
Pratiques extrêmes · le Donjon
Scatologie
coprophilie · angl. Scat
L'excitation liée aux excréments : les voir, les sentir, les produire devant l'autre, les toucher. La coprophilie est la plus taboue des pratiques du Donjon, et l'une des plus dangereuses pour la santé : sa notice est d'abord une notice d'hygiène.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 40 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : bandeau (yeux), collier laisse
Trois gages, tels que je les sers
Tom, tends une serviette à Eva et ordonne de nettoyer le sol à genoux : supervise et corrige chaque geste d'Eva
Tom, sers de réceptacle à Eva dans la baignoire. Reste immobile pendant toute la scène, les bras le long du corps, le regard baissé.
Eva, allonge-toi à plat sur le dos. Tom, défèque sur le torse d'Eva : Eva, reste immobile et maintiens le contact visuel avec Tom.
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
coprophilie, du grec kopros, « excrément », et philia, « attirance » ; scatologie, du grec skôr, skatos, même sens, et logos : le discours sur l'ordure, genre littéraire avant d'être pratique. Scat, en anglais, en est l'abréviation de milieu.
L'excrément a toujours eu deux vies : matière impure, chassée des maisons et des textes sacrés, et matière comique, qui fait rire Aristophane, Rabelais et Mozart dans ses lettres. Dominique Laporte, dans Histoire de la merde (1978), a montré comment l'Occident, à partir du XVIe siècle, l'a peu à peu rendue invisible : latrines, égouts, pudeur du langage. Plus une chose est cachée, plus sa transgression pèse : c'est ce poids que la pratique érotique cherche.
II · Ce qui se passe dans le corps
Les selles sont faites aux trois quarts d'eau, et le reste, pour une bonne part, de bactéries vivantes : un gramme en contient des milliards, dont Escherichia coli, inoffensive dans l'intestin et toxique partout ailleurs. L'odeur vient surtout de deux molécules, le skatole et l'indole, dont le nez humain détecte des traces infimes. Le dégoût qu'elles déclenchent n'est pas une convention : c'est une émotion protectrice, décrite par Darwin dès 1872, qui éloigne le corps de ce qui contamine.
Regarder l'autre faire, ou se laisser regarder : la version la plus répandue, et la seule sans risque infectieux, si les mains restent propres.
Toucher, étaler sur la peau : gants en nitrile, surface protégée, douche à côté. La bouche et les muqueuses sont hors jeu, sans exception.
III · Comment on s'y prend
- 1En parler à froid.Le dégoût de l'un est une limite absolue : cette pratique ne se propose pas au lit, elle se discute habillés, et un « non » n'a pas à se justifier.
- 2Choisir sa version.Regarder, entendre, sentir suffit à la plupart. On commence par là, et l'on n'ajoute le contact que si les deux le veulent vraiment, une autre fois.
- 3Préparer la pièce.Salle de bain ou sol carrelé, bâche ou drap à jeter, gants en nitrile, papier, sacs, eau de Javel diluée pour après. La douche est prête avant de commencer.
- 4Peau saine et protégée.Rien sur une coupure, un bouton percé, une irritation. Rien près des yeux, du nez, de la bouche, ni du sexe : la vulve et l'urètre sont à quelques centimètres de l'anus, on protège la zone.
- 5Nettoyer comme on a préparé.Douche au savon pour les deux, gants retirés à l'envers, surfaces désinfectées, linge lavé à 60 °C. Les mains se lavent avant de toucher quoi que ce soit d'autre.
IV · Les précautions
- Les hépatites. L'hépatite A se transmet par la voie fécale-orale, l'hépatite E aussi : un contact de la bouche avec une trace invisible suffit. Il existe un vaccin contre l'hépatite A, recommandé en France aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ; il vaut pour quiconque s'approche de cette pratique. Contre l'hépatite B, transmise par le sang et les fluides, le vaccin existe aussi.
- Les bactéries et les parasites. E. coli, salmonelles, shigelles, Campylobacter : diarrhées, fièvre, parfois hospitalisation. Giardia, amibes, vers intestinaux : ils passent de la même manière et se traitent, mais après un diagnostic, pas après une douche.
- Jamais la bouche. Aucune préparation, aucun régime, aucun lavement ne rend les selles sûres à ingérer : la coprophagie expose à tout ce qui précède, à chaque fois. C'est la ligne que cette notice ne franchit pas.
- Le sexe et l'urètre, à l'écart. Chez la femme, une trace fécale sur la vulve suffit à provoquer une infection urinaire ou une vaginose ; chez tous, l'urètre s'infecte par la même voie. Un gant qui a touché les selles ne touche plus rien d'autre.
- Certains corps s'abstiennent. Immunodépression, traitement immunosuppresseur, grossesse, plaie ou eczéma sur la zone : le risque n'est plus un pari, c'est une certitude. On reste au regard.
La Roue, à retenir
La coprophilie joue avec le dégoût, pas avec la sécurité : tout ce qui se transmet par les selles se transmet ici. Gants, peau saine, jamais la bouche, jamais près du sexe.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Scatologie, aussi appelée coprophilie. Dans le milieu : Scat.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux), collier laisse, gants latex. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
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Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.










