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Lexique · Pratiques extrêmes · le Donjon

Fisting Anal

angl. Fisting

fisting, de l'anglais fist, « poing » : le mot sort de l'argot gay américain des années 1970, où l'on dit aussi handballing. Le français a gardé « fist » ; les cliniciens parlent de pénétration manuelle.

Faire entrer la main entière dans l'anus de l'autre, ou la recevoir : un doigt, puis deux, puis la main repliée, au fil de séances qui se comptent en semaines. Le poing n'est pas le but, c'est un point d'arrivée que beaucoup n'atteignent jamais et que personne ne force. Une pratique de lenteur, de lubrifiant et de confiance, avant d'être une pratique de taille.

D'où vient le gesteun club de San Francisco et un mouchoir rouge

La pénétration à la main a sans doute toujours existé, mais elle n'a de nom et de culture que depuis la scène cuir gay des années 1970. À San Francisco, un club privé, les Catacombs, en fait entre 1975 et le début des années 1980 une discipline à part entière, avec ses élingues et ses boîtes de graisse végétale ouvertes le long des murs. L'anthropologue Gayle Rubin, qui l'a fréquenté, en a laissé une description célèbre : un lieu de soin autant que de sexe, où l'on entrait lentement et où l'on veillait sur celui qui recevait.

Le code des mouchoirs, ces foulards de couleur portés à la poche arrière pour annoncer ses goûts, réserve au fisting le rouge. L'épidémie de sida a fermé la plupart des clubs au milieu des années 1980 ; la pratique a survécu, s'est dotée de gants et de lubrifiants adaptés, et a gagné le lit conjugal, où elle se joue sans élingue ni graisse, avec les mêmes règles de patience.

Ce qui se passe dans le corpsdeux anneaux, un réflexe et beaucoup de temps

L'anus est fermé par deux muscles superposés. Le sphincter externe, strié, obéit à la volonté. Le sphincter interne, lisse, ne répond à personne : il se relâche par réflexe, quand le rectum se distend, et se contracte sous la peur, le froid ou la douleur. Tout l'art du fisting consiste à laisser ce muscle involontaire se relâcher de lui-même, ce qui prend des minutes pour un doigt et des séances pour une main. Derrière les anneaux, le rectum décrit une courbe ; la main la suit, elle ne la redresse pas.

La zone est très innervée : le nerf pudendal, la prostate chez l'homme, la paroi vaginale par transparence chez la femme, et une forte composante vagale qui explique la vague de chaleur, le cœur qui ralentit et l'état presque second que décrivent ceux qui reçoivent. Le rectum ne lubrifie pas ; sa muqueuse est mince, riche en vaisseaux, et se déchire plus facilement que la peau. D'où le lubrifiant à poignées, et la règle de ne jamais forcer.

La main en canard la forme

Doigts serrés, pouce replié dans la paume : un bec plat. C'est elle qui entre, jamais le poing ; le poing se forme parfois à l'intérieur, une fois la main passée, et on y reste immobile.

Le lubrifiant beaucoup, et du bon

Eau ou silicone, en quantité qui paraît excessive. Les graisses et huiles, la Crisco des Catacombs comprise, détruisent le latex des gants et des préservatifs.

Comment on s'y prenddoigt par doigt, séance après séance

  1. Préparer. Ongles courts et limés, gants de nitrile ou de latex, lubrifiant à la main, serviette, du temps devant soi. Celui qui reçoit a vidé son intestin ; une douche rectale à l'eau tiède suffit.
  2. Commencer par un doigt. Sur le côté ou à quatre pattes, l'autre respire lentement ; un doigt ganté et lubrifié se pose et attend que l'anneau vienne à lui. On masse, on ne pousse pas.
  3. Ajouter sur demande. Deux doigts, trois, quatre : chaque ajout se fait sur l'expiration, à la demande de celui qui reçoit, et l'on recule au moindre serrement. Beaucoup de soirées s'arrêtent là, et ce sont de bonnes soirées.
  4. Passer la main, un jour. Quand quatre doigts entrent sans résistance, la main en canard se présente et avance millimètre par millimètre ; les jointures sont le passage le plus large. Une fois passées, on ne bouge plus : on laisse l'autre sentir, respirer, décider.
  5. Sortir plus lentement encore. La sortie est le moment des déchirures : on rouvre la main, on la retire doigt par doigt, sur les mots de celui qui reçoit. Puis on s'allonge ensemble ; le corps met un quart d'heure à redescendre.

