
Pratiques extrêmes · le Donjon
Breath play
asphyxiophilie, hypoxyphilie · angl. Breath control, choking
Jouer avec le souffle : le retenir, le guider, le confier. Sous ce nom vit aussi la pratique la plus meurtrière du répertoire, celle qui serre le cou ou coupe l'air, et sur laquelle la médecine est sans nuance : aucune compression n'est sûre. Cette notice explique pourquoi, et ce qui reste jouable sans mettre la main sur une gorge.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 73 gages écrits
- Le Donjon
- Le jeu complet (le Donjon)
- Sur la commode : menottes, gode ceinture
Trois gages, tels que je les sers
Tom, place-toi derrière Eva, une main sur sa gorge et l'autre sur son ventre, contrôle sa respiration en caressant son corps
Tom, pénètre Eva en levrette et enroule ta main autour de sa gorge : maintiens la pression
Tom, reste allongé et laisse Eva poser brièvement sa main autour de ta gorge, en exerçant une pression légère et contrôlée. Respire entre chaque prise.
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
asphyxiophilie, du grec a- et sphyxis, « absence de pouls » ; hypoxyphilie, de hypoxie, le manque d'oxygène. Les anglophones disent breath control ou, plus crûment, choking, « étranglement ».
La pratique entre dans l'histoire par un fait divers. En 1791, le compositeur tchèque František Kočvara, auteur de La Bataille de Prague, meurt à Londres chez une prostituée à qui il avait demandé de le pendre quelques instants ; le procès acquitte la jeune femme et le compte rendu circule sous le manteau pendant un siècle. La même année, Sade fait décrire dans Justine les délices d'une pendaison interrompue. L'idée que la suffocation aiguise le plaisir est ancienne ; l'idée qu'elle tue l'est autant.
II · Ce qui se passe dans le corps
L'envie de respirer n'est pas déclenchée par le manque d'oxygène mais par l'excès de gaz carbonique : c'est lui qui brûle la poitrine quand on retient son souffle. Le manque d'oxygène, lui, ne fait pas mal ; il grise. Vertige, fourmillements, chaleur : l'hypoxie ressemble à une ivresse, et c'est ce qui la rend traître, parce que le cerveau qui en manque ne s'en alarme pas. Il s'éteint sans prévenir, en une dizaine de secondes si les carotides sont comprimées, et se lèse au bout de quelques minutes.
Toute pression sur le cou, main, bras, lien, foulard ; tout sac ou masque étanche ; tout poids sur la cage thoracique ; toute suffocation d'une personne attachée ou seule.
Le souffle qu'on retient soi-même, la main posée sur la bouche que l'autre peut ôter d'un geste, la respiration commandée à la voix. Le pouvoir sur le souffle, sans la main sur l'air.
III · Comment on s'y prend
- 1Exclure la compression, et le dire.La règle est posée à voix haute : personne ne touche au cou, personne ne bloque le nez. Ce n'est pas une limite personnelle, c'est la limite de la pratique.
- 2Commander la respiration.Une voix impose le rythme : inspire sur quatre temps, garde, expire sur huit. Ne plus respirer à son gré, pendant une caresse, produit déjà le vertige recherché.
- 3Retenir soi-même.« Tu ne respires pas tant que je n'ai pas fini. » Celui qui joue retient son propre souffle ; son corps reprendra l'air de lui-même, toujours, parce que le réflexe est plus fort que la consigne. C'est la version la plus sûre de toutes.
- 4La main sur la bouche.À plat, sur la bouche seule, jamais sur le nez, et l'autre a une main libre pour la retirer : la pression est symbolique, l'air passe. Quelques secondes, puis on relâche, et on regarde le visage.
- 5Finir dans les bras.Le jeu du souffle fait monter l'adrénaline et la dépendance ; il redescend dans la chaleur, avec de l'eau, des mots, et l'assurance qu'on n'a jamais été en danger.
IV · Les précautions
- Aucune technique de strangulation n'est sûre. Ni la main, ni le bras, ni la « prise contrôlée », ni le compte à trois. Le réflexe du sinus carotidien et les arythmies ne dépendent pas de la force, et la perte de connaissance ne prévient pas. Les manuels de la scène kink eux-mêmes, Jay Wiseman en tête, concluent qu'il n'existe pas de manière raisonnable de le faire.
- Jamais seul, jamais attaché, jamais de sac. L'asphyxie auto-érotique, pratiquée seul, tue chaque année des gens qui connaissaient le risque : le mécanisme de sécurité qu'on s'invente lâche au moment où l'on s'évanouit. Une personne attachée ou masquée ne peut pas se dégager ; un sac n'a pas de signal d'arrêt.
- Un signal qui n'a besoin ni de voix ni d'air. La main sur la bouche s'enlève d'un geste ; le rythme commandé s'interrompt sur un mouvement convenu. Celui qui commande regarde le visage en continu et arrête au moindre doute.
- Après une compression, même « légère » : les urgences. Voix changée, difficulté à avaler, mal de tête, confusion, faiblesse d'un côté, dans les heures ou les jours qui suivent : ce sont des signes de lésion vasculaire ou laryngée. Alcool et drogues, en amont, suppriment le peu de garde-fous qui restent.
La Roue, à retenir
Le vertige du manque d'air est réel et il se joue sans toucher au cou : souffle retenu par soi-même, respiration commandée, main relâchable. Toute compression du cou peut arrêter le cœur en quelques secondes, sans signe avant-coureur, quelle que soit l'expérience de celui qui serre.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Breath play, aussi appelée asphyxiophilie ou hypoxyphilie. Dans le milieu : Breath control, choking.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : menottes, gode ceinture, bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Dans la même famille
Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.










