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Humiliation verbale, le dessin du jeu

Domination · le Donjon

Humiliation verbale

angl. Degradation, humiliation

Des mots qui rabaissent, prononcés parce qu'ils excitent : « salope », « chienne », « tu n'es bon qu'à ça ». L'humiliation verbale consentie prend les insultes du monde, les vide de leur pouvoir de nuire et les recharge en désir. C'est l'une des pratiques les plus fortes du Donjon, et l'une des plus négociées.

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 108 gages écrits
  • Le Donjon
  • Le jeu complet (le Donjon)
  • Sur la commode : uniforme, miroir

Trois gages, tels que je les sers

Tom, ordonne à Eva de se mettre à genoux et de décrire à voix haute ce que tu lui fais ressentir. Chaque hésitation remet la confession à zéro.
Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon
Tom, allonge-toi et laisse Eva te chevaucher. Dicte mot à mot la supplique et savoure chaque répétition
Niveau 4 · Pénétration · le Donjon
Tom, pénètre Eva face à face et exige un merci à chaque poussée. Eva, remercie à voix haute, avec le titre choisi
Niveau 4 · Pénétration · le Donjon

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

« humilier », du latin humiliare, « abaisser », lui-même de humus, « la terre » : humilier, c'est mettre à terre. Degradation en milieu, du latin gradus, « le degré » : faire descendre d'un rang.

Quand Krafft-Ebing décrit le masochisme dans Psychopathia Sexualis, il ne parle pas seulement de douleur : il parle du désir d'être soumis à la volonté d'une autre personne, traité en maître, humilié. L'humiliation est là dès le premier jour du mot. Le psychanalyste Theodor Reik, en 1941, a ajouté une pièce décisive : le masochiste n'est pas une victime, c'est un metteur en scène, qui écrit la scène de son abaissement et en choisit les mots. Le sociologue Roy Baumeister a proposé en 1988 une lecture plus simple encore : l'humiliation consentie est une évasion hors de soi, un repos de l'identité, de ses exigences et de son amour-propre.

II · Ce qui se passe dans le corps

La honte se voit : rougeur, regard baissé, chaleur au visage, envie de disparaître. Darwin lui a consacré un chapitre de L'Expression des émotions (1872), et tenait le rougissement pour la plus humaine de toutes les expressions, parce qu'elle suppose de penser à ce que l'autre pense de nous. Le mot blessant a un effet mesurable : en 2003, une équipe de Los Angeles a montré que l'exclusion sociale active des zones du cerveau qui traitent aussi la douleur physique. Les mots font mal, c'est prouvé ; l'humiliation consentie ne l'ignore pas, elle en fait sa matière.

Les trois colonnes

Les mots qui excitent, ceux qu'on veut essayer, ceux qui ne se disent jamais. Écrits avant, relus à froid. La liste change avec le temps.

Le retour

Après les mots qui abaissent, ceux qui relèvent, dits en clair : « C'était le jeu. Je te trouve magnifique. » Ils ne sont pas facultatifs.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Écrire les colonnes.À froid, chacun note les mots et les thèmes : ce qui excite, ce qu'on peut essayer, ce qui est interdit. Le corps, l'intelligence, le passé sont souvent dans la troisième colonne.
  2. 2Commencer par le ton.Un mépris tranquille dans la voix, avant tout mot fort : « Regarde-toi. » Le ton fait la moitié du travail, et se dose plus finement que le vocabulaire.
  3. 3Lire le corps.Rougeur, souffle, regard qui fuit ou qui cherche : on regarde où en est l'autre après chaque phrase, et on attend la réponse du corps avant de continuer.
  4. 4Monter, dans la liste.Les mots de la première colonne, puis, si tout va bien, un de la deuxième. Jamais un de la troisième, même excité, même demandé sur le moment.
  5. 5Relever.La scène finie, on le dit, et on renverse les mots : ce que l'on aime, ce qu'on admire, à voix claire. On reste, on tient, on écoute ce qui remonte.

IV · Les précautions

  • Jamais sur les vraies blessures. Le poids, une cicatrice, un échec, un traumatisme : rien de ce que l'autre porte déjà comme une douleur, sauf demande explicite et répétée à froid.
  • Jamais devant un tiers non consentant. L'humiliation devant d'autres est une pratique en soi, qui se négocie avec tout le monde présent, y compris ceux qui regardent.
  • Le retour est obligatoire. Un mot dégradant sans retour valorisant travaille dans la tête pendant des jours. L'après se fait le soir même, avec des mots, pas seulement des gestes.
  • Le drop, parfois à retardement. Une tristesse le lendemain, une gêne devant l'autre : c'est fréquent, cela se dit. Un message le matin suivant fait partie de la pratique. Pas d'alcool pour cette scène-là.

La Roue, à retenir

L'humiliation verbale consentie est une honte jouée dans la sécurité : des mots négociés en trois colonnes, un ton avant le vocabulaire, et un retour qui relève. Jamais sur une vraie blessure.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Humiliation verbale. Dans le milieu : Degradation, humiliation.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : uniforme, miroir, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Dans la même famille

Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

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