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Lexique · Domination · le Donjon

Objectification

forniphilie, n. · angl. Human furniture, objectification

forniphilie, mot forgé dans les années 1990 dans le milieu du bondage, qu'on rattache au latin fornix, « voûte, arcade » (les arcades de Rome où se tenaient les prostituées, d'où forniquer), croisé avec l'anglais furniture. En milieu : human furniture, objectification.

Faire de l'autre une chose : une table, un repose-pieds, une lampe, une statue qui ne bouge pas. L'objectification érotique va au bout de la domination : le corps n'est plus un partenaire, il est un meuble, et il y consent avec toute son attention.

D'où vient le gestede Pygmalion aux meubles d'Allen Jones

Le mythe fondateur est celui de Pygmalion, dans les Métamorphoses d'Ovide : un sculpteur aime sa statue au point que Vénus lui donne vie. L'objectification érotique fait le chemin inverse : l'être vivant devient statue, ou meuble, et c'est ce passage qui excite. Les sexologues ont un mot pour l'attirance envers les statues, l'agalmatophilie, et les cabinets de curiosités du XVIIIe siècle regorgeaient d'automates ; mais c'est l'art contemporain qui a donné à la pratique son image définitive.

En 1969, le sculpteur pop britannique Allen Jones expose Hatstand, Table et Chair : trois mannequins féminins en fibre de verre, en tenue fétichiste, transformés en porte-manteau, en table basse et en chaise. Le scandale est immédiat et durable ; des meubles inspirés de ces pièces décorent le Korova Milk Bar d'Orange mécanique de Kubrick (1971), et l'une des sculptures fut attaquée dans une galerie londonienne au milieu des années 1980. Le milieu du bondage, dans les années 1990, a donné un nom au jeu qui met un corps réel à la place du mannequin : la forniphilie.

Ce qui se passe dans le corpsl'immobilité comme état

Être un meuble, c'est d'abord ne pas bouger. L'immobilité volontaire est un effort : les muscles posturaux tiennent en continu, le sens de la position du corps travaille sans relâche, et la moindre envie de se gratter devient un événement. Le pratiquant décrit souvent un rétrécissement de l'attention : plus de conversation à suivre, plus de désir à exprimer, seulement une surface à tenir. C'est la forme la plus radicale de ce que Baumeister appelait l'évasion hors de soi : on n'est plus quelqu'un, on est quelque chose, et pour certains, ce repos est vertigineux.

La philosophie a longuement décrit ce que le regard fait à un corps réduit à sa fonction. Martha Nussbaum, en 1995, a listé sept manières d'objectifier une personne, dont l'instrumentalité, l'inertie et le déni de subjectivité, et remarqué qu'entre deux personnes qui se respectent, certaines d'entre elles peuvent être jouées sans dommage. Le jeu tient tout entier dans ce « jouées » : le meuble sait qu'il est regardé, et celui qui pose son verre dessus sait qu'il tient, sous le plateau, une personne qui a choisi.

Le meuble avec charge

À quatre pattes, dos plat, le poids réparti sur les genoux et les avant-bras. On y pose un verre ou un livre, jamais son propre poids ; la colonne ne porte rien.

La statue sans charge

Debout ou assise, figée dans une pose choisie. Rien à porter, seulement l'immobilité et le regard des autres, qui suffit à beaucoup.

Comment on s'y prendun objet, une fonction, un nom rendu

  1. Choisir l'objet. Table, repose-pieds, porte-manteau, lampe, statue : l'objet dit la position et la charge. On commence par le plus léger, la statue ou le porte-manteau.
  2. Installer. Coussins sous les genoux, tapis, plateau si l'on pose quelque chose. Le corps se place, et on l'ajuste comme on placerait un meuble : sans lui parler.
  3. Lui donner une fonction. Un verre posé, un manteau accroché, un pied sur le dos. La fonction fait l'objet : sans elle, c'est une pose ; avec, c'est un meuble.
  4. L'ignorer, puis s'en servir. On parle d'autre chose, on lit, on se sert. Le meuble n'est pas regardé, et c'est ce qui le trouble ; puis on le regarde, et c'est pire.
  5. Rendre le nom. « Tu redeviens toi. » On retire ce qui est posé, on aide à se relever, on frotte les membres engourdis, et on prononce son prénom.

Les précautionsun meuble qui ne peut pas parler

Jamais de poids sur la colonne ni la nuque. Un verre, un livre, un pied sans appui : oui. S'asseoir, se tenir debout, appuyer sur les vertèbres : jamais. Le dos humain n'est pas une planche.
Le temps et la circulation. Cinq à dix minutes dans une pose, puis on change. Fourmillements, membre froid ou pâle : on rend le nom sans attendre.
Un signal sans mots. L'objet ne parle pas, par jeu : le signal d'arrêt est un objet lâché, un coup au sol, un geste convenu de la main. Il vaut mot d'arrêt.
Rendre la personne. Sortir de l'état d'objet peut laisser flottant ou triste. On prononce le prénom, on regarde dans les yeux, on parle de soi à l'autre : le retour est une étape de la pratique.

Dans la culturequand l'artiste devient l'objet

L'art du XXe siècle a beaucoup interrogé ce que l'on fait d'un corps offert. Dans Cut Piece (1964), Yoko Ono s'assied et laisse le public découper ses vêtements ; dans Rhythm 0 (1974), Marina Abramović se tient immobile six heures durant, avec soixante-douze objets à disposition des spectateurs, et la performance dérive vers la violence. Ces deux œuvres disent en creux ce qui distingue la forniphilie : un consentement borné, un partenaire connu, un signal, et un prénom rendu à la fin. Les meubles d'Allen Jones sont en fibre de verre ; ceux du Donjon ont un cœur qui bat, et c'est toute la différence.

À retenirL'objectification érotique transforme un partenaire en meuble ou en statue, avec sa fonction et son immobilité. Jamais de poids sur le dos, un signal sans mots, et le prénom rendu à la fin.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Domination, dans le Donjon, qui entre au niveau 1, Échauffement, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits131 · 35 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodegants latex, gode ceinture
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, fais de Chloé ton mannequin : ajuste sa tenue pièce par pièce et recompose la silhouette à ton goût. Chloé, ne sois qu'un support

Niveau 1 · Échauffement · un couple
N1

Théo, allonge-toi dans la baignoire et laisse Adam s'accroupir au dessus de toi. Accepte tout ce qu'Adam décide de te donner.

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Objectification, aussi appelée forniphilie. Dans le milieu : Human furniture, objectification.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : gants latex, gode ceinture. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Ordres verbaux 415, Positions imposées 259, Interdictions 237, Punitions 263, Contrôle plaisir 434, Humiliation verbale 108, Servitude 55.

SourcesOvide, Les Métamorphoses, livre X (Pygmalion) · Nussbaum, « Objectification », Philosophy & Public Affairs, 1995 · Allen Jones, Hatstand, Table, Chair, 1969 (Tate) · Fredrickson & Roberts, « Objectification Theory », Psychology of Women Quarterly, 1997

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €