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Prêtre / Pénitent(e)
« pénitent », du latin paenitere, « se repentir » ; « confession », de confiteri, « avouer ». Le mot désigne d'abord l'aveu de foi, puis l'aveu des fautes : c'est ce second sens que la chambre retient.
Avouer ses fautes à quelqu'un qui a le pouvoir de les absoudre, ou de les faire expier : le confessionnal comme théâtre du désir. Le scénario du prêtre et du pénitent joue sur la transgression du sacré, sur la parole qui dit tout, et sur la pénitence qu'on inflige ou qu'on reçoit.
D'où vient le gestele confessionnal, une invention du XVIe siècle
La confession individuelle devient obligatoire pour tout chrétien en 1215, au concile de Latran IV : au moins une fois l'an, dire ses péchés à un prêtre. Pendant trois siècles, elle se fait face à face, en public parfois. Le meuble à grille, qui sépare le confesseur du pénitent et ne laisse passer que la voix, est une invention de la Contre-Réforme : Charles Borromée, archevêque de Milan, l'impose dans les années 1560 précisément pour empêcher les contacts entre le prêtre et les femmes qui se confessent. L'Église savait ce qu'elle faisait : les archives de l'Inquisition espagnole regorgent de procès pour sollicitation, ce crime du confesseur qui séduit sa pénitente à l'abri du sacrement.
La littérature libertine n'a pas laissé passer l'occasion. Le Décaméron de Boccace, au XIVe siècle déjà, met le diable en enfer dans la cellule d'un ermite et un jardinier « muet » dans un couvent ; Diderot écrit La Religieuse vers 1760 ; Sade fait dialoguer un prêtre et un mourant (1782) et remplit Justine de moines. Le confessionnal est devenu, pour trois siècles de romans, le lieu où le désir parle avec la voix de l'interdit.
Ce qui se passe dans le corpsdire, entendre, et la grille entre les deux
La confession est une pratique de la parole : on dit ce qu'on a fait, ce qu'on a voulu, ce qu'on désire encore, à quelqu'un qui écoute sans se montrer. Michel Foucault a vu dans cette obligation d'aveu, dans La Volonté de savoir (1976), la matrice de tout le discours occidental sur le sexe : l'Église a inventé le devoir de tout dire, et le tout-dire est devenu excitant. Décrire à voix haute une envie, la détailler, la répéter à la demande, fait monter le désir plus sûrement qu'un geste : la honte et l'excitation partagent les mêmes rougeurs, le même cœur qui bat.
La grille joue le rôle du bandeau : une voix sans visage, une proximité sans contact, une intimité qui ne peut pas se toucher, jusqu'à ce qu'elle le puisse. Et la pénitence renverse le rapport : celui qui a écouté impose, celui qui a parlé accepte. Le scénario passe de la parole au corps par une porte que le sacré rend plus étroite, donc plus intense.
L'aveu la parole
Le pénitent raconte, en détail, ce qu'il a fait ou rêvé ; le prêtre exige la précision. C'est la moitié verbale du jeu, et souvent la plus forte.
La pénitence le corps
Ce que le confesseur inflige pour laver la faute : une position à tenir, un geste à accomplir, un plaisir refusé ou ordonné. Négociée comme toute punition.
Comment on s'y prendla grille, l'aveu, l'absolution
- Dresser la grille. Deux chaises dos à dos, un paravent, une porte entrouverte : le pénitent ne voit pas le prêtre, il l'entend. La pénombre aide, une bougie suffit.
- Ouvrir la confession. « Depuis quand ne vous êtes-vous pas confessé ? » Le pénitent commence par une faute bénigne. Le prêtre demande des détails, puis d'autres fautes, puis la vraie.
- Faire dire. Le prêtre ne laisse rien passer : qui, où, combien de fois, ce que le pénitent a ressenti. Le pénitent rougit, hésite, avoue. La lenteur est l'arme.
- Imposer la pénitence. Elle sort du cadre convenu : se dévêtir derrière la grille, tenir une position, se toucher sous les ordres, ou s'en abstenir. Le prêtre observe sans être vu, puis traverse la grille.
- Absoudre. La faute est levée ; le rôle tombe. Certains couples aiment inverser aussitôt : le confesseur devient pénitent, et confesse ce qu'il vient de faire.
Les précautionsle sacré des uns
Dans la culturede Boccace à Fleabag
Le prêtre désirable est une figure que chaque siècle réinvente : le moine paillard du Moyen Âge, le confesseur de Sade, le père Ralph des Oiseaux se cachent pour mourir (1977), le prêtre de Fleabag (2019) qui a rendu à l'expression « hot priest » une seconde jeunesse. Bernin, dans la Transverbération de sainte Thérèse (vers 1650), avait déjà sculpté une extase religieuse que tout le monde regarde comme autre chose. Le scénario du confessionnal hérite de cette longue équivoque : le lieu où l'on avoue le désir est aussi celui où il naît.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, la confession se tire aux Préliminaires : le gage installe la grille, désigne qui avoue et qui absout, et fixe la pénitence dans les limites que la table a posées. La parole fait la première moitié du gage, le corps la seconde.
La montée
À la table
- Piècele Boudoir
- Gages écrits8 · 2 racines
- Dans la démo gratuite2 gages
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, le pénitent doit confesser ses péchés : agenouille-toi devant Chloé, avoue tes trois pensées les plus impures à voix basse et accepte la pénitence physique qu'elle t'impose
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Prêtre / Pénitent(e).
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun : la pratique se joue mains nues.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 2 gages. Les 8 avec le jeu complet.
Voir aussi
Médecin / Patient 18, Prof / Élève 8, Patron / Employé 8, Inconnus 8, Escort / Client 8, Cambrioleur 8, Policier / Suspect 8, Photographe / Modèle 16, Masseur / Client 8, Réparateur / Propriétaire 8, Vampire / Victime 8, Kidnappeur / Otage 8, Alien / Humain 8.
SourcesStephen Haliczer, Sexuality in the Confessional: A Sacrament Profaned, 1996 · Michel Foucault, Histoire de la sexualité, t. I : La Volonté de savoir, 1976 · Denis Diderot, La Religieuse, écrit vers 1760, publié en 1796 · Boccace, Décaméron, vers 1350 (troisième journée, nouvelles 1 et 10)