Lexique · Fétichisme · le Donjon
Latex
angl. Latex/rubber fetish, second skin
latex, du latin latex, « liquide », désigne la sève blanche de l'hévéa ; rubber, « caoutchouc », vient de to rub, frotter : Joseph Priestley notait vers 1770 qu'il effaçait le crayon. Caoutchouc vient d'une langue d'Amérique du Sud : « l'arbre qui pleure ».
Le caoutchouc porté à même la peau : robe, catsuit, gants, cagoule, draps. Le latex ne respire pas, brille comme de l'eau et serre comme une main : on l'appelle *seconde peau* parce qu'il en est une, et qu'elle a ses règles.
D'où vient le gestedu mackintosh à AtomAge
Le caoutchouc devient portable en deux dates : 1823, quand l'Écossais Charles Macintosh brevette un tissu imperméable en collant du caoutchouc entre deux étoffes, et 1839, quand Charles Goodyear découvre la vulcanisation, qui l'empêche de fondre l'été et de casser l'hiver. Le manteau ciré, le mackintosh, entre dans la vie anglaise ; et la sexologie du début du XXe siècle note déjà des attirances pour les imperméables. Le fétiche du caoutchouc est d'abord britannique et pluvieux.
Il devient une esthétique dans le Londres des années 1960-1970. John Sutcliffe, qui taille des combinaisons de cuir et de caoutchouc pour les motards, habille Diana Rigg dans Chapeau melon et bottes de cuir et fonde en 1972 le magazine AtomAge, où le vêtement moulant est un art. Skin Two (1983) et le club Torture Garden (1990) prennent la suite ; le latex sort des clubs quand la créatrice japonaise Atsuko Kudo, installée à Londres, en fait une haute couture : Lady Gaga est présentée à la reine Elizabeth II en robe de latex rouge Kudo en 2009. Le fétiche est devenu une mode, sans cesser d'être un fétiche.
Ce qui se passe dans le corpsenfermé, brillant, serré
Le latex est étanche : rien n'entre, rien ne sort. Sous la matière, la sueur ne s'évapore plus, la peau chauffe, se lubrifie, glisse contre la paroi. Le corps sent sa propre chaleur renvoyée, comme dans un bain. Cette enveloppe qui serre uniformément stimule sans relâche les récepteurs de pression de toute la surface du corps : certains décrivent un calme proche de celui d'une couverture lestée ; d'autres, une excitation constante. Les deux sont vrais.
Il y a ensuite ce que l'autre voit : le brillant, obtenu au polish silicone, qui fait du corps une sculpture mouillée ; le moulage, qui montre tout sans rien laisser voir ; et l'odeur, douce, un peu sucrée, du caoutchouc naturel. Le latex efface la texture de la peau et la remplace par une surface parfaite. Qui le porte est à la fois nu et entièrement couvert : c'est cette contradiction qui fait le fétiche.
Les gants l'entrée
Longs, fins, luisants : une main de latex sur la peau nue glisse comme une main mouillée. Le premier pas, sans enfermement.
Le catsuit l'enclos
Des chevilles au cou, fermeture dans le dos : la seconde peau entière. Il se met à deux, avec du talc ou du lubrifiant silicone.
Comment on s'y prendtalquer, enfiler, faire briller
- Préparer la peau. Talc ou lubrifiant silicone sur le corps et l'intérieur du vêtement : à sec, le latex se colle et se déchire.
- Enfiler à deux. Doigts à plat, jamais d'ongles ; on déroule, on ajuste, on lisse les plis. C'est long, et c'est déjà une caresse.
- Faire briller. Le polish silicone au chiffon, ou à la main : le corps devient miroir. Le geste se fait devant l'autre.
- Toucher à travers. Main nue sur latex, main gantée sur peau : le glissement est la sensation propre à la matière. Lent.
- Retirer et rincer. Le vêtement s'enlève en le retournant, se lave à l'eau tiède savonneuse, se sèche à l'ombre, se talque. Le latex vit longtemps s'il est soigné.
Les précautionsl'allergie, la chaleur, l'huile
Dans la cultured'Allen Jones à Lady Gaga
Le latex est entré dans l'art avant d'entrer dans la rue : les sculptures-meubles d'Allen Jones (1969), femmes en cuissardes changées en table et en porte-manteau, ont scandalisé Londres ; les photographies d'Helmut Newton ont fait le reste. La pop l'a pris, de Gaga à Beyoncé et Kim Kardashian, et le cinéma l'a offert à Catwoman. Ce qui était le vêtement secret des clubs londoniens est aujourd'hui sur les tapis rouges, sans avoir perdu son sens : celui ou celle qui en porte sait exactement ce qu'il dit.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, le latex se joue une fois les corps découverts : des gants qui glissent, une pièce qu'on enfile à deux, un brillant qu'on fait apparaître. C'est une matière du Donjon, réservée au jeu complet.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits35 · 11 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodegants latex, combinaison latex, lubrifiant
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, enfile la combinaison latex et frotte ton corps moulé contre celui de Chloé en couvrant chaque zone
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Latex. Dans le milieu : Latex/rubber fetish, second skin.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : gants latex, combinaison latex, lubrifiant. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pieds 368, Chaussures / Talons 51, Bas / Collants 43, Cuir 45, Lingerie fine 30, Uniforme 31, Odeurs 156, Cheveux 60, Sous-vêtements 70.
SourcesSteele, Fetish: Fashion, Sex and Power, 1996 · Sutcliffe (dir.), AtomAge, magazine, 1972-1980 · Woodward (dir.), Skin Two, magazine, depuis 1983 · Recommandations des sociétés d'allergologie sur l'allergie au latex naturel (prévalence de l'ordre de 1 à 6 % en population générale, plus élevée chez les soignants)