Quoi de neuf Lire →

Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon

Knife Play

angl. Knife play, edge of blade

knife play, de l'anglais, « jeu de couteau » ; on dit aussi blade play. Le mot edge play, « jeu sur le fil », a d'abord désigné au sens propre le fil de la lame avant de s'étendre à tout ce qui frôle le danger.

La lame sur la peau : le froid de l'acier, une pointe qui trace sans ouvrir, le dos d'un couteau qui descend le long de la colonne. Ce que la peau croit compte davantage que ce que la lame fait. Une pratique de menace maîtrisée bien plus que de coupure, qui se joue presque toujours avec une lame qui ne coupe pas.

D'où vient le gestedu rasoir du barbier à la scène cuir

Le couteau est le premier outil et la première arme ; posé sur la peau sans l'ouvrir, il est aussi un très vieux geste de pouvoir. Le barbier qui rasait la gorge de ses clients au coupe-chou, rituel quotidien jusqu'au milieu du XXe siècle, mettait chaque matin des hommes dans cette situation exacte : une lame affûtée contre la carotide, tenue par un autre, et une confiance totale. La psychiatrie du XIXe siècle documentait de son côté les cas où la lame devenait le désir lui-même ; Krafft-Ebing consacre des pages aux « piqueurs » et aux sadiques du couteau.

La scène sadomasochiste des années 1970 et 1980 a fait de la lame un instrument sensoriel, à côté du fouet et de la cire, et les manuels de la fin du siècle, ceux de Jay Wiseman ou de Dossie Easton et Janet Hardy, l'ont codifiée : lame émoussée ou dos de lame, peau immobile, bandeau presque toujours. La pratique moderne tient dans ce paradoxe : le couteau le plus efficace est celui qui ne peut pas couper.

Ce qui se passe dans le corpsle froid du métal et la peur qui anticipe

Le métal conduit la chaleur bien mieux que la peau : posé sur elle, il en tire la chaleur d'un coup, et les récepteurs du froid réagissent comme à un glaçon. C'est la première sensation, avant même la pointe. Vient ensuite la pression d'un point ou d'une ligne, captée par les mécanorécepteurs et, si elle est vive, par les fibres de la douleur, qui s'allument bien avant que la peau ne s'ouvre. Les yeux fermés, le cerveau ne distingue pas le dos d'une lame de son tranchant : la sensation est la même, seul le résultat diffère. C'est ce qui fonde la pratique.

Le reste est de la peur, et la peur est un excitant. Voir ou deviner une lame déclenche l'adrénaline, accélère le cœur, hérisse la peau ; le corps entre en alerte, et c'est dans cet état que chaque contact prend un relief démesuré. L'épiderme n'a pas de vaisseaux ; en dessous, le derme saigne au moindre passage et cicatrise avec une marque. Une lame qui ouvre relève d'une autre pratique, celle du sang, avec ses propres règles.

La lame émoussée l'outil de presque tout le monde

Couteau à beurre, dos d'une lame, couteau d'apparat non affûté, ciseaux fermés : les yeux bandés, l'effet est complet et le risque, nul.

La vraie lame pour ceux qui ont appris

Elle se tient à plat, jamais sur la pointe, loin de tout vaisseau, sur une peau immobile ; elle est désinfectée, propre à une seule personne, et ne se promène jamais sur quelqu'un qui peut bouger.

