
Exhibition / Voyeurisme · le Boudoir et le Donjon
Verbalisation / Description
Dire à voix haute ce qu'on fait, ce qu'on voit, ce qu'on sent et ce qu'on veut : le sexe raconté pendant qu'il a lieu. Le *dirty talk* du milieu couvre toute la gamme, du murmure descriptif à l'ordre cru ; la pratique tient dans le passage du geste au mot.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 57 gages écrits
- Le Boudoir et le Donjon
- 4 gages dans l'essai gratuit
Trois gages, tels que je les sers
Tom, les yeux fermés, détaille de mémoire la tenue d'Eva : chaque pièce, chaque couleur. Eva, corrige à voix haute
Tom, caresse Eva devant le groupe, en spectacle assumé. Le public commente la prestation à voix haute
Tom, approche tes lèvres de l'oreille d'Eva et murmure exactement ce que tu comptes lui faire ce soir. Eva, reste parfaitement immobile.
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
« verbaliser », du latin verbum, « la parole » : mettre en mots. Le milieu dit dirty talk, « parler sale », ce que le français rend par « parler cru » : les mots que la langue commune tient à l'écart.
Le sexe parlé a une littérature immense, de Martial à Rabelais et à Sade, mais elle se lisait en silence. Les mots dits pendant l'acte n'ont laissé de traces qu'à la faveur de correspondances : en décembre 1909, James Joyce écrit à sa compagne Nora Barnacle une série de lettres d'une crudité absolue, où il décrit ce qu'il veut lui faire et ce qu'il lui demande de dire ; publiées en 1975, elles restent le plus grand exemple de dirty talk écrit par un écrivain. Le mot cru a toujours cherché l'oreille.
II · Ce qui se passe dans le corps
L'oreille est branchée directement sur l'imagination. Dès 1977, la psychologue Julia Heiman mesurait les réponses génitales de femmes et d'hommes qui écoutaient des récits érotiques enregistrés : les récits explicites déclenchaient chez les deux une excitation nette, plus forte que les récits romantiques sans détails. Le mot cru n'a pas besoin d'image : il en fabrique une, et le corps y répond comme à une scène vue.
« Je vois tes mains trembler », « tu es trempée », « ton sexe durcit sous ma paume » : dire ce qui a lieu. Le degré le plus simple, souvent le plus fort.
« Ouvre les jambes », « dis-moi ce que tu veux » : le mot précède le geste, ou le réclame. Le registre monte avec l'excitation.
III · Comment on s'y prend
- 1Convenir des mots.Avant, hors du lit, on dit ce qu'on aime entendre et ce qu'on refuse : tel mot pour le sexe, telle insulte exclue, tel prénom. La liste évolue ; elle existe.
- 2Commencer par décrire.Ce qu'on voit, ce qu'on touche, ce que le corps de l'autre fait : des phrases courtes, au présent. Décrire ne demande aucune audace, et tout le reste en découle.
- 3Dire ce qu'on ressent.« J'ai chaud là », « je vais jouir si tu continues » : passer de l'autre à soi. C'est l'aveu qui excite le plus l'autre, parce qu'il l'informe.
- 4Poser des questions.« Tu aimes ? », « où ? », « plus fort ? » : la question oblige à répondre, et la réponse est déjà de la verbalisation. À deux voix, la pratique tient toute seule.
- 5Monter le registre, ou pas.Passer du descriptif au cru, à l'ordre, au surnom convenu, si les deux le veulent. Le murmure vaut le cri ; l'important est de ne pas se taire.
IV · Les précautions
- Les mots blessent plus vite que les mains. Une insulte non convenue, une comparaison, un mot qui rappelle un autre : le lit n'efface rien. Ce qu'on n'a pas discuté avant, on ne l'improvise pas.
- Le rire n'est pas un échec. Une phrase qui tombe à plat, un mot qui sonne faux : on rit, on reprend. La verbalisation s'apprend comme une langue, avec des maladresses.
- Les murs ont des oreilles. Voisins, enfants, colocataires : le mot cru dit fort sort de la chambre. On baisse la voix, ou l'on choisit ses heures.
- Le silence est un droit. Celui qui ne trouve pas ses mots n'est pas obligé de parler ; « chut » est aussi un mot. La pratique ne se force pas.
La Roue, à retenir
Le mot cru fabrique une image et le corps y répond comme à une scène vue ; il mobilise l'émotion, pas la politesse. On convient des mots avant, on commence par décrire, et l'on ne se force jamais.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Verbalisation / Description.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
- Quels accessoires ?
- Aucun : la pratique se joue mains nues.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Oui, 4 gages, jusqu'au déshabillage. Les 57 avec le jeu complet, dont les 6 racines du Donjon.
Dans la même famille
L'essai gratuit ouvre les deux premiers niveaux, jusqu'au déshabillage. Le jeu complet ouvre tout, une fois pour toutes.






