Lexique · Domination · le Donjon
Positions imposées
angl. Position training, posture protocol
« position », du latin positio, « action de poser ». En milieu, position training et posture protocol ; une part du vocabulaire numéroté vient des romans de Gor de John Norman (dès 1966), dont la position nadu, à genoux, cuisses ouvertes, mains sur les cuisses, a largement essaimé.
À genoux, mains derrière le dos, cuisses ouvertes, regard baissé : la position imposée est un ordre qui dure. Le corps de l'autre est disposé comme on le veut, et il tient la pose jusqu'à ce qu'on l'en libère.
D'où vient le gestedu genou du vassal à la position nadu
Toute hiérarchie s'est écrite avec des corps. À la cour des rois de Perse, on se prosternait devant le souverain ; l'hommage féodal se faisait à genoux, les mains du vassal jointes entre celles du seigneur ; et la cour de Louis XIV codifia jusqu'aux cinq positions des pieds, base de la danse classique qui les enseigne encore. L'armée, l'école, la danse : partout, apprendre une position, c'est apprendre sa place. L'anthropologue Marcel Mauss, dans « Les techniques du corps » (1934), a montré que même la façon de se tenir debout ou de s'asseoir est apprise, et diffère d'une société à l'autre.
Le jeu a repris ce code en le rendant explicite. La culture cuir de l'après-guerre avait déjà ses postures de présentation ; les romans de Gor, à partir de 1966, ont fourni un catalogue de positions nommées, dont certaines communautés ont fait un entraînement complet. Aujourd'hui, la plupart des couples qui pratiquent inventent leurs propres positions, trois ou quatre, avec un nom ou un numéro, et c'est le nom qui fait l'ordre : « Deux. » Et le corps se place.
Ce qui se passe dans le corpstenir la pose, sentir sa place
Tenir une position est un travail musculaire : sans mouvement visible, les muscles se contractent en continu, ce qu'on appelle un effort isométrique. Il chauffe, il fatigue vite, il tremble au bout de quelques minutes. Le sens qui permet de savoir où sont ses membres sans les regarder s'appelle la proprioception, un mot proposé par le physiologiste Charles Sherrington en 1906 ; en position imposée, ce sens est sollicité en permanence, parce que l'ordre est de ne pas bouger et que le corps veut bouger. L'attention se concentre sur soi-même comme rarement.
S'ajoute ce que la position raconte. Se tenir à genoux, regard baissé, mains offertes, place le corps dans une posture que toutes les cultures lisent comme une soumission, et le corps le lit aussi. Les recherches sur l'effet des postures sur l'humeur sont discutées, mais un point paraît solide : on se sent davantage dans un rôle quand on en tient la position. La pose fait entrer dans le jeu plus vite que n'importe quel mot.
À genoux la base
Un coussin sous les rotules, toujours : le sol nu abîme vite. Dos droit, mains sur les cuisses ou derrière le dos, pas plus de quelques minutes d'affilée.
Le collier de posture l'accessoire
Rigide et haut, il empêche de baisser la tête. Il se porte peu de temps, lâche à la gorge, jamais attaché à quoi que ce soit.
Comment on s'y prendtrois positions, un nom chacune
- Choisir peu de positions. Deux ou trois suffisent : une à genoux, une debout contre le mur, une allongée. Chacune reçoit un nom ou un chiffre.
- Montrer, puis faire refaire. La première fois, on place l'autre avec les mains : le menton, les épaules, les genoux. La deuxième fois, on dit le nom, et on regarde.
- Corriger d'un geste. Une main qui redresse le dos, qui écarte un genou : la correction fait partie du plaisir, elle dit que l'on regarde.
- Faire tenir, pas trop longtemps. Une position se tient quelques minutes, pendant qu'on fait autre chose : on parle, on se sert un verre, on touche. Le tremblement est un signe qu'il est temps.
- Libérer et détendre. « Repos. » On aide à se relever, on frotte les genoux, on étire. La libération est un cadeau, il se donne avec soin.
Les précautionsles articulations ne jouent pas
Dans la cultureles danseuses et les esclaves de Gor
Les positions imposées ont deux imaginaires. Le premier est celui de la discipline noble : les danseuses de Degas à la barre, les cadets au garde-à-vous, la geisha agenouillée qui sert le thé. Le second est celui des romans de Gor, où des femmes esclaves apprennent des positions numérotées : une saga de science-fiction très critiquée, dont une sous-culture a fait un système entier, avec ses rituels et son vocabulaire. Entre les deux, la chambre à coucher a pris ce qu'elle voulait : une pose, un nom, et le plaisir de voir l'autre s'y placer sans un mot.
Dans Intiimix
Une pratique de la salle Domination, dans le Donjon, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 4.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits259 · 67 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodepoppers, uniforme, bandeau (yeux)
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, relève une faute de Chloé et prononce la sanction : Chloé dos au mur, mains derrière la tête et sans droit de parole. Lève la sanction quand tu juges le pardon mérité.
N1Théo, laisse Adam te chevaucher pendant que tu sniffes du poppers, les bras écartés
N4Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Positions imposées. Dans le milieu : Position training, posture protocol.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : poppers, uniforme, bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Ordres verbaux 415, Interdictions 237, Punitions 263, Contrôle plaisir 434, Humiliation verbale 108, Servitude 55, Objectification 131.
SourcesNorman, Tarnsman of Gor, 1966 · Sherrington, The Integrative Action of the Nervous System, 1906 · Mauss, « Les techniques du corps », Journal de psychologie, 1936 (conférence de 1934) · Easton & Hardy, The New Topping Book, 2003