Comment on s'y prendle froid d'abord, la ligne ensuite

  1. Choisir l'objet. Une lame qui ne coupe pas : dos de lame, couteau émoussé, ciseaux fermés. On la passe sur son propre avant-bras, en appuyant, pour s'en assurer. Quelques minutes au réfrigérateur préparent le froid.
  2. Installer, bander, immobiliser. L'autre est allongé sur une surface stable, les yeux couverts, avec la consigne de ne pas bouger ; un signal de main a été convenu. On montre la lame avant le bandeau, ou on la laisse imaginer.
  3. Poser le plat. Le plat froid sur la nuque, le ventre, la face interne du bras : la peau se contracte. On laisse la sensation s'installer avant de bouger.
  4. Tracer. Des lignes longues et lentes sur le dos, les cuisses, le ventre, les fesses, avec le dos ou la pointe à peine appuyée ; on évite le cou et l'intérieur des cuisses. La lame peut découper un vêtement fil à fil, à condition de tirer le tissu loin de la peau.
  5. Parler, regarder, arrêter. Décrire ce qu'on va faire fait monter la peur ; se taire la rend vertigineuse. On surveille la respiration, on s'arrête dès qu'elle se bloque, et on finit par les mains nues sur les lignes tracées.

Les précautionsla lame ne va pas où passent les artères

Jamais sur les vaisseaux. Cou, poignets, plis des coudes, aisselles, aine, face interne des cuisses : une coupure y touche une artère ou une veine majeure et devient une hémorragie. Le visage et les yeux sont exclus, quelle que soit la lame.
Une lame réelle est propre, et à une seule personne. Désinfectée à l'alcool à 70 % avant et après, jamais partagée entre deux corps si la peau a pu s'ouvrir : le sang transmet le VIH et les hépatites. Ce qui est entamé se nettoie et se couvre ; ce qui saigne franchement se fait recoudre.
Personne ne bouge, rien ne surprend. Une lame affûtée ne se pose que sur un corps immobile, jamais sur quelqu'un qui peut sursauter ou se retourner, ni sur quelqu'un dont les liens l'empêcheraient de signaler. La pointe n'est jamais dirigée vers la peau en pression : elle glisse, elle ne pique pas.
Sobre, et sans pression. L'alcool et les drogues font trembler les mains et taire la douleur. Aucune lame ne s'appuie sur une artère, même émoussée : la pression sur les vaisseaux du cou est le domaine de la strangulation, et il n'a pas de version sûre.

Dans la cultureun pic à glace sous le lit

Le cinéma a lié la lame au désir plus qu'aucun autre art : le rasoir qui ouvre un œil dans Un chien andalou de Buñuel et Dalí (1929), le couteau de la douche de Psychose (1960), et surtout le pic à glace de Basic Instinct (1992), rangé sous le lit de Sharon Stone, qui a fixé pour une génération l'image de l'amante qui pourrait tuer. Le conte de Barbe-Bleue disait déjà la même chose : la chambre interdite, la clé tachée, le couteau au bout du désir. La pratique réelle est beaucoup plus douce que ses images : elle emprunte au cinéma sa menace et au barbier sa confiance, et laisse la coupure à la fiction.

À retenirLes yeux fermés, une lame qui ne coupe pas produit exactement la même sensation qu'une lame qui coupe : le froid, la ligne, la peur. On joue donc avec la première, loin du cou et des plis, sur un corps qui ne bouge pas.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, le couteau est toujours émoussé et vit derrière la porte du Donjon, aux niveaux Préliminaires et Pénétration : la lame froide qui descend le long du ventre en alternance avec les caresses, le vêtement découpé aux ciseaux fil par fil, le corps tenu immobile pendant que le métal passe. Aucun gage ne demande une lame affûtée.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits91 · 25 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodecouteau émoussé, scalpel, ciseaux
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, attache les bras de Chloé dans le dos avec la corde shibari et trace des lignes sur son torse avec le dos du scalpel, Chloé sent le froid du métal sur chaque courbe

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Théo, reste figé pendant qu'Adam découpe un vieux t-shirt sur toi avec des ciseaux, lentement, fil par fil, en effleurant ta peau.

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Knife Play. Dans le milieu : Knife play, edge of blade.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : couteau émoussé, scalpel, ciseaux. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

CBT 10, Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Blood play 32, Fisting Vaginal 8, Fisting Anal 20, Breath play 73, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.

SourcesJay Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Dossie Easton & Janet Hardy, The New Topping Book, 2003 · Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886 · Paul Verhoeven, Basic Instinct, 1992 ; Luis Buñuel & Salvador Dalí, Un chien andalou, 1929

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €