
Pratiques extrêmes · le Donjon
Blood play
hématolagnie · angl. Blood play, knife-edge
Faire couler un peu de sang, le sien ou celui de l'autre, et en faire une sensation : entaille superficielle, lancette, aiguille, lame qui passe. L'hématolagnie est la pratique du Donjon la plus encadrée par la santé publique, parce que le sang transporte tout.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 32 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : scalpel, gants latex
Trois gages, tels que je les sers
Tom, prends le scalpel et trace une ligne superficielle sur la cuisse d'Eva : essuie la perle de sang avec ton doigt
Tom, expose ton cou à Eva et laisse Eva sucer ta peau jusqu'à y laisser un suçon visible. Ce sera sa marque sur toi.
Tom, griffe les cuisses d'Eva et pénètre Eva en étalant les traces rouges sur son ventre
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
hématolagnie, du grec haima, haimatos, « sang », et lagneia, « désir, coït » : un terme de sexologie du XXe siècle. Le milieu dit blood play, et edge play, « jeu à la limite », où edge désigne aussi le fil de la lame.
Le sang est le fluide le plus sacré des cultures humaines : les Scythes, raconte Hérodote, scellaient leurs serments en mêlant leur sang au vin ; le christianisme en fait le cœur de son rite ; les fraternités de sang traversent le Moyen Âge et les sociétés secrètes. Sa charge érotique éclate au XIXe siècle avec le vampire : Le Vampire de Polidori (1819), puis Dracula de Bram Stoker (1897), où la morsure est explicitement une étreinte. Krafft-Ebing, la même décennie, recueille dans Psychopathia Sexualis des cas d'hommes que la vue ou le goût du sang excite, et donne au phénomène ses premiers noms cliniques.
II · Ce qui se passe dans le corps
La peau est un double feuillet : l'épiderme, mince et sans vaisseaux, et sous lui le derme, irrigué. Une égratignure qui ne saigne pas reste dans l'épiderme ; dès qu'une perle rouge apparaît, le derme est ouvert, avec ses nerfs, ses bactéries de surface et ses capillaires. Le sang coagule en quelques minutes, une croûte se forme, puis une cicatrice dont la nature dépend de la profondeur, de la zone et de la peau : les peaux foncées font plus souvent des cicatrices épaisses, les chéloïdes, qui ne s'effacent pas.
Une piqûre au bout du doigt ou sur l'épaule, une perle de sang : la version la plus simple, avec une lancette stérile à usage unique, celle des lecteurs de glycémie.
Une entaille de l'épaisseur d'une feuille, sur une zone charnue : elle saigne à peine, brûle net, et laisse une marque qui peut rester.
III · Comment on s'y prend
- 1Connaître son sang.Avant de jouer, un dépistage pour les deux : VIH, hépatites B et C, syphilis. Le vaccin contre l'hépatite B se fait en plusieurs injections. Sans ces résultats, on ne mélange rien.
- 2Matériel stérile, à usage unique.Lames de scalpel ou lancettes en sachet, gants en nitrile, désinfectant cutané, compresses stériles, pansements, et une boîte à aiguilles pour jeter. Rien ne se réutilise, rien ne passe d'un corps à l'autre.
- 3Choisir la zone.Épaule, haut du dos, cuisse externe, fesse : charnu, loin des vaisseaux et des tendons. On désinfecte la peau, on attend qu'elle sèche.
- 4Rester en surface.La lame effleure, ne s'enfonce pas : la peau s'ouvre sur une largeur de cheveu, quelques perles montent. Une entaille qui saigne franchement est déjà trop profonde.
- 5Soigner, tout de suite.Compresse, pression, désinfection, pansement. On surveille trois jours : rougeur qui s'étend, chaleur, fièvre, c'est une infection, et un médecin.
IV · Les précautions
- Les infections transmises par le sang. VIH, hépatite B (extrêmement contagieuse, vaccin disponible), hépatite C (pas de vaccin, mais un traitement qui guérit), syphilis : toutes passent par une goutte de sang au contact d'une peau ouverte ou d'une muqueuse. Le sang de l'un ne touche jamais une plaie, une bouche ou un sexe de l'autre, statuts connus ou pas.
- Jamais de partage de lame. Une lame ou une aiguille qui a touché un corps est un déchet : boîte à aiguilles, pharmacie. La désinfection à l'alcool d'une lame usagée ne protège de rien.
- Les zones interdites. Poignet, cou, gorge, pli du coude, aine, creux du genou, cheville : artères, veines et tendons y sont sous quelques millimètres de peau. Une coupure là n'est pas un jeu, c'est une urgence.
- Certains corps ne saignent pas comme les autres. Anticoagulants, aspirine, hémophilie, diabète, immunodépression : la coagulation ou la cicatrisation manquent. On s'abstient, ou l'on reste à la lancette sur avis médical.
- La cicatrice est un choix. Toute entaille peut marquer, et une marque se voit à la piscine, au travail, dans dix ans. On en parle avant, on choisit la zone en conséquence, et l'on n'écrit jamais rien sur une peau qui ne l'a pas demandé.
La Roue, à retenir
Une goutte de sang suffit à transmettre le VIH ou une hépatite : matériel stérile à usage unique, dépistage, vaccin, jamais le sang de l'un sur l'autre. La lame reste en surface et loin des vaisseaux.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Blood play, aussi appelée hématolagnie. Dans le milieu : Blood play, knife-edge.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : scalpel, gants latex, menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
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Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.










