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Lexique · Fétichisme · le Donjon

Uniforme

« uniforme », du latin uniformis, « d'une seule forme » : l'adjectif désigne le vêtement identique de tous les soldats d'un régiment, puis le vêtement lui-même, à partir du XVIIIe siècle.

Porter, ou faire porter, le vêtement d'une fonction : infirmière, policier, militaire, pilote, soubrette, marin, pompier. L'uniforme apporte avec lui l'autorité ou la soumission de son métier, et le jeu consiste à les emprunter le temps d'une scène.

D'où vient le gestel'habit qui fait l'autorité

L'uniforme est né dans les armées, quand les rois voulurent reconnaître leurs troupes sur le champ de bataille : Louis XIV impose au XVIIe siècle un habit réglé pour ses régiments, et les autres cours suivent. Le XIXe siècle multiplie les uniformes civils : policiers, cheminots, infirmières, dont la coiffe et le tablier doivent tout aux ordres religieux et à Florence Nightingale ; domestiques en robe noire et tablier blanc. Chaque fonction a désormais un habit, et chaque habit un pouvoir.

Le fétiche suit de près. Le théâtre du XVIIIe siècle a sa soubrette, la servante délurée de Molière et de Marivaux ; en 1900, Octave Mirbeau publie Le Journal d'une femme de chambre, où le tablier tient lieu de programme. La psychologie sociale démontre la mécanique un siècle plus tard : en 1974, Leonard Bickman fait demander à des passants, dans la rue, de ramasser un papier ou de donner une pièce ; le même homme, habillé en gardien, est obéi bien davantage qu'en civil. On obéit au vêtement, et le jeu érotique le savait avant la science.

Ce qui se passe dans le corpsle vêtement qui pense à notre place

Un uniforme change deux personnes : celle qui le porte et celle qui le regarde. Celle qui le porte adopte, souvent sans s'en rendre compte, la posture et la voix du rôle : c'est ce que deux chercheurs de l'université Northwestern ont appelé en 2012 la cognition habillée, en montrant que le simple port d'une blouse de médecin améliore l'attention de ceux qui la portent. Le vêtement porte des consignes ; le corps les lit. Celle qui regarde retrouve tous les souvenirs attachés à l'habit : l'école, l'hôpital, la peur du contrôle, la fascination du galon.

C'est pourquoi l'uniforme est le raccourci le plus rapide vers un jeu de pouvoir : nul besoin d'inventer un personnage, la tenue l'apporte tout entier. Elle donne aussi une permission : ce n'est pas moi qui commande, c'est le policier ; ce n'est pas moi qui obéis, c'est la soubrette. Le vêtement devient l'alibi du désir, et l'alibi libère.

L'autorité policier, militaire, médecin

Celui qui porte l'uniforme donne des ordres, fouille, examine. L'autre se laisse faire par la fonction, pas par la personne.

Le service soubrette, infirmière, marin

Celui qui porte l'uniforme obéit, sert, se laisse inspecter. Le tablier et la coiffe sont des vœux de soumission.

Comment on s'y prendtrouver le rôle, puis la tenue

  1. Choisir le métier ensemble. Chaque uniforme a un imaginaire : on le nomme, on dit ce qu'il évoque, on vérifie qu'il n'évoque rien de pénible pour l'autre.
  2. Une pièce suffit. Une casquette, une blouse blanche, un tablier, des galons : le corps fait le reste. La tenue complète vient si le jeu prend.
  3. Écrire la scène en trois lignes. Le contrôle, l'examen, l'inspection de chambre : un cadre, un début, une fin. L'improvisation vient après.
  4. Prendre la voix. Vouvoiement, ordres brefs, ou au contraire « oui madame » : l'uniforme se joue avec le ton avant les gestes.
  5. Retirer l'habit pour finir. Ôter la casquette, dénouer le tablier : le rituel de sortie ramène les deux personnes, et permet d'en parler.

Les précautionsla loi, la mémoire, le rôle

Pas de vrai uniforme dehors. En France, porter en public un uniforme réglementé qu'on n'a pas le droit de porter est un délit. À la maison, tout est permis ; dans la rue, rien.
Les uniformes ont des souvenirs. Hôpital, police, école, armée : certains y ont vécu des choses. On demande avant, on n'impose pas un habit qui a fait peur.
Des adultes qui jouent des adultes. L'uniforme est un costume, jamais une histoire d'âge : l'écolière de la scène est une femme adulte, et tout le monde le sait.
Le rôle a un signal d'arrêt. L'autorité de la casquette s'arrête au mot convenu : c'est la seule règle qui n'appartient pas au personnage.

Dans la cultureVillage People et Portier de nuit

L'uniforme est le déguisement le plus fréquent de la culture populaire : les Village People (1978) en sont le catalogue, policier, cow-boy, ouvrier, motard, soldat ; Top Gun (1986) a vendu le blouson de pilote, Officier et gentleman (1982) la tenue blanche de la Navy, Britney Spears (1998) l'uniforme d'écolière. Le versant sombre existe : Portier de nuit de Liliana Cavani (1974), où Charlotte Rampling porte une casquette SS et des bretelles sur la peau nue, a fait scandale pour avoir montré ce que l'uniforme peut réveiller. Le fétiche de l'uniforme est toujours un fétiche du pouvoir : c'est ce qui le rend efficace et ce qui demande qu'on en parle.

À retenirL'uniforme apporte le rôle entier, autorité ou service, et sert d'alibi au désir. Il se porte à la maison, jamais dans la rue, et cède au mot convenu.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, l'uniforme se joue quand la soirée est déjà bien avancée : une casquette, une blouse, un tablier et le ton qui va avec. Ses gages vivent au Donjon, où l'autorité se prête le temps d'un tour.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits31 · 10 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodeuniforme, menottes
  • Mains nuesla plupart des gages

Un gage, pour goûter

Léo, reste immobile pendant que Chloé t'inspecte de la tête aux pieds en tenue imposée, en commentant chaque imperfection.

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Uniforme.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : uniforme, menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Pieds 368, Chaussures / Talons 51, Bas / Collants 43, Cuir 45, Latex 35, Lingerie fine 30, Odeurs 156, Cheveux 60, Sous-vêtements 70.

SourcesBickman, « The social power of a uniform », Journal of Applied Social Psychology, 1974 · Adam & Galinsky, « Enclothed cognition », Journal of Experimental Social Psychology, 2012 · Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre, 1900 · Liliana Cavani, Portier de nuit (Il portiere di notte), 1974

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €