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Patron / Employé, le dessin du jeu

Jeux de rôle · le Boudoir

Patron / Employé

Un bureau, une hiérarchie, un entretien qui tourne mal ou trop bien : le patron ordonne, l'employé obéit, ou le contraire, et chacun sait que la scène est écrite pour deux égaux. Le jeu met en costume la plus vieille question du désir : que fait le pouvoir au corps de l'autre, quand les deux l'ont voulu ?

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 8 gages écrits
  • Le Boudoir
  • Après le déshabillage : le jeu complet

Deux gages, tels que je les sers

Tom, ta patronne Eva exige un massage intégral pour compenser ta défaite : commence par ses pieds, remonte le long de ses jambes et obéis à chaque directive
Niveau 3 · Préliminaires
Tom, employé dévoué, satisfais chaque caprice de la patronne Eva : apporte-lui à boire, évente Eva et embrasse ses mains à chaque ordre accompli
Niveau 3 · Préliminaires

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

« patron », du latin patronus, le protecteur de ses affranchis, de pater ; « employé », d'employer, du latin implicare, « plier dans, engager ». Le rôle d'en haut protège, celui d'en bas s'engage : l'étymologie est déjà une scène.

Le fantasme du maître qui use de sa position est plus vieux que le salariat. Le « droit de cuissage » en est la légende la plus tenace : l'historien Alain Boureau a montré en 1995 qu'il n'a jamais existé comme droit, et qu'il s'agit d'une fable fabriquée au fil des siècles, puis brandie au XIXe contre l'Ancien Régime. Beaumarchais en avait déjà fait le ressort du Mariage de Figaro (1784) : le comte Almaviva y a renoncé au droit, et passe la pièce à vouloir le reprendre sur Suzanne. Le désir du puissant est là depuis toujours ; sa légitimité, jamais.

II · Ce qui se passe dans le corps

Le pouvoir agit sur le corps de qui le tient comme de qui le subit. La psychologie sociale a montré qu'une position de pouvoir, même attribuée pour une heure en laboratoire, rend plus entreprenant, plus sûr, plus prompt à agir (Keltner, Gruenfeld & Anderson, 2003) ; celui qui obéit, lui, surveille, anticipe, et cette vigilance a la même signature que l'attente sexuelle : cœur plus vite, attention resserrée. Le jeu fabrique ces deux états sur commande, avec un bureau et un vouvoiement.

L'entretien

Convocation, porte fermée, « asseyez-vous ». L'augmentation, le licenciement, la faute à réparer : le prétexte se choisit en une phrase.

L'assistant qui tient tout

Le patron qui ne sait rien faire sans son assistant, et qui le sait : le pouvoir change de main sans changer de titre.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Fixer le contrat avant le contrat.Qui commande, jusqu'où, et le mot qui fait sortir du rôle. On le dit avant, en son nom, jamais dans la scène : deux adultes égaux qui se prêtent une hiérarchie.
  2. 2Trois accessoires.Une chemise boutonnée, des lunettes, un dossier. Le bureau peut être la table de la cuisine ; ce qui compte est le vouvoiement et la porte fermée.
  3. 3Convoquer.Faire attendre, feuilleter le dossier, poser des questions. L'employé se justifie, s'excuse, promet de faire mieux : l'attente est déjà la scène.
  4. 4Laisser la ligne se franchir.La remarque sur la tenue, la main posée trop près de la main, la proposition qu'on n'aurait jamais faite. Chaque pas dit à voix haute ce qui ne se dit jamais dans un vrai bureau.
  5. 5Retourner la scène.L'employé qui sait quelque chose, qui menace, qui prend la place : le pouvoir change de côté. La prochaine fois, les rôles sont inversés d'entrée.

IV · Les précautions

  • Un mot de sortie hors dialogue. Pas « stop » ni « non », que le personnage pourrait dire : un mot étranger à la scène, respecté à l'instant.
  • Jamais son vrai patron, jamais son vrai employé. On joue un rôle, pas une personne réelle. Le collègue, le supérieur, le salarié de l'un ou de l'autre restent hors de la chambre : le jeu n'est pas une répétition.
  • Le fantasme n'est pas un permis. Ce que la scène autorise ne vaut que dans la scène. Le harcèlement réel ne ressemble à rien de cela : il n'a ni contrat, ni mot de sortie, ni égalité.
  • Après, deux minutes. Dire ce qui a plu et ce qui a pesé. Le rôle du dominé laisse parfois un reste ; on le nomme, on le range.

La Roue, à retenir

Le pouvoir excite les deux côtés du bureau, celui qui commande et celui qui surveille. On le joue entre égaux, hors du vrai travail, avec un mot qui rend chacun à sa place.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Patron / Employé.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun : la pratique se joue mains nues.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : elle arrive après le déshabillage, avec le jeu complet.

Dans la même famille

L'essai gratuit ouvre les deux premiers niveaux, jusqu'au déshabillage. Le jeu complet ouvre tout, une fois pour toutes.

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