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Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon

CBT

angl. CBT, ball busting

CBT, sigle anglais de cock and ball torture, littéralement « torture de la queue et des couilles », né dans les communautés cuir américaines des années 1970 ; ball busting, « casser les couilles », en désigne la version par coups, celle que le jeu ne pratique pas.

Presser, serrer, tirer, ligaturer la verge et les testicules : le CBT (*cock and ball torture*) est le jeu de douleur le plus localisé du Donjon. Tout s'y joue au cran près, entre la main qui serre et le mot de celui qui reçoit.

D'où vient le gestedu coup bas au supplice choisi

Les testicules sont le point faible le plus connu du corps masculin : toutes les traditions de combat le savent, et la boxe moderne a interdit le « coup bas » dès ses premières règles écrites, au XIXe siècle. Le supplice génital appartient aussi aux inventaires des tortures, des procès d'Ancien Régime aux interrogatoires du XXe siècle. C'est ce fond sombre que le jeu retourne : ce qui fut un moyen de faire parler devient une sensation choisie, dosée, arrêtée sur un mot.

La pratique érotique se codifie dans les bars et les clubs cuir gay des États-Unis, dans les années 1970 ; les magazines de la scène, comme Drummer, lancé en 1975, en diffusent les images et le vocabulaire. Les manuels suivent : SM 101 de Jay Wiseman (1996) consacre des pages à la sécurité du jeu génital, et Hardy Haberman signe en 2001 Family Jewels, premier guide entièrement consacré au CBT, où la règle est déjà celle qu'on retient aujourd'hui : la pression, jamais le choc.

Ce qui se passe dans le corpsune enveloppe qui ne s'étire pas

Le testicule est l'un des organes les plus innervés du corps, et sa douleur ne reste pas sur place : elle remonte par le cordon spermatique jusqu'aux nerfs de l'abdomen, ce qui explique la nausée, la sueur froide et le « coup au ventre » que tout homme connaît. Chaque testicule est enfermé dans une enveloppe fibreuse serrée, l'albuginée, qui ne s'étire presque pas : c'est elle qui rend la pression lente supportable et le choc dangereux. Pressé, l'organe cède un peu et proteste ; frappé, son enveloppe peut se rompre.

Ce qui rend la pratique érotique, c'est le voisinage immédiat du plaisir : la douleur génitale libère endorphines et adrénaline comme toute douleur, mais elle le fait sur la zone même du désir, et la verge en érection y répond souvent au lieu de fuir. Le réflexe crémastérien, qui remonte les testicules vers le corps sous le froid ou la peur, s'y ajoute : tirer doucement vers le bas contre ce réflexe est l'une des sensations les plus recherchées du jeu.

La pression main, sangle, poids léger

Serrer le scrotum dans la paume, cran par cran ; une sangle de cuir (ball stretcher) qui tire vers le bas. La sensation monte, elle ne surprend jamais.

La ligature avec compte à rebours

Un lacet large ou une corde douce autour de la base : quelques minutes, pas plus, jamais rien de fin qui coupe, et l'on surveille la couleur de la peau.

Comment on s'y prendcran par cran, à voix haute

  1. Poser la règle avant. Un mot d'arrêt, et une seule main qui commande : celle de celui qui reçoit. Son premier mot, ou son premier geste de recul, arrête tout, sans discussion.
  2. Réchauffer. Testicules froids, contractés, remontés : on n'y touche pas. La main chaude, la caresse, l'érection d'abord ; le scrotum détendu descend et se laisse prendre.
  3. Serrer par paliers. Dans la paume, les doigts se ferment lentement, un cran, on attend, un cran. On compte à voix haute : le nombre devient la sensation, et celui qui reçoit choisit le chiffre où l'on s'arrête.
  4. Tirer vers le bas. Le scrotum saisi juste au-dessus des testicules, on tire vers le sol, doucement, contre le réflexe qui les remonte. Jamais de secousse, jamais de torsion.
  5. Relâcher et regarder. On ouvre la main, on observe : la couleur revient, la douleur retombe en quelques secondes. Si elle persiste, si elle monte au ventre, la séance est finie.

Les précautionsl'organe qui ne se répare pas bien

Jamais de choc. Coup de pied, claque, chute d'objet : un impact peut rompre l'albuginée, faire éclater un vaisseau et remplir la bourse de sang. C'est une urgence chirurgicale, et le testicule peut être perdu. Le ball busting des vidéos n'est pas du jeu, c'est une mise en danger.
La torsion, c'est l'hôpital. Le cordon qui alimente le testicule peut se tordre sur lui-même, spontanément ou sous une manipulation brusque : douleur soudaine et violente, testicule remonté et dur, nausée. La circulation est coupée ; au-delà de quelques heures, l'organe meurt. On n'attend pas que ça passe : urgences, tout de suite.
Rien qui coupe la circulation. Pas de fil, d'élastique, de lien fin ni de serrage prolongé : un scrotum qui vire au violet ou au blanc se libère immédiatement. Les ligatures se comptent en minutes et se surveillent à l'œil.
Le ventre décide. Nausée, sueur froide, vertige : c'est le nerf qui hurle, pas la peau. On arrête, on allonge, on attend. Un malaise vagal fait tomber ; celui qui reçoit ne se tient jamais debout sans appui.
Douleur ou gonflement après : on consulte. Une douleur qui dure au-delà de l'heure, une bourse qui gonfle, du sang dans les urines ou le sperme : un médecin, sans honte. Antécédents de torsion, de hernie ou de varicocèle : on en parle avant, ou l'on s'abstient.
Dans le jeu. La pression, jamais le choc : on presse par paliers, on ne frappe jamais, et la circulation ne se coupe pas. Celui qui reçoit guide chaque cran : son premier mot arrête tout.

Dans la culturedu coup bas à Casino Royale

Le coup dans les parties est un ressort comique universel, du burlesque muet aux comédies d'aujourd'hui, et un interdit sportif : la boxe le sanctionne comme la faute la plus grave. Ian Fleming en a fait une scène de torture dans Casino Royale (1953), où Le Chiffre s'acharne sur Bond avec une tapette à tapis ; le film de 2006 la transpose avec une corde à nœuds, et c'est probablement l'image de CBT la plus vue au monde, sans que personne ne l'ait nommée ainsi. La scène cuir, elle, en a fait un art de la mesure : tout le contraire du coup.

À retenirLe testicule supporte la pression lente et ne supporte pas le choc. Celui qui reçoit compte les crans, et son premier mot arrête tout.

Dans Intiimix

Dans le Donjon, le CBT se joue à la main et par paliers : celui qui reçoit compte les crans, son premier mot arrête tout, et rien ne frappe jamais. La circulation ne se coupe pas, la torsion n'existe pas : le jeu presse, il ne cogne pas.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits10 · 10 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Mains nuesla plupart des gages

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

CBT. Dans le milieu : CBT, ball busting.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun : la pratique se joue mains nues.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Blood play 32, Fisting Vaginal 8, Fisting Anal 20, Breath play 73, Knife Play 91, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.

SourcesHardy Haberman, Family Jewels: A Guide to Male Genital Play and Torment, 2001 · Jay Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Ian Fleming, Casino Royale, 1953 ; Martin Campbell, Casino Royale, 2006 · Recommandations d'urologie sur les traumatismes du testicule et la torsion du cordon spermatique (urgence chirurgicale dans les six heures)

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €