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Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon

Fisting Vaginal

angl. Fisting

fisting, de l'anglais fist, « poing », attesté dans ce sens dans les années 1970 ; le mot trompe, puisque la main entre ouverte et ne se ferme qu'une fois passée. La sexologie américaine a proposé brachiovaginal (« bras-vagin ») ; le milieu français dit « à la main », ou « le poing ».

Faire entrer une main entière dans le vagin, doigt après doigt, jusqu'à ce que la paume passe et que les doigts se replient à l'intérieur. Le fisting vaginal n'est pas une affaire de force ni de taille : c'est une pratique de patience, de lubrifiant et de plancher pelvien qui consent.

D'où vient le gestede la version obstétricale aux Catacombs

La main entière dans le vagin est un geste médical avant d'être érotique : les sages-femmes et les accoucheurs pratiquent depuis des siècles la version interne, où toute la main entre pour retourner un enfant mal placé, et le vagin est l'organe du corps le mieux conçu pour la distension, puisqu'un crâne de nouveau-né le traverse. La pratique érotique ne fait qu'exploiter cette capacité, à froid, avec du temps.

Comme pratique nommée, le fisting naît dans les clubs gay de San Francisco des années 1970 ; les Catacombs, décrits par l'anthropologue Gayle Rubin, en furent le temple de 1975 à 1984, et des femmes y venaient aussi. Les féministes pro-sexe des années 1980, autour du magazine lesbien On Our Backs (1984), en revendiquent la version vaginale comme un plaisir à part entière, et Deborah Addington lui consacre en 1998 le premier manuel, A Hand in the Bush. Le geste est passé depuis dans les couples de toutes orientations, souvent sans être nommé.

Ce qui se passe dans le corpsl'accordéon et l'anneau

Au repos, le vagin est un tube aplati de huit à dix centimètres dont les parois se touchent, plissées de replis qui lui permettent de s'étirer comme un accordéon. Masters et Johnson ont décrit en 1966 ce que l'excitation en fait : il s'allonge, son fond se dilate en ballon, sa paroi se lubrifie. Ce n'est pas le vagin qui résiste à la main, c'est le plancher pelvien, l'anneau de muscles qui entoure l'entrée et se contracte à la peur, à la douleur, à la hâte.

La main, elle, a un seul passage difficile : la ligne des articulations, la plus large, huit à neuf centimètres chez la plupart des adultes. Une fois franchie, la paume est à l'intérieur, les doigts se replient d'eux-mêmes, et la sensation change de nature : une plénitude totale, la pression sur le col, sur la vessie, sur la zone du point G depuis l'intérieur, et des orgasmes que beaucoup décrivent comme différents de tout, parce que les contractions du plancher pelvien se referment sur quelque chose qui ne cède pas.

Le lubrifiant abondant, épais

Gel à base d'eau ou de silicone, en grande quantité, remis souvent : la main entière en est couverte. Pas une dosette, un flacon.

Le gant nitrile, sans bijou

Il lisse les ongles, protège les micro-coupures de la main et rend le retrait plus doux. Bagues, montre et bracelets sont posés ailleurs.

Comment on s'y prendla main ouverte, le corps qui tire

  1. Prendre des semaines. Le fisting se construit sur plusieurs séances : trois doigts confortables un soir, quatre un autre, la paume plus tard. Chaque étape est un but en soi, et l'on peut s'y arrêter pour de bon.
  2. Préparer la main. Ongles coupés court et limés, gant en nitrile, lubrifiant sur toute la main. Vessie vidée pour celle qui reçoit, position au choix : sur le dos genoux ouverts, ou à quatre pattes.
  3. Un doigt de plus à chaque plateau. On entre, on attend que le muscle lâche, on bouge doucement, on ajoute. Le « bec de canard », doigts serrés, pouce dans la paume, est la forme qui passe l'entrée.
  4. Laisser le corps tirer. Aux articulations, on ne pousse pas : on reste immobile, elle respire, expire longuement, pousse légèrement comme pour uriner, et son corps aspire la main. Si rien ne vient, ce sera une autre fois.
  5. Rester, puis sortir lentement. À l'intérieur, la main se replie seule ; on ne bouge d'abord pas du tout, puis à peine. Le retrait se fait main ouverte, sur une expiration, aussi lentement que l'entrée, et l'on urine après.

Les précautionsla seule force est celle qu'on ne met pas

Jamais un poing fermé, jamais d'un coup. La main entre ouverte et n'entre que si le corps l'accepte : forcer le passage des articulations déchire la paroi ou le périnée, comme un accouchement sans préparation. Une progression sur des séances n'est pas un conseil, c'est la pratique elle-même.
Les déchirures se reconnaissent. Saignement qui dépasse quelques gouttes, douleur vive qui persiste, fièvre le lendemain : consultation, sans attendre. Une petite lésion se soigne ; une lésion négligée s'infecte.
Ongles, bijoux, peau de la main. Un ongle non limé griffe la muqueuse ; une bague la coupe ; une coupure sur la main de celui qui donne est une porte pour les infections dans les deux sens. Le gant règle les trois.
Sobre, et sans hâte. L'alcool et les drogues effacent la douleur qui protège la paroi ; c'est sous leur effet que les lésions graves arrivent. Le lubrifiant se remet dès que ça tire, avant que ça brûle.
Certains moments interdisent. Grossesse, six semaines après un accouchement, prolapsus, infection en cours, chirurgie pelvienne récente : on attend, ou l'on demande à un médecin. La main qui a été dans l'anus change de gant avant le vagin, toujours.

Dans la culturedes Catacombs aux féministes pro-sexe

Le fisting est entré dans la culture par la porte gay et cuir, avec les photographies de Robert Mapplethorpe à la fin des années 1970, puis par la porte féministe : la « guerre du sexe » des années 1980 opposa celles qui y voyaient une violence importée du monde masculin et celles qui, autour de On Our Backs et de Susie Bright, en firent l'emblème d'un plaisir féminin sans limite imposée. Le manuel de Deborah Addington, en 1998, a fixé l'image qui reste : une pratique de lenteur et de confiance, à l'opposé exact de son nom.

À retenirLe fisting vaginal est une affaire de plancher pelvien et de lubrifiant, jamais de poussée : la main ouverte attend que le corps l'aspire. Ongles limés, gant, séances, sobriété.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Pratiques extrêmes, dans le Donjon, qui entre au niveau 3, Préliminaires, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits8 · 8 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodelubrifiant
  • Mains nuesla plupart des gages

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Fisting Vaginal. Dans le milieu : Fisting.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : lubrifiant. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

CBT 10, Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Blood play 32, Fisting Anal 20, Breath play 73, Knife Play 91, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.

SourcesDeborah Addington, A Hand in the Bush: The Fine Art of Vaginal Fisting, 1998 · Gayle Rubin, « The Catacombs: A Temple of the Butthole », in Mark Thompson (dir.), Leatherfolk, 1991 · Masters & Johnson, Human Sexual Response, 1966 · Jay Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €