Lexique · Fétichisme · le Donjon
Cheveux
trichophilie, n. · angl. Hair play
trichophilie, du grec thrix, trichos, « cheveu », et philia ; le grec donne aussi trichotillomanie, l'arrachage compulsif, qui n'a rien à voir. « Chevelure », du latin capillus, est attesté en français dès le XIIe siècle.
Les cheveux comme objet de désir : les tirer, les caresser, les brosser, les sentir, les enrouler autour du poing, les laisser traîner sur la peau de l'autre. Une matière morte reliée à la peau la plus vivante du corps.
D'où vient le gestede Samson aux coupeurs de nattes
Les cheveux sont partout dans le sacré et le désir : la force de Samson y loge, la pécheresse de l'Évangile en essuie les pieds du Christ, la religieuse les sacrifie en entrant au couvent, et les dames du Japon de Heian les laissent traîner jusqu'au sol comme signe de beauté. Les couper est une punition depuis l'Antiquité ; en 1944, les femmes tondues de la Libération le savent encore. Le cheveu est intime parce qu'il est public : tout le monde le voit, seul l'amant y met les doigts.
Les sexologues du XIXe siècle en font un chapitre : Krafft-Ebing, au fil des éditions de Psychopathia sexualis, rapporte les cas de « coupeurs de nattes » qui suivaient les femmes dans la rue pour leur trancher une tresse ; Binet en discute en 1887. Maupassant avait écrit peu avant une nouvelle glaçante, La Chevelure (1884), où un homme trouve une tresse blonde dans un meuble ancien et en tombe amoureux. Le geste ordinaire, tirer les cheveux pendant l'amour, n'a pas eu besoin de ces récits : il est aussi vieux que les cheveux.
Ce qui se passe dans le corpsmort au bout, vivant à la racine
La tige du cheveu est de la kératine morte : on peut la couper sans rien sentir. Mais chaque follicule est enveloppé de terminaisons nerveuses qui réagissent au moindre mouvement de la tige : c'est pourquoi une main dans les cheveux se sent avec une précision étonnante, et pourquoi une traction sur toute la chevelure, prise à la racine, tire d'un coup sur des milliers de capteurs et sur le cuir chevelu, richement innervé par le trijumeau et les nerfs occipitaux. Le corps y répond par un frisson qui descend le long de la colonne.
Tirer les cheveux mêle deux signaux : une douleur légère et une prise. La tête suit la main, le cou se cambre, la gorge se dégage, tout le corps est orienté. C'est un geste de domination qui ne blesse pas s'il est fait à pleine main. À l'inverse, la caresse lente, le brossage, le shampoing ramènent au soin de la petite enfance : le cuir chevelu massé fait tomber la tension, et le sommeil vient parfois avant le désir.
La poignée à la racine
Toute la main fermée près du crâne, la traction lente : la tête suit, la nuque s'offre. Le geste du Donjon.
La caresse le soin
Brosser, laver, sentir, tresser : le cheveu comme matière à soigner. Le geste qui endort, et qui parfois réveille.
Comment on s'y prendà pleine main, jamais du bout
- Demander. Certains adorent qu'on leur tire les cheveux, d'autres détestent ; les cheveux courts, les extensions, les tresses changent tout. On en parle avant.
- Prendre à la racine. La main ouverte glisse sur le crâne et se referme près de la peau : on tient la tête, pas les pointes. Tirer par les pointes casse et fait mal pour rien.
- Tirer lentement. Une traction continue, qui oriente : la tête vers l'arrière, le visage vers soi. Jamais de secousse.
- Sentir, brosser, laisser traîner. Le nez dans la chevelure, la brosse du front à la nuque, les cheveux qui balaient le ventre ou le sexe de l'autre : le versant doux de la pratique.
- Lâcher et masser. Après la poignée, les doigts massent le cuir chevelu : le sang revient, la tension tombe, et on a le temps de recommencer.
Les précautionsla racine tient, la pointe casse
Dans la culturede Lilith à Gilda
La chevelure dénouée est un motif entier de la peinture : les préraphaélites en ont fait leur sujet, la Lady Lilith de Rossetti se peigne devant nous (1866-1868) ; Baudelaire lui donne un poème, La Chevelure (1857), où toute une géographie tient dans une odeur. Le cinéma a un geste : Rita Hayworth rejetant ses cheveux en arrière dans Gilda (1946), le mouvement de tête le plus célèbre de l'histoire du film. Depuis, les cheveux tirés sont partout dans l'imagerie érotique, comme la marque la plus simple de la prise.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, les cheveux se jouent des deux côtés : le nez dans la chevelure et la brosse dès l'échauffement, la poignée à la racine plus tard dans la nuit. Les gages qui tirent vivent au Donjon.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits60 · 15 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, enroule une mèche de Chloé autour de ton index et approche ton nez de la mèche. Laisse la mèche se dérouler lentement.
N1Théo, laisse Adam t'empoigner par les cheveux et guider ta tête où bon lui semble. Suis le mouvement sans résister.
N3Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Cheveux, aussi appelée trichophilie. Dans le milieu : Hair play.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 1, Échauffement. Elle monte jusqu'au niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun : la pratique se joue mains nues.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
Pieds 368, Chaussures / Talons 51, Bas / Collants 43, Cuir 45, Latex 35, Lingerie fine 30, Uniforme 31, Odeurs 156, Sous-vêtements 70.
SourcesKrafft-Ebing, Psychopathia sexualis, 1886 et éditions suivantes · Maupassant, « La Chevelure », 1884 · Baudelaire, « La Chevelure », in Les Fleurs du mal, 1857 · Charles Vidor, Gilda, 1946