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Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon

Blood play

hématolagnie, n. · angl. Blood play, knife-edge

hématolagnie, du grec haima, haimatos, « sang », et lagneia, « désir, coït » : un terme de sexologie du XXe siècle. Le milieu dit blood play, et edge play, « jeu à la limite », où edge désigne aussi le fil de la lame.

Faire couler un peu de sang, le sien ou celui de l'autre, et en faire une sensation : entaille superficielle, lancette, aiguille, lame qui passe. L'hématolagnie est la pratique du Donjon la plus encadrée par la santé publique, parce que le sang transporte tout.

D'où vient le gestedu serment scythe au vampire

Le sang est le fluide le plus sacré des cultures humaines : les Scythes, raconte Hérodote, scellaient leurs serments en mêlant leur sang au vin ; le christianisme en fait le cœur de son rite ; les fraternités de sang traversent le Moyen Âge et les sociétés secrètes. Sa charge érotique éclate au XIXe siècle avec le vampire : Le Vampire de Polidori (1819), puis Dracula de Bram Stoker (1897), où la morsure est explicitement une étreinte. Krafft-Ebing, la même décennie, recueille dans Psychopathia Sexualis des cas d'hommes que la vue ou le goût du sang excite, et donne au phénomène ses premiers noms cliniques.

La scène BDSM a intégré le sang par les aiguilles, les lames et les scarifications dès les années 1970 ; puis l'épidémie de sida, dans les années 1980, l'a obligée à inventer les règles les plus strictes de toute la culture kink : matériel stérile à usage unique, gants, jamais de sang de l'un vers l'autre. C'est de ces pratiques qu'est sortie, à la fin des années 1990, la formule RACK, risk-aware consensual kink, le kink consenti en connaissance des risques, qui remplace l'idée que tout pourrait être « sûr ».

Ce qui se passe dans le corpsdeux feuillets, une croûte, une cicatrice

La peau est un double feuillet : l'épiderme, mince et sans vaisseaux, et sous lui le derme, irrigué. Une égratignure qui ne saigne pas reste dans l'épiderme ; dès qu'une perle rouge apparaît, le derme est ouvert, avec ses nerfs, ses bactéries de surface et ses capillaires. Le sang coagule en quelques minutes, une croûte se forme, puis une cicatrice dont la nature dépend de la profondeur, de la zone et de la peau : les peaux foncées font plus souvent des cicatrices épaisses, les chéloïdes, qui ne s'effacent pas.

La sensation, elle, mélange deux réflexes : la douleur nette de la coupure, qui libère adrénaline et endorphines, et la réaction à la vue du sang, qui chez beaucoup fait chuter la tension et peut mener à l'évanouissement. La phobie du sang est la seule phobie connue qui fasse tomber au lieu de fuir. Celui qui joue avec le sang joue donc aussi avec un malaise possible, le sien ou celui de l'autre, et s'installe en conséquence.

La goutte lancette, aiguille

Une piqûre au bout du doigt ou sur l'épaule, une perle de sang : la version la plus simple, avec une lancette stérile à usage unique, celle des lecteurs de glycémie.

La ligne lame stérile

Une entaille de l'épaisseur d'une feuille, sur une zone charnue : elle saigne à peine, brûle net, et laisse une marque qui peut rester.

Comment on s'y prendcomme une infirmière, pas comme un vampire

  1. Connaître son sang. Avant de jouer, un dépistage pour les deux : VIH, hépatites B et C, syphilis. Le vaccin contre l'hépatite B se fait en plusieurs injections. Sans ces résultats, on ne mélange rien.
  2. Matériel stérile, à usage unique. Lames de scalpel ou lancettes en sachet, gants en nitrile, désinfectant cutané, compresses stériles, pansements, et une boîte à aiguilles pour jeter. Rien ne se réutilise, rien ne passe d'un corps à l'autre.
  3. Choisir la zone. Épaule, haut du dos, cuisse externe, fesse : charnu, loin des vaisseaux et des tendons. On désinfecte la peau, on attend qu'elle sèche.
  4. Rester en surface. La lame effleure, ne s'enfonce pas : la peau s'ouvre sur une largeur de cheveu, quelques perles montent. Une entaille qui saigne franchement est déjà trop profonde.
  5. Soigner, tout de suite. Compresse, pression, désinfection, pansement. On surveille trois jours : rougeur qui s'étend, chaleur, fièvre, c'est une infection, et un médecin.

Les précautionsle sang transporte tout

Les infections transmises par le sang. VIH, hépatite B (extrêmement contagieuse, vaccin disponible), hépatite C (pas de vaccin, mais un traitement qui guérit), syphilis : toutes passent par une goutte de sang au contact d'une peau ouverte ou d'une muqueuse. Le sang de l'un ne touche jamais une plaie, une bouche ou un sexe de l'autre, statuts connus ou pas.
Jamais de partage de lame. Une lame ou une aiguille qui a touché un corps est un déchet : boîte à aiguilles, pharmacie. La désinfection à l'alcool d'une lame usagée ne protège de rien.
Les zones interdites. Poignet, cou, gorge, pli du coude, aine, creux du genou, cheville : artères, veines et tendons y sont sous quelques millimètres de peau. Une coupure là n'est pas un jeu, c'est une urgence.
Certains corps ne saignent pas comme les autres. Anticoagulants, aspirine, hémophilie, diabète, immunodépression : la coagulation ou la cicatrisation manquent. On s'abstient, ou l'on reste à la lancette sur avis médical.
La cicatrice est un choix. Toute entaille peut marquer, et une marque se voit à la piscine, au travail, dans dix ans. On en parle avant, on choisit la zone en conséquence, et l'on n'écrit jamais rien sur une peau qui ne l'a pas demandé.

Dans la culturedu vampire à la performance

Le sang érotique appartient au vampire, de Polidori et Stoker à Anne Rice et aux séries télévisées, où la morsure remplace le baiser depuis deux siècles. L'art contemporain l'a pris au mot : dans Rhythm 0 (1974), Marina Abramović laisse le public user sur elle de soixante-douze objets, dont une lame, et un spectateur lui entaille le cou. Les artistes du body art des années 1990 ont fait du sang un matériau de performance, et les débats sur le VIH qu'ils ont provoqués ont écrit, en creux, les règles que le Donjon suit aujourd'hui.

À retenirUne goutte de sang suffit à transmettre le VIH ou une hépatite : matériel stérile à usage unique, dépistage, vaccin, jamais le sang de l'un sur l'autre. La lame reste en surface et loin des vaisseaux.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Pratiques extrêmes, dans le Donjon, qui entre au niveau 3, Préliminaires, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits32 · 8 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodescalpel, gants latex, menottes
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, enfile les gants latex et griffe le dos de Chloé avec tes ongles jusqu'à laisser des marques rouges

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Théo, expose ton cou à Adam et laisse Adam sucer ta peau jusqu'à y laisser un suçon visible. Ce sera sa marque sur toi.

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Blood play, aussi appelée hématolagnie. Dans le milieu : Blood play, knife-edge.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : scalpel, gants latex, menottes. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

CBT 10, Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Fisting Vaginal 8, Fisting Anal 20, Breath play 73, Knife Play 91, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.

SourcesKrafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886 ; Bram Stoker, Dracula, 1897 · Hérodote, Histoires, livre IV, 70 · Jay Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Recommandations de prévention (Santé publique France, associations de santé sexuelle) sur la transmission du VIH et des hépatites B et C par le sang, et sur la vaccination contre l'hépatite B

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €