Lexique · Fétichisme · le Donjon
Odeurs
olfactophilie, n. · osmolagnie, n. · angl. Scent play
olfactophilie, du latin olfacere, « sentir », et du grec philia ; osmolagnie, du grec osmê, « odeur », et lagneia, « désir » : l'excitation par les odeurs, terme de la sexologie du début du XXe siècle.
Sentir l'autre : la nuque, l'aisselle, le sexe, les cheveux, un t-shirt porté, un drap du matin. L'odeur corporelle comme objet de désir, avant tout parfum. Le plus ancien des sens, et le plus direct.
D'où vient le gesteEllis, Bloch et les t-shirts de Berne
L'odeur de l'autre est un vieux sujet de littérature : Baudelaire consacre La Chevelure et Parfum exotique à ce qu'il respire sur une femme, Huysmans donne à des Esseintes un chapitre entier d'orgue à parfums (À rebours, 1884). La sexologie s'en empare à la même époque : Iwan Bloch publie en 1900, sous pseudonyme, une Osphrésiologie sexuelle, et Havelock Ellis consacre en 1905 un long chapitre de ses Studies in the Psychology of Sex à l'odorat dans l'attirance, en notant que les hommes y étaient plus sensibles qu'ils ne l'avouaient.
La preuve arrive en 1995. À l'université de Berne, le biologiste Claus Wedekind fait porter à des hommes le même t-shirt deux nuits de suite, sans savon ni parfum, puis fait sentir les t-shirts à des femmes qui notent l'odeur. Résultat : elles préfèrent l'odeur des hommes dont les gènes d'immunité (le complexe majeur d'histocompatibilité, MHC) diffèrent le plus des leurs, ce qui donnerait des enfants mieux armés ; et la préférence s'inverse sous pilule contraceptive. L'expérience du t-shirt est depuis l'une des plus citées de la biologie du désir.
Ce qui se passe dans le corpsle seul sens sans détour
L'odorat est le sens qui va le plus vite au cerveau émotionnel : les neurones de la muqueuse nasale projettent sur le bulbe olfactif, qui parle directement à l'amygdale et à l'hippocampe, sans passer par le thalamus comme la vue ou l'ouïe. C'est pourquoi une odeur ramène un souvenir entier avant qu'on ait le temps d'y penser, ce que Proust a décrit avec sa madeleine. L'humain possède environ quatre cents types de récepteurs olfactifs, dont la famille de gènes a été découverte par Linda Buck et Richard Axel (prix Nobel 2004), et distingue des milliers d'odeurs, peut-être bien plus.
L'odeur du corps vient des glandes apocrines, concentrées aux aisselles, à l'aine et autour des mamelons, qui s'activent à la puberté : leur sécrétion est presque inodore, ce sont les bactéries de la peau qui la transforment en odeur propre à chacun. Cette odeur change avec le cycle, le stress, l'excitation. Les « phéromones humaines » vendues en flacon n'ont jamais été démontrées ; ce qui est démontré, c'est que l'odeur de son partenaire apaise et excite, et que perdre l'odorat abîme la vie amoureuse.
Le t-shirt l'odeur gardée
Porté une nuit, rangé dans un sac : l'odeur de l'autre à emporter. C'est l'expérience de Wedekind, à la maison.
L'aisselle et l'aine la source
Là où l'odeur se fabrique : le nez posé, la respiration lente. Le geste le plus animal, et le plus intime.
Comment on s'y prendne pas se laver tout de suite
- Convenir du degré. Odeur du matin, odeur après le sport, odeur de deux jours : chacun a son seuil, on le dit avant.
- Commencer par la nuque. Le nez dans les cheveux, derrière l'oreille : l'odeur y est douce, et le geste tendre. On respire lentement.
- Descendre. Aisselles, creux des seins, ventre, aine, sexe : plus on descend, plus l'odeur est forte, plus le corps sait qu'il est senti.
- Garder un vêtement. Un t-shirt porté, une culotte, une taie d'oreiller, dans un sac fermé : l'odeur se conserve quelques jours.
- Dire ce qu'on sent. Nommer l'odeur, la décrire, la réclamer : le fétiche olfactif se partage à voix haute, et la gêne tombe.
Les précautionsl'odeur n'est pas la saleté
Dans la culturede Baudelaire à Süskind
L'odeur a ses poètes, Baudelaire d'abord, et son roman : Le Parfum de Patrick Süskind (1985), où Grenouille tue pour capturer l'odeur des jeunes filles. On prête à Napoléon une lettre demandant à Joséphine de ne pas se laver avant son retour : la citation est douteuse, mais son succès dit quelque chose. Les parfumeurs le savent depuis toujours : musc, civette, ambre gris, castoréum, les grands parfums ont été bâtis sur des odeurs animales, sexuelles, adoucies. Le fétiche olfactif ne fait que retirer l'adoucissant.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, l'odeur se joue dès les premiers tours : le nez dans la nuque, puis plus bas à mesure que la soirée avance. C'est l'un des fétiches les plus simples du Donjon : il ne demande aucun objet.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits156 · 39 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodebandeau (yeux), string
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, prends le poignet de Chloé et respire l'intérieur, puis le creux du coude si la manche le permet. Dis un seul mot pour décrire l'odeur.
N1Théo, pose tes lèvres sur le torse d'Adam et respire son odeur de peau chaude.
N3Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Odeurs, aussi appelée olfactophilie ou osmolagnie. Dans le milieu : Scent play.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), string. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pieds 368, Chaussures / Talons 51, Bas / Collants 43, Cuir 45, Latex 35, Lingerie fine 30, Uniforme 31, Cheveux 60, Sous-vêtements 70.
SourcesWedekind, Seebeck, Bettens & Paepke, « MHC-dependent mate preferences in humans », Proceedings of the Royal Society B, 1995 · Buck & Axel, « A novel multigene family may encode odorant receptors », Cell, 1991 · Ellis, Studies in the Psychology of Sex, vol. IV, « Sexual Selection in Man », 1905 · Süskind, Le Parfum (Das Parfum), 1985