Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon
Breath play
asphyxiophilie, n. · hypoxyphilie, n. · angl. Breath control, choking
asphyxiophilie, du grec a- et sphyxis, « absence de pouls » ; hypoxyphilie, de hypoxie, le manque d'oxygène. Les anglophones disent breath control ou, plus crûment, choking, « étranglement ».
Jouer avec le souffle : le retenir, le guider, le confier. Sous ce nom vit aussi la pratique la plus meurtrière du répertoire, celle qui serre le cou ou coupe l'air, et sur laquelle la médecine est sans nuance : aucune compression n'est sûre. Cette notice explique pourquoi, et ce qui reste jouable sans mettre la main sur une gorge.
D'où vient le gesteun compositeur pendu à Londres et deux siècles de dossiers
La pratique entre dans l'histoire par un fait divers. En 1791, le compositeur tchèque František Kočvara, auteur de La Bataille de Prague, meurt à Londres chez une prostituée à qui il avait demandé de le pendre quelques instants ; le procès acquitte la jeune femme et le compte rendu circule sous le manteau pendant un siècle. La même année, Sade fait décrire dans Justine les délices d'une pendaison interrompue. L'idée que la suffocation aiguise le plaisir est ancienne ; l'idée qu'elle tue l'est autant.
La psychiatrie du XIXe siècle, Krafft-Ebing en tête, range ces cas parmi les perversions cliniques ; la médecine légale du XXe en fait une rubrique à part, celle des morts par asphyxie auto-érotique, dont l'ouvrage de référence, en 1983, recense des centaines de décès américains chaque année. Depuis les années 2010, l'étranglement pendant le sexe s'est banalisé chez les jeunes adultes, porté par la pornographie ; des enquêtes universitaires en mesurent la fréquence et les séquelles. Le geste a changé d'image, pas de physiologie.
Ce qui se passe dans le corpspourquoi ça grise, pourquoi ça tue
L'envie de respirer n'est pas déclenchée par le manque d'oxygène mais par l'excès de gaz carbonique : c'est lui qui brûle la poitrine quand on retient son souffle. Le manque d'oxygène, lui, ne fait pas mal ; il grise. Vertige, fourmillements, chaleur : l'hypoxie ressemble à une ivresse, et c'est ce qui la rend traître, parce que le cerveau qui en manque ne s'en alarme pas. Il s'éteint sans prévenir, en une dizaine de secondes si les carotides sont comprimées, et se lèse au bout de quelques minutes.
Le cou ajoute deux pièges. Le sinus carotidien, juste sous l'angle de la mâchoire, est un capteur de pression : appuyé, il commande au cœur de ralentir, jusqu'à l'arrêt chez certains, en quelques secondes et sans rapport avec la force employée. Et le rythme cardiaque, dérangé par l'hypoxie et l'adrénaline, peut partir en arythmie après que la main s'est relevée. S'y ajoutent les lésions différées : dissection de la carotide, accident vasculaire quelques jours plus tard, fracture du larynx. Il n'existe aucun signe préalable que la personne qui serre puisse lire à temps ; c'est la conclusion de tous ceux qui ont étudié la question.
Ce qui tue à ne pas jouer
Toute pression sur le cou, main, bras, lien, foulard ; tout sac ou masque étanche ; tout poids sur la cage thoracique ; toute suffocation d'une personne attachée ou seule.
Ce qui reste sans compression
Le souffle qu'on retient soi-même, la main posée sur la bouche que l'autre peut ôter d'un geste, la respiration commandée à la voix. Le pouvoir sur le souffle, sans la main sur l'air.
Comment on s'y prendle souffle commandé, jamais coupé
- Exclure la compression, et le dire. La règle est posée à voix haute : personne ne touche au cou, personne ne bloque le nez. Ce n'est pas une limite personnelle, c'est la limite de la pratique.
- Commander la respiration. Une voix impose le rythme : inspire sur quatre temps, garde, expire sur huit. Ne plus respirer à son gré, pendant une caresse, produit déjà le vertige recherché.
- Retenir soi-même. « Tu ne respires pas tant que je n'ai pas fini. » Celui qui joue retient son propre souffle ; son corps reprendra l'air de lui-même, toujours, parce que le réflexe est plus fort que la consigne. C'est la version la plus sûre de toutes.
- La main sur la bouche. À plat, sur la bouche seule, jamais sur le nez, et l'autre a une main libre pour la retirer : la pression est symbolique, l'air passe. Quelques secondes, puis on relâche, et on regarde le visage.
- Finir dans les bras. Le jeu du souffle fait monter l'adrénaline et la dépendance ; il redescend dans la chaleur, avec de l'eau, des mots, et l'assurance qu'on n'a jamais été en danger.
Les précautionsla seule pratique où la règle est un refus
Dans la cultureun tabou qui s'est mis à circuler
Longtemps, le jeu du souffle n'a existé que dans les pages des médecins légistes et dans quelques faits divers célèbres, dont la mort de l'acteur David Carradine, en 2009, attribuée par la presse à un accident de ce type. Le « jeu du foulard » des cours d'école, même physiologie, a fait l'objet de campagnes de prévention en France dès les années 2000. Ce qui a changé récemment, c'est la banalisation : la main sur la gorge est devenue une image ordinaire de la pornographie, puis des séries, et les enquêtes menées auprès d'étudiants américains montrent qu'une majorité de jeunes femmes disent y avoir été exposées. La notice ne prétend pas renverser une mode ; elle rappelle que l'anatomie n'a pas suivi.
Dans Intiimix
Une pratique de la salle Pratiques extrêmes, dans le Donjon, qui entre au niveau 3, Préliminaires, et monte jusqu'au niveau 4.
La montée
À la table
- Piècele Donjon
- Gages écrits73 · 25 racines
- Dans la démo gratuitele jeu complet
- Sur la commodemenottes, gode ceinture, bandeau (yeux)
- Mains nuesla plupart des gages
Deux gages, doux et hard
Léo, assieds-toi sur le torse de Chloé et couvre sa bouche et son nez avec ta paume : maintiens la pression sur le visage de Chloé
N3Théo, reste allongé et laisse Adam poser brièvement sa main autour de ta gorge, en exerçant une pression légère et contrôlée. Respire entre chaque prise.
N4Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Breath play, aussi appelée asphyxiophilie ou hypoxyphilie. Dans le milieu : Breath control, choking.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : menottes, gode ceinture, bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.
Voir aussi
CBT 10, Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Blood play 32, Fisting Vaginal 8, Fisting Anal 20, Knife Play 91, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.
SourcesJay Wiseman, « The Medical Realities of Breath Control Play », 1997 · Robert Hazelwood, Park Dietz & Ann Burgess, Autoerotic Fatalities, 1983 · Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886 · Debby Herbenick et al., « Frequency, Method, Intensity, and Health Sequelae of Sexual Choking Among U.S. Undergraduate and Graduate Students », Archives of Sexual Behavior, 2022