
Domination · le Donjon
Ordres verbaux
angl. Commands, protocol
Dire à l'autre ce qu'il doit faire, et qu'il le fasse : « Viens ici. » « Ne bouge plus. » « Regarde-moi. » L'ordre verbal est la forme la plus nue de la domination : aucun objet, aucune force, seulement une voix qui décide et un corps qui obéit parce qu'il l'a voulu.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 415 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : collier laisse, cravache
Trois gages, tels que je les sers
Eva, debout devant Tom : attends l'ordre. Tom, fais patienter Eva en silence puis ordonne un seul geste. Le plus simple possible, d'une voix qui ne se discute pas.
Tom, ordonne à Eva de se mettre à genoux et de décrire à voix haute ce que tu lui fais ressentir. Chaque hésitation remet la confession à zéro.
Tom, place-toi derrière Eva et pénètre Eva au rythme imposé, sans accélérer ni ralentir sauf sur commande explicite
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« ordre », du latin ordo, « rang, disposition » : l'ordre est d'abord ce qui range, puis ce qui commande. En milieu, on parle de commands et de protocol ; le couple D/s, pour Dominant/submissive, s'écrit avec une majuscule d'un côté et une minuscule de l'autre, et cette typographie est déjà un ordre.
En 1869, l'écrivain autrichien Leopold von Sacher-Masoch signe avec Fanny Pistor un contrat qui fait de lui son serviteur pour six mois : elle ordonne, il obéit, à condition qu'elle porte des fourrures. L'année suivante paraît La Vénus à la fourrure, où le héros dicte lui-même à Wanda les termes de sa soumission. En 1886, le psychiatre Richard von Krafft-Ebing publie Psychopathia Sexualis et, dans les éditions suivantes, forge le mot « masochisme » d'après le nom du romancier, encore vivant et furieux. Le philosophe Gilles Deleuze a relu tout cela en 1967 : chez Masoch, l'ordre vient d'en bas, c'est le soumis qui écrit le contrat et qui installe celle qui commandera. La domination verbale consentie tient dans ce paradoxe.
II · Ce qui se passe dans le corps
L'obéissance est une pente naturelle : en 1961, à Yale, Stanley Milgram demande à des volontaires d'infliger des chocs électriques à un inconnu sur simple injonction d'un homme en blouse ; près des deux tiers vont jusqu'au bout. L'expérience dit à quel point une voix qui ordonne pèse sur un corps, et pourquoi le jeu exige un consentement explicite en amont : la puissance de l'ordre est réelle, elle ne s'invente pas au moment où on l'utilise. La voix elle-même compte : des travaux ont montré qu'une voix plus grave est perçue comme plus dominante, ce qui ne signifie pas qu'il faut crier, mais qu'il faut poser.
Un mot qui n'a rien à faire dans la chambre, ou le code des feux : orange pour ralentir, rouge pour tout arrêter. Il prime sur n'importe quel ordre, toujours.
Une forme d'adresse imposée change tout le ton d'une conversation. Elle se convient avant, et se range après.
III · Comment on s'y prend
- 1Négocier avant de commander.Ce qui peut être ordonné, ce qui ne le sera jamais, le mot d'arrêt : trois minutes de conversation à voix normale, avant que la voix change.
- 2Commencer petit.« Approche. » « Assieds-toi là. » Les premiers ordres sont simples et faciles à exécuter : l'obéissance s'installe par la réussite.
- 3Poser la voix, ne pas crier.Un ordre se donne bas, lent, sans point d'interrogation. La phrase s'arrête net ; on ne la justifie pas.
- 4Attendre l'exécution.Après l'ordre, le silence : on regarde l'autre obéir jusqu'au bout, on ne passe pas au suivant avant. C'est là que l'attente travaille.
- 5Clore explicitement.« C'est fini, reviens. » La voix redevient celle de tous les jours, on dit ce qui a plu, on écoute ce qui a manqué.
IV · Les précautions
- Le oui vient avant. Obéir sur le moment n'est pas consentir : ce qui a été accepté à froid seul compte. Un ordre qui sort du cadre convenu se refuse sans explication.
- Le mot d'arrêt suspend tout. Il est dit, il est respecté à la seconde, sans discussion. Un dominant qui négocie le mot d'arrêt n'est plus dans le jeu.
- Aucun ordre irréversible. Rien qui engage la santé, l'argent, la vie hors de la chambre. Ni alcool imposé, ni message envoyé à un tiers, ni serrure sans clé accessible.
- Prévoir l'après. Le retour à l'état ordinaire peut être brusque : fatigue, vague à l'âme, parfois le lendemain. C'est le drop, il se prévient par un temps de tendresse et de mots simples.
La Roue, à retenir
L'ordre verbal n'a besoin de rien d'autre qu'une voix posée et un oui donné avant. Ce qui excite, c'est le temps entre la phrase et le geste.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Ordres verbaux. Dans le milieu : Commands, protocol.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : collier laisse, cravache, fouet. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.






