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Objectification, le dessin du jeu

Domination · le Donjon

Objectification

forniphilie · angl. Human furniture, objectification

Faire de l'autre une chose : une table, un repose-pieds, une lampe, une statue qui ne bouge pas. L'objectification érotique va au bout de la domination : le corps n'est plus un partenaire, il est un meuble, et il y consent avec toute son attention.

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 131 gages écrits
  • Le Donjon
  • Le jeu complet (le Donjon)
  • Sur la commode : gants latex, gode ceinture

Trois gages, tels que je les sers

Tom, teste la solidité de ton nouveau meuble : appuie sur le dos d'Eva, puis charge tout l'avant-bras. Le meuble ne plie pas
Niveau 1 · Échauffement · le Donjon
Tom, retire son prénom à Eva jusqu'à la fin de la partie. Désigne Eva par « ma chose » et rien d'autre : un prénom échappé, et ton prochain gage se corse
Niveau 3 · Préliminaires · le Donjon
Tom, sers de réceptacle à Eva dans la baignoire. Reste immobile pendant toute la scène, les bras le long du corps, le regard baissé.
Niveau 4 · Pénétration · le Donjon

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

forniphilie, mot forgé dans les années 1990 dans le milieu du bondage, qu'on rattache au latin fornix, « voûte, arcade » (les arcades de Rome où se tenaient les prostituées, d'où forniquer), croisé avec l'anglais furniture. En milieu : human furniture, objectification.

Le mythe fondateur est celui de Pygmalion, dans les Métamorphoses d'Ovide : un sculpteur aime sa statue au point que Vénus lui donne vie. L'objectification érotique fait le chemin inverse : l'être vivant devient statue, ou meuble, et c'est ce passage qui excite. Les sexologues ont un mot pour l'attirance envers les statues, l'agalmatophilie, et les cabinets de curiosités du XVIIIe siècle regorgeaient d'automates ; mais c'est l'art contemporain qui a donné à la pratique son image définitive.

II · Ce qui se passe dans le corps

Être un meuble, c'est d'abord ne pas bouger. L'immobilité volontaire est un effort : les muscles posturaux tiennent en continu, le sens de la position du corps travaille sans relâche, et la moindre envie de se gratter devient un événement. Le pratiquant décrit souvent un rétrécissement de l'attention : plus de conversation à suivre, plus de désir à exprimer, seulement une surface à tenir. C'est la forme la plus radicale de ce que Baumeister appelait l'évasion hors de soi : on n'est plus quelqu'un, on est quelque chose, et pour certains, ce repos est vertigineux.

Le meuble

À quatre pattes, dos plat, le poids réparti sur les genoux et les avant-bras. On y pose un verre ou un livre, jamais son propre poids ; la colonne ne porte rien.

La statue

Debout ou assise, figée dans une pose choisie. Rien à porter, seulement l'immobilité et le regard des autres, qui suffit à beaucoup.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Choisir l'objet.Table, repose-pieds, porte-manteau, lampe, statue : l'objet dit la position et la charge. On commence par le plus léger, la statue ou le porte-manteau.
  2. 2Installer.Coussins sous les genoux, tapis, plateau si l'on pose quelque chose. Le corps se place, et on l'ajuste comme on placerait un meuble : sans lui parler.
  3. 3Lui donner une fonction.Un verre posé, un manteau accroché, un pied sur le dos. La fonction fait l'objet : sans elle, c'est une pose ; avec, c'est un meuble.
  4. 4L'ignorer, puis s'en servir.On parle d'autre chose, on lit, on se sert. Le meuble n'est pas regardé, et c'est ce qui le trouble ; puis on le regarde, et c'est pire.
  5. 5Rendre le nom.« Tu redeviens toi. » On retire ce qui est posé, on aide à se relever, on frotte les membres engourdis, et on prononce son prénom.

IV · Les précautions

  • Jamais de poids sur la colonne ni la nuque. Un verre, un livre, un pied sans appui : oui. S'asseoir, se tenir debout, appuyer sur les vertèbres : jamais. Le dos humain n'est pas une planche.
  • Le temps et la circulation. Cinq à dix minutes dans une pose, puis on change. Fourmillements, membre froid ou pâle : on rend le nom sans attendre.
  • Un signal sans mots. L'objet ne parle pas, par jeu : le signal d'arrêt est un objet lâché, un coup au sol, un geste convenu de la main. Il vaut mot d'arrêt.
  • Rendre la personne. Sortir de l'état d'objet peut laisser flottant ou triste. On prononce le prénom, on regarde dans les yeux, on parle de soi à l'autre : le retour est une étape de la pratique.

La Roue, à retenir

L'objectification érotique transforme un partenaire en meuble ou en statue, avec sa fonction et son immobilité. Jamais de poids sur le dos, un signal sans mots, et le prénom rendu à la fin.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Objectification, aussi appelée forniphilie. Dans le milieu : Human furniture, objectification.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : gants latex, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Dans la même famille

Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

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