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Lexique · Exhibition / Voyeurisme · le Boudoir

Strip-tease

De l'anglais strip, « dépouiller, déshabiller », et tease, « taquiner, faire languir » : le mot naît aux États-Unis vers 1930, dans les théâtres burlesques. En 1940, le journaliste H. L. Mencken propose ecdysiast, forgé sur l'ecdysis, la mue des serpents et des insectes ; le mot amuse, le strip-tease reste.

Se déshabiller pour être vu, en prenant son temps : un vêtement après l'autre, en musique ou en silence, avec le regard de l'autre pour seul partenaire. Le strip-tease n'est pas la nudité : c'est le chemin qui y mène, et la promesse qu'on tient à distance.

D'où vient le gestede Salomé aux frères Minsky

Le geste est plus ancien que le mot. La danse des sept voiles de Salomé, telle que la fixe Oscar Wilde en 1893 puis l'opéra de Richard Strauss en 1905, en est la scène fondatrice : une femme retire ses voiles un à un devant un homme qui a tout promis pour la voir. À Paris, au milieu des années 1890, Le Coucher d'Yvette montre au music-hall une jeune femme qui se déshabille pour aller au lit ; le numéro fait scandale et école, et le cinéma naissant le reprend dès 1896 dans Le Coucher de la mariée.

L'Amérique en fait un art. Dans les années 1920 et 1930, les théâtres burlesques des frères Minsky, à New York, inventent le strip-tease moderne : un numéro construit, avec un rythme et une chute. Gypsy Rose Lee, sa reine, retire moins de vêtements que les autres et parle davantage : elle lit, elle plaisante, elle fait attendre. En 1937, le maire La Guardia fait fermer les salles de burlesque de la ville ; le genre émigre, puis renaît à Paris en 1951 avec le Crazy Horse d'Alain Bernardin, cabaret qui fait de la lumière et de la chorégraphie l'essentiel du numéro.

Ce qui se passe dans le corpsla récompense qu'on annonce

Ce que le strip-tease excite, c'est le système de la récompense attendue. Les travaux de Wolfram Schultz, dans les années 1990, ont montré que les neurones à dopamine s'activent moins à la récompense elle-même qu'au signal qui l'annonce, et d'autant plus que l'issue reste incertaine. Un vêtement qui descend puis remonte, une bretelle qui hésite, c'est exactement cela : une promesse relancée. Le corps de celui qui regarde répond avant qu'il n'y ait rien à voir : pupilles dilatées, rythme cardiaque qui monte, attention entièrement captée.

Celui qui se déshabille n'est pas en reste. Se sentir regardé provoque une activation du système nerveux autonome, et ce trac peut basculer en excitation : c'est le même mélange d'adrénaline et d'exposition que sur une scène. La musique y ajoute son tempo, qui règle les gestes et empêche de se presser. Le strip-tease est une des rares pratiques où le plaisir est réciproque sans qu'il y ait contact : chacun est excité par l'excitation de l'autre.

Le gant l'accessoire

Un gant long qu'on retire doigt par doigt, comme Rita Hayworth dans Gilda : le strip-tease le plus habillé qui soit, et l'un des plus efficaces.

La pièce gardée la règle

Talons, chemise ouverte, un bas : ce qu'on ne retire pas rappelle qu'il y avait un vêtement. La nudité complète clôt le numéro ; on la fait attendre.

Comment on s'y prendun tempo, un spectateur, une pièce à la fois

  1. Choisir la musique. Un morceau lent, qu'on connaît, de trois à quatre minutes : il donne le tempo et interdit de se presser. La lumière basse, une lampe plutôt que le plafonnier.
  2. Installer le spectateur. Assis, à deux ou trois mètres, les mains pour lui-même : il regarde, il ne touche pas tant qu'on ne l'y invite pas. C'est la règle du numéro.
  3. Commencer habillé, et de dos. Les premiers gestes ne retirent rien : une main dans les cheveux, une hanche, un regard par-dessus l'épaule. Le corps se montre avant de se découvrir.
  4. Une pièce à la fois. Boutons un à un, bretelle qu'on fait glisser puis qu'on remonte, vêtement qu'on retire dos tourné pour se retourner ensuite. Chaque pièce quitte le corps lentement et tombe loin.
  5. Finir sans finir. Garder une pièce, s'approcher, laisser toucher ou pas. Le strip-tease ne s'achève pas sur la nudité : il s'achève quand on le décide.