Les précautionsl'intestin ne pardonne pas la force

Jamais forcer, jamais vite. Une déchirure de la muqueuse saigne ; une perforation du rectum laisse passer les bactéries dans l'abdomen et provoque une péritonite, mortelle sans chirurgie. Douleur vive, saignement qui ne s'arrête pas, ventre dur, fièvre dans les heures qui suivent : les urgences, sans attendre le matin.
Gants et lubrifiant, sans exception. Les micro-lésions du rectum ouvrent une porte au VIH, aux hépatites B et C et aux autres IST, dans les deux sens : la main aussi peut avoir une coupure. Un gant neuf par partenaire, et jamais du cul au vagin sans changer de gant.
Poppers : jamais avec le Viagra. Les nitrites inhalés relâchent les muscles lisses, dont le sphincter interne, d'où leur vieille alliance avec la pratique. Ils font aussi chuter la tension : avec le sildénafil et ses cousins, ou les médicaments à base de nitrates, ils peuvent provoquer un collapsus. Et ils masquent la douleur, seul signal fiable du corps.
Sobre, à deux, sur des semaines. Alcool et drogues éteignent la douleur et la prudence. Le fisting se construit sur plusieurs séances, jamais en une nuit ; celui qui reçoit commande la vitesse et son premier mot arrête tout.

Dans la cultureMapplethorpe et Rubin

La pratique a une iconographie signée : le X Portfolio de Robert Mapplethorpe (1978) contient l'une des rares images de fisting entrées dans l'histoire de la photographie, et c'est autour de ces tirages qu'a eu lieu, en 1990 à Cincinnati, l'un des grands procès américains pour obscénité, gagné par le musée. Côté texte, l'essai de Gayle Rubin sur les Catacombs reste le document le plus lu, moins pour ce qu'il décrit que pour la façon dont il décrit une communauté qui prenait soin de ses membres. Longtemps épouvantail, la pratique est aujourd'hui traitée par les associations de lutte contre le sida comme une pratique parmi d'autres, avec ses règles : c'est ce passage de la rumeur à la fiche de réduction des risques qui résume son histoire.

À retenirLe poing est une légende, la main en canard une réalité, et les deux demandent des séances plutôt que des minutes. Gants, lubrifiant à profusion, jamais de force : la seule vitesse qui vaille est celle de celui qui reçoit.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la pratique vit derrière la porte du Donjon, aux niveaux Préliminaires et Pénétration : la progression doigt par doigt avec gants et lubrifiant, l'immobilité une fois la main passée, la sortie aussi lente que l'entrée. Celui qui reçoit garde la parole sur chaque centimètre, et son premier mot arrête le gage.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Donjon
  • Gages écrits20 · 5 racines
  • Dans la démo gratuitele jeu complet
  • Sur la commodelubrifiant, gants latex
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, avec beaucoup de lubrifiant et de patience, insère tes doigts un à un dans l'anus de Chloé, en ne progressant que lorsqu'elle est parfaitement détendue

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Théo, enfile les gants latex et lubrifie ta main. Glisse un doigt dans le cul d'Adam et ajoute sur sa demande, jusqu'à la main en canard : son premier mot arrête tout

Niveau 4 · Pénétration · deux hommes
N4

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Fisting Anal. Dans le milieu : Fisting.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : lubrifiant, gants latex. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Non : c'est une pratique du Donjon, qui s'ouvre avec le jeu complet.

Voir aussi

CBT 10, Sounding 6, Scatologie 40, Émétophilie 31, Blood play 32, Fisting Vaginal 8, Breath play 73, Knife Play 91, Fire play 56, Needle play 52, Edge play 32.

SourcesGayle Rubin, « The Catacombs: A Temple of the Butthole », dans Mark Thompson (dir.), Leatherfolk, 1991 · Bert Herrman, Trust: The Hand Book. A Guide to the Sensual and Spiritual Art of Handballing, 1991 · Jay Wiseman, SM 101: A Realistic Introduction, 1996 · Fiches de réduction des risques de AIDES et de Sida Info Service sur les pratiques anales, le fisting et les poppers

Jouez-la ce soir

La démo gratuite ouvre le Boudoir. Le Donjon, et cette pratique avec lui, s'ouvre avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €