Lexique · Douleur · le Donjon
Griffures
angl. Scratching
« griffe », de l'ancien haut allemand grîfan, « saisir » ; « griffer » est attesté au XVIe siècle. En anglais, scratching ; la marque, quand la peau est entamée, s'appelle en dermatologie une excoriation.
Faire glisser les ongles sur la peau, du frôlement qui hérisse au sillon rouge qui reste. La griffure est la seule douleur qui écrit : elle laisse des lignes, et le *Kama Sutra* leur avait donné des noms.
D'où vient le gestehuit figures dans le Kama Sutra
Le texte fondateur n'est pas européen. Le Kama Sutra, vers le IIIe siècle, contient un chapitre entier sur les marques d'ongles, nakhachchhedya : huit figures y sont décrites, la ligne, le demi-cercle, le cercle, la « patte de paon », le « saut du lièvre », la « feuille de lotus bleu », la « griffe de tigre ». Vatsyayana précise où l'on marque, les aisselles, la gorge, les seins, les cuisses, et pourquoi : la marque, revue quelques jours plus tard, ravive le désir, et celle qu'on aperçoit sur un autre corps commande le respect. Il exige des ongles propres, brillants, sans fissure.
L'Occident n'a rien codifié d'aussi précis. La griffure y appartient au registre de la passion qui déborde : le dos labouré des amants du roman et du cinéma, les ongles des héroïnes en colère. Les communautés BDSM contemporaines l'ont reprise comme une pratique de sensation à part entière, entre la plume et le fouet : le même ongle effleure, gratte ou marque selon la pression, et c'est cette échelle qui en fait un instrument.
Ce qui se passe dans le corpsla triple réponse de la peau
Sous l'ongle, la peau réagit en trois temps, décrits en 1927 par le physiologiste britannique Thomas Lewis : la triple réponse. D'abord une ligne rouge le long du trajet, par dilatation des capillaires ; puis, en une ou deux minutes, une rougeur qui s'étale autour, commandée par les nerfs ; enfin une légère surélévation, la papule, quand le plasma sort des vaisseaux. Chez certaines personnes, ce dernier temps est si marqué qu'on peut littéralement écrire sur elles : c'est le dermographisme, une peau qui garde le trait quelques dizaines de minutes.
La sensation elle-même dépend de la pression. Légère, elle réveille surtout les récepteurs du toucher et déclenche la chair de poule ; appuyée, elle atteint les nocicepteurs des fibres A-delta et C, avec la brûlure qui suit. Entre les deux existe un seuil que chaque peau place différemment, et que l'histamine libérée par les mastocytes rend mouvant : une zone déjà griffée devient plus sensible, ce qui explique que la seconde passe fasse plus d'effet que la première.
L'effleurement sans marque
Les ongles à plat, qui glissent : le frisson, la chair de poule, la nuque qui se tend. Aucune trace, tout le plaisir.
Le sillon la marque
L'ongle qui appuie sur une ligne : la peau rougit, gonfle, se souvient deux ou trois jours. C'est le sommet ; on n'ouvre jamais.
Comment on s'y prendeffleurer, gratter, marquer
- Préparer les ongles. Courts ou longs, mais lisses, propres, sans accroc ni vernis écaillé : c'est la seule condition du Kama Sutra, et elle est toujours valable.
- Commencer par l'effleurement. Les ongles à plat, du haut du dos aux reins, lentement : on observe la chair de poule, le souffle, avant d'appuyer.
- Choisir le trait. Une ligne longue le long de la colonne ou des cuisses, ou des courbes serrées sur les épaules : la forme change la sensation autant que la force.
- Appuyer par paliers. La pression monte sur une passe, redescend sur la suivante ; on regarde la peau rougir. Jamais un coup d'ongle sec.
- Convenir des marques. Griffer là où l'autre accepte de porter le trait : le dos, les fesses, le haut des cuisses. Les bras et le cou se voient au bureau.
Les précautionsle sillon, jamais l'entaille
Dans la culturele dos griffé
Vatsyayana l'avait compris avant tout le monde : la griffure est une signature. Deux mille ans plus tard, le dos griffé reste l'image même de la nuit réussie, dans les films, les romans et les chansons ; l'ongle rouge de la femme fatale, à Hollywood, en est la version dressée. La pratique érotique réunit ces deux figures : celle qui griffe écrit, celui qui porte la marque la relit le lendemain dans le miroir.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, les ongles sortent quand les vêtements tombent : le Donjon fait glisser puis appuyer, sur le dos d'abord, et laisse à chacun le choix des marques qu'il portera le lendemain.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits140 · 38 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodegriffe, roue à pics, poppers
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, retire la chemise de Chloé et déplie son bras. Remonte un seul ongle du poignet au pli du coude
N2Théo et Adam, griffez le corps de Nathan en partant chacun d'un côté, croisez vos tracés sur son torse
N4Léo, Chloé, Théo, Adam et Nathan tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Griffures. Dans le milieu : Scratching.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 2, Déshabillage. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : griffe, roue à pics, poppers. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pincements 141, Morsures 166, Tirages (cheveux) 106, Torsions 79, Électrostimulation 27.
SourcesVatsyayana, Kama Sutra, livre II, chapitre des marques d'ongles (trad. Burton & Arbuthnot, 1883) · Lewis, The Blood Vessels of the Human Skin and Their Responses, 1927 (la triple réponse) · Melzack & Wall, « Pain Mechanisms: A New Theory », Science, 1965