Les précautionsl'aplomb vaut mieux que la technique

Le rire est permis. Un soutien-gorge qui résiste, un pantalon qui accroche la cheville : on rit, on continue. Le numéro parfait n'existe pas ; le vrai charme est dans l'aplomb.
Des vêtements qui s'enlèvent. On choisit avant ce qu'on porte : pas de body à pressions, de bottes lacées ni de collants trop serrés. On s'entraîne seul une fois, devant un miroir.
Le corps qu'on a. Personne n'est obligé de se déshabiller devant qui que ce soit, et celui qui regarde ne commente que pour désirer. Un mot moqueur, et la pratique est finie pour longtemps.
Ni téléphone ni fenêtre. Aucune image sans accord explicite, et les rideaux tirés : le spectateur est celui qu'on a choisi, pas la rue.

Dans la culturedeux gants et une usine de Sheffield

Gypsy Rose Lee a fait du strip-tease une littérature : ses mémoires, Gypsy (1957), sont devenus une comédie musicale de Broadway dont Stephen Sondheim écrit les paroles. Le cinéma a fixé deux gants : celui de Rita Hayworth dans Gilda (1946), qu'elle retire sur Put the Blame on Mame sans rien montrer d'autre, et celui de Kim Basinger dans 9 semaines ½ (1986), sur You Can Leave Your Hat On de Joe Cocker, la scène de strip-tease la plus copiée des chambres à coucher. The Full Monty (1997) rend le numéro aux hommes, ouvriers de Sheffield au chômage, et prouve que le strip-tease est d'abord une affaire de courage.

Depuis les années 1990, le néo-burlesque, avec Dita Von Teese en figure de proue, a ramené la pratique à sa source : l'humour, le costume, la maîtrise du temps. Au Crazy Horse, la lumière habille les corps mieux que les tissus. Partout, la leçon est la même : ce n'est pas ce qu'on retire qui compte, c'est comment.

À retenirLe strip-tease ne montre pas la nudité, il la fait attendre : chaque vêtement est une promesse qu'on tient à distance. Tempo, regard et une pièce gardée valent mieux que toute technique.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, le strip-tease vit surtout au niveau du Déshabillage, où chaque vêtement retiré compte, et déborde sur les Préliminaires quand le numéro s'achève de plus près. Le jeu impose le tempo : la musique, la distance, les mains du spectateur pour lui-même. À plusieurs, le public est plus large et le trac plus grand.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Boudoir
  • Gages écrits82 · 13 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Chloé, déroule ton foulard en tournant sur toi-même et laisse tomber le tissu au sol en fixant Léo du regard

Niveau 2 · Déshabillage · un couple
N2

Théo, offre à Adam une danse érotique en guise de punition : bouge lentement, caresse ton propre corps et approche-toi au plus près sans jamais la toucher

Niveau 3 · Préliminaires · deux hommes
N3

Chloé, Léo, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Strip-tease.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 2, Déshabillage. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun : la pratique se joue mains nues.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 82 avec le jeu complet.

Voir aussi

Se masturber devant 98, Être regardé 262, Regarder 62, Jeu du photographe 44, Positions exposées 81, Verbalisation / Description 49, Devant tout le monde 24.

SourcesGypsy Rose Lee, Gypsy: A Memoir, 1957 · Rachel Shteir, Striptease: The Untold History of the Girlie Show, Oxford University Press, 2004 · Schultz, Dayan & Montague, « A neural substrate of prediction and reward », Science, 1997 · Charles Vidor, Gilda, 1946 ; Adrian Lyne, 9 semaines ½, 1986 ; Peter Cattaneo, The Full Monty, 1997

Jouez-la ce soir

4 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 82 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €