft-Ebing publie Psychopathia Sexualis et y forge « sadisme » et « masochisme », d'après Sade et Sacher-Masoch. Six ans plus tard, en 1892, le médecin munichois Albert von Schrenck-Notzing propose un terme plus neutre, Algolagnie, pour dire simplement le plaisir lié à la douleur, sans le partager en deux camps. Le pincement est l'unité de base de cette famille : une douleur qu'on dose au gramme près et qui s'arrête dès qu'on ouvre les doigts.
Le geste est plus vieux que les mots. Le Kama Sutra de Vatsyayana, vers le IIIe siècle, consacre des chapitres entiers aux marques d'ongles et de dents et range les pressions et les prises parmi les gestes de l'étreinte. Les pinces à tétons, elles, sont sorties des ateliers des années 1970 : pinces à linge d'abord, puis pinces « crocodile » gainées de caoutchouc, pinces à vis réglables, pinces « trèfle » venues du Japon, qui serrent davantage quand on tire sur la chaîne. Le pincement est passé du doigt à l'objet sans changer de nature.
Ce qui se passe dans le corpsdeux fibres, un portillon
La peau contient des terminaisons nerveuses libres, les nocicepteurs, qui ne répondent qu'aux stimulations assez fortes pour menacer les tissus. Un pincement en réveille deux familles à la fois : les fibres A-delta, fines et myélinisées, transmettent en quelques dizaines de millisecondes une douleur vive et localisée, le premier cri ; les fibres C, lentes et nues, apportent une seconde vague sourde et diffuse, qui persiste après qu'on a lâché. La sensation de pincement est faite de ces deux temps : l'éclair, puis la chaleur.
Pourquoi n'est-ce pas seulement désagréable ? En 1965, Ronald Melzack et Patrick Wall publient dans Science la « théorie du portillon » : la moelle épinière filtre ce qui monte au cerveau, et les signaux du toucher peuvent fermer la porte à ceux de la douleur. Une caresse posée juste après le pincement change réellement ce qui est ressenti. S'y ajoutent les endorphines, opioïdes internes libérés sous l'effet d'un stress bref, et, pour le téton, une particularité : des travaux d'imagerie ont montré que sa stimulation active la même région du cortex sensoriel que celle des organes génitaux. Pincer un téton, pour le cerveau, n'est pas si loin de toucher ailleurs.
Les doigts l'instrument
Pouce et index, un pli de peau ou un téton, une pression qui monte puis se relâche. Dosable à l'infini, arrêtable en un quart de seconde.
Les pinces l'objet
Pince à vis, crocodile gainée, trèfle : une pression constante qu'on ne module plus. Le temps devient le réglage.
Comment on s'y prendprendre large, serrer lentement
- Convenir du mot. Un mot d'arrêt et une échelle simple, « plus » ou « moins » : la douleur se dose à deux, jamais à l'estime.
- Chauffer la peau. Caresser, frotter, embrasser la zone : une peau réchauffée et irriguée reçoit le pincement autrement qu'une peau froide.
- Prendre large, serrer lentement. Un pli de peau entre pouce et index, une pression qui monte sur trois ou quatre secondes, jamais un coup sec. La première fois, on lâche avant que l'autre le demande.
- Chercher les zones. Intérieur des bras et des cuisses, flancs, fesses, tétons en dernier : chaque endroit a son seuil, on le découvre ensemble.
- Poser une pince, compter le temps. Sur le téton, une pince réglée au plus lâche, quelques minutes, puis le retrait : le sang qui revient est la vraie sensation. On la prévoit, on caresse aussitôt.
Les précautionsle retour du sang
Dans la cultureun objet de mercerie
Le pincement est la douleur familière de la cour de récréation et des tendresses rustres : la joue pincée de l'enfant, le « pince-moi, je rêve ». La sexualité en a fait autre chose depuis Krafft-Ebing : la pince à tétons est devenue l'accessoire emblématique de l'iconographie fétichiste, sur les photographies de studio comme dans les catalogues. Sa force tient à son ambiguïté : un objet de mercerie, une pince à linge, y suffit, et la maison en est pleine.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, le pincement est un geste du Donjon : il apparaît dès l'échauffement, sur les bras ou les flancs, et se rapproche des tétons à mesure que la soirée avance. Le mot d'arrêt de la Charte vaut pour chaque doigt.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits141 · 48 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodepince à tétons, ventouses, poppers
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo et Chloé, pincez l'intérieur du bras de l'autre, doucement d'abord puis un cran de plus. Le premier qui retire son bras a perdu.
N1Théo, bande les yeux d'Adam, puis pose les pinces à tétons une par une sans prévenir
N3Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Pincements. Dans le milieu : Nipple play.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : pince à tétons, ventouses, poppers. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Griffures 140, Morsures 166, Tirages (cheveux) 106, Torsions 79, Électrostimulation 27.
SourcesKrafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886 · Schrenck-Notzing, Die Suggestions-Therapie bei krankhaften Erscheinungen des Geschlechtssinnes, 1892 (première apparition du terme Algolagnie) · Melzack & Wall, « Pain Mechanisms: A New Theory », Science, 1965 · Komisaruk et al., « Women's clitoris, vagina, and cervix mapped on the sensory cortex: fMRI evidence », Journal of Sexual Medicine, 2011