Lexique · Fétichisme · le Donjon
Chaussures / Talons
rétifisme, n. · angl. Shoe play, heel worship
rétifisme, du nom de Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne (1734-1806), écrivain qui avoua dans ses mémoires sa passion pour les petits souliers ; stiletto, « petit poignard » en italien, nomme le talon aiguille des années 1950.
Le désir qui se fixe sur la chaussure : l'escarpin, la botte, la sandale, le talon aiguille. Portée, tenue, léchée, gardée au pied pendant l'amour ou seule sur une chaise : la chaussure est un fétiche qui n'a pas besoin du corps pour exister.
D'où vient le gesteRétif, Louis XIV et le talon aiguille
Le talon est né pour les hommes. Les cavaliers persans le portent au XVIe siècle pour caler le pied dans l'étrier ; les cours d'Europe l'adoptent, et Louis XIV en fait un privilège : dans le portrait de Hyacinthe Rigaud (1701), le roi pose en talons rouges, couleur réservée à la noblesse. La chaussure féminine ne prend le talon qu'ensuite, et le garde quand les hommes l'abandonnent, au XVIIIe siècle, avec la mode du naturel.
C'est ce siècle qui donne son nom à la pratique. Rétif de la Bretonne, imprimeur et romancier prolifique, raconte dans Monsieur Nicolas (1794-1797) une vie entière tournée vers les petits pieds et les mules de ses maîtresses ; Le Pied de Fanchette (1769) est le premier roman où une chaussure est le personnage principal. La sexologie du XXe siècle lui rendra hommage en baptisant rétifisme le fétichisme de la chaussure. Le talon aiguille, lui, arrive au début des années 1950, quand une tige d'acier permet enfin un talon fin : Roger Vivier chez Dior et Salvatore Ferragamo en signent les premiers modèles.
Ce qui se passe dans le corpsce que le talon fait à la démarche
Le talon haut change le corps qui le porte : il cambre les reins, pousse la poitrine en avant et les fesses en arrière, tend le mollet, raccourcit le pas et fait rouler les hanches. En 2013, une équipe de l'université de Portsmouth a filmé des femmes marchant avec et sans talons, réduites à des points lumineux sur les articulations : les observateurs jugeaient la démarche en talons plus féminine, sans même voir la chaussure. Le talon est un amplificateur : il exagère ce que la marche dit déjà.
Et puis il y a la chaussure elle-même : le cuir qui sent, le verni qui brille, le claquement sur le sol, la cheville qu'elle dessine et le pied qu'elle cache. Le fétichiste tient souvent à la chaussure vide autant qu'à la chaussure portée : elle garde la forme du pied, sa chaleur, son odeur. Binet notait déjà en 1887 que l'objet peut se suffire ; c'est la définition même du fétiche.
L'escarpin porté
Gardé au lit, léché, retiré avec la bouche : la chaussure fait partie du corps de l'autre.
La botte l'autorité
Haute, lacée, cirée : elle se sert à genoux. La botte est la chaussure du Donjon, et le cirage son rituel.
Comment on s'y prendà genoux, d'abord
- Choisir la paire ensemble. Celle que l'autre porte volontiers, propre, dont la semelle n'a pas seulement connu la rue.
- Regarder la marche. Quelques pas dans la pièce, rien d'autre. La démarche est déjà la pratique.
- Retirer, ou ne pas retirer. Ôter la chaussure lentement, à la main ou avec la bouche ; ou la laisser pendant tout le reste. Les deux camps existent, on demande.
- Servir la chaussure. Lacer, cirer, embrasser le bout, lécher le talon : celui qui sert est à genoux, celui qui est chaussé regarde.
- Faire peser, avec des règles. Le talon posé sur la poitrine, sans appui ; la semelle sur le sexe, en pression lente. Le talon aiguille ne s'appuie jamais : il perce.
Les précautionsl'aiguille et le sol
Dans la culturede la pantoufle de verre à la semelle rouge
La chaussure raconte les femmes depuis Cendrillon et son chaussage à l'essai. Le XXe siècle en a fait une industrie du désir : les dessins de souliers d'Andy Warhol dans les années 1950, les Manolo Blahnik de Sex and the City, la semelle rouge que Christian Louboutin invente en 1992 en peignant celle d'un prototype au vernis à ongles. Le cinéma a ses moments : les bottines de Le Journal d'une femme de chambre de Buñuel (1964), les cuissardes de Kinky Boots (2005). On ne parle pas des chaussures : on les regarde, ce qui revient au même.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, la chaussure entre en scène une fois la soirée lancée : on la fait regarder, retirer avec la bouche, servir à genoux. Elle appartient au Donjon, où le cirage et la botte ont leurs gages.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits51 · 15 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodetalons hauts, bas
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Chloé, à genoux devant Léo, retire ses chaussures. Masse ses pieds avec les pouces sans presser.
N2Théo, enfile les talons hauts et laisse Adam et Nathan, à genoux, embrasser tes pieds à tour de rôle
N4Chloé, Léo, Théo, Adam et Nathan tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Chaussures / Talons, aussi appelée rétifisme. Dans le milieu : Shoe play, heel worship.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 2, Déshabillage. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : talons hauts, bas. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pieds 368, Bas / Collants 43, Cuir 45, Latex 35, Lingerie fine 30, Uniforme 31, Odeurs 156, Cheveux 60, Sous-vêtements 70.
SourcesRétif de la Bretonne, Le Pied de Fanchette, 1769 ; Monsieur Nicolas, 1794-1797 · Semmelhack, Heights of Fashion: A History of the Elevated Shoe, 2008 · Morris, White, Morrison & Fisher, « High heels as supernormal stimuli: how wearing high heels affects judgements of female attractiveness », Evolution and Human Behavior, 2013 · Steele, Fetish: Fashion, Sex and Power, 1996