Lexique · Douleur · le Donjon
Tirages (cheveux)
trichophilie, n. · angl. Hair pulling
trichophilie, du grec thrix, trichos, « cheveu », et philia : l'attirance érotique pour la chevelure, dont le tirage n'est qu'une pratique. En anglais, hair pulling.
Saisir les cheveux de l'autre et tirer : une main dans la nuque qui oriente un baiser, une poignée près du crâne qui redresse une tête. Le geste est une prise autant qu'une douleur : qui tient les cheveux tient la direction du regard.
D'où vient le gestedu rapt à la nuque tenue
Les cheveux ont été, dans presque toutes les cultures, l'objet d'un interdit ou d'un dévoilement : voilés, coupés, tressés, dénoués pour une seule personne. Saisir la chevelure de quelqu'un a donc toujours été un geste chargé : celui des enlèvements de la peinture ancienne, où les Sabines de Poussin sont tirées par les cheveux, et celui, à l'inverse, de l'amant qui plonge la main dans une chevelure enfin défaite. Le français en garde une expression : une explication « tirée par les cheveux » est forcée, arrachée à son sens.
La pratique érotique moderne a recodé le geste. Dans les communautés BDSM, tirer les cheveux est rangé parmi les prises de contrôle plutôt que parmi les coups : une main fermée près du crâne dirige la tête, la maintient, la fait basculer, sans autre instrument que la poigne. Le cinéma l'a popularisé comme signe de passion brute, et les enquêtes récentes sur les fantasmes le placent parmi les gestes de « rudesse » les plus cités, précisément parce qu'il ne demande rien.
Ce qui se passe dans le corpscent mille racines et un cou
Un cuir chevelu porte de l'ordre de cent mille follicules, et chacun est enveloppé de terminaisons nerveuses, dites lancéolées, qui détectent le moindre mouvement de la tige. Tirer un seul cheveu concentre toute la force sur un follicule : douleur vive, cheveu arraché. Saisir une poignée entière au ras du crâne répartit la même force sur des milliers de racines : on sent la traction, la tension, la peau du crâne qui bouge, mais rien ne cède. C'est le principe de la pratique : plus la main est pleine et proche de la racine, moins elle fait mal et plus elle tient.
La traction réveille les nocicepteurs du cuir chevelu, mais la sensation dominante n'est pas là : elle vient du contrôle de la tête. Le cou suit la main, le regard est orienté, la nuque se cambre ; l'oreille interne enregistre le déplacement. Pour qui reçoit, c'est une perte de direction consentie ; pour qui tient, une prise sans effort. Le cuir chevelu est en outre l'une des zones les plus caressées de l'enfance : la main qui tire est aussi celle qui a peigné.
La nuque le premier geste
Les doigts qui glissent dans les cheveux à la base du crâne et se ferment : un baiser orienté, une tête retenue. Aucune douleur, tout le contrôle.
La poignée la prise
La main entière, à plat contre le crâne, qui se ferme et tire vers l'arrière ou le côté : la tête suit. Toujours près de la racine, jamais aux pointes.
Comment on s'y prenddiriger, pas arracher
- Ouvrir la main d'abord. Les doigts plongent dans la chevelure jusqu'à toucher le cuir chevelu, puis se ferment : on ne saisit pas les cheveux de l'extérieur, on les prend de l'intérieur.
- Tirer au ras du crâne. Le mouvement se fait près de la tête, sur quelques centimètres, dans le sens où le cou peut aller : arrière, côté. Jamais un coup sec.
- Diriger, pas arracher. Le but est d'orienter la tête, vers un baiser, vers le regard, vers le bas : la traction est constante et lente, la tête suit sans résistance.
- Lire le cou. Si la nuque se raidit, si les épaules montent : on relâche. La mesure est la souplesse du cou, pas le nombre de cheveux.
- Relâcher en place. On desserre les doigts sans retirer la main, puis on caresse le crâne : la peau qui a été tirée réclame la paume.
Les précautionsle cou décide
Dans la culturetenir le regard
Le cheveu tiré a deux visages dans l'imaginaire : la violence du rapt, des Sabines aux crêpages de chignon des vaudevilles, et la passion de l'amant qui saisit une nuque. La culture populaire du XXIe siècle a choisi le second : la main dans les cheveux est devenue, à l'écran comme dans les romans, le raccourci visuel de la passion qui déborde. La pratique, elle, dit surtout une chose : tenir la tête de quelqu'un, c'est tenir son regard.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, la main dans les cheveux est un geste du Donjon : elle oriente un baiser dès les premiers tours et devient une prise pleine dans la seconde moitié de la soirée.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits106 · 31 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodepoppers, gode ceinture
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, prends Chloé par les cheveux à poignée pleine et tourne sa tête vers le mur. Tiens la prise le temps de trois respirations.
N1Théo, tire les cheveux d'Adam pour exposer son cou et mords sa gorge en maintenant la tension
N4Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Tirages (cheveux), aussi appelée trichophilie. Dans le milieu : Hair pulling.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : poppers, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pincements 141, Griffures 140, Morsures 166, Torsions 79, Électrostimulation 27.
SourcesLi et al., « The functional organization of cutaneous low-threshold mechanosensory neurons », Cell, 2011 (terminaisons lancéolées des follicules) · Lehmiller, Tell Me What You Want, 2018 (enquête sur la fréquence des fantasmes de rudesse) · Nicolas Poussin, L'Enlèvement des Sabines, vers 1637-1638