Lexique · Jeux de rôle · le Boudoir
Vampire / Victime
angl. Vampire play
« vampire », attesté en français vers 1740, vient du serbe vampir, par l'allemand, à la faveur d'une vague de récits venus des Balkans dans les années 1730. Vampire play, en anglais, désigne le jeu de rôle ; blood play, une pratique distincte, où le sang coule vraiment.
La nuit, le cou, la morsure : l'un joue la créature qui a faim, l'autre la proie qui se laisse prendre. Le scénario vampirique met en scène une peur consentie et un abandon total, sans que le sang coule ; c'est la pression des dents sur la gorge, pas la plaie, qui fait la pratique.
D'où vient le gestede la villa Diodati à Carmilla
Le vampire érotique naît en 1816, dans une villa au bord du lac Léman : l'été où Mary Shelley conçoit Frankenstein, le médecin de Byron, John Polidori, écrit Le Vampyre (1819), premier vampire aristocrate et séducteur. En 1872, Sheridan Le Fanu publie Carmilla : une jeune femme, Laura, s'attache à une invitée qui vient la visiter la nuit, l'embrasse dans le cou et boit à sa gorge. Le désir entre deux femmes y est dit sans détour, sous couvert de surnaturel ; le vampire devient le masque le plus commode de ce que le siècle ne pouvait nommer.
Dracula de Bram Stoker (1897) fixe le reste : le comte étranger, le cou de Lucy et de Mina, la morsure comme baiser prolongé, l'hypnose qui vaut abandon. Le cinéma ne lâchera plus l'image, de Nosferatu (1922) à Bela Lugosi (1931), de Christopher Lee chez Hammer à la parodie de Polanski, Le Bal des vampires (1967), jusqu'aux vampires amoureux d'Anne Rice et de Twilight. Le jeu de rôle prend tout cela : la cape est optionnelle, le cou ne l'est pas.
Ce qui se passe dans le corpsle cou, la peur et l'emprunt d'émotion
Le cou est l'une des zones les plus sensibles du corps : peau fine, poils courts, donc riche en fibres C tactiles, celles qui répondent au frôlement lent ; et un lieu de vulnérabilité que le corps sait d'instinct, puisque la carotide et la trachée y passent. Offrir sa gorge est un geste d'abandon que tous les mammifères comprennent. Une bouche qui s'y pose, un souffle, des dents qui pressent sans percer : le frisson va des cervicales aux reins.
La peur fait le reste. Les psychologues ont montré, depuis les années 1970, que l'excitation du corps se transfère d'une émotion à l'autre : un cœur qui bat de frayeur est lu par le cerveau comme un cœur qui bat de désir, dès lors que l'objet du désir est à portée. L'expérience du pont suspendu de Dutton et Aron (1974) en est le cas d'école. Le vampire exploite cet emprunt : la victime a un peu peur, pour de faux, et son corps prend l'alerte pour de l'envie.
La morsure sans sang le jeu
Dents posées sur l'épaule ou le côté du cou, pression lente, jamais de percée. Une marque, un suçon au plus : tout ce que la pratique demande.
Le sang réel une autre pratique
Faire couler du sang relève du blood play : matériel stérile à usage unique, dépistage, formation. Ce n'est plus un jeu de rôle, et ce n'est pas cette notice.
Comment on s'y prendl'approche, le cou, l'emprise
- Faire la nuit. Lumière éteinte ou bougie, une fenêtre entrouverte, le silence : le vampire est d'abord une atmosphère. Une cape, des dents de résine, c'est en option, et souvent en trop.
- Approcher lentement. Le vampire ne se précipite pas : il regarde, il parle bas, il fait attendre. La victime sent le souffle sur la nuque avant le contact.
- Dégager la gorge. Le col qu'on écarte, les cheveux qu'on relève, la tête qu'on incline d'une main : c'est le geste-clé, celui qui dit « tu es à moi ».
- Mordre sans mordre. Lèvres, puis dents qui pressent, sur le muscle entre le cou et l'épaule, plus que sur le cou lui-même. On tient, on aspire un peu, on relâche : la victime vacille.
- Prendre l'emprise. Le vampire « hypnotise » : la victime ferme les yeux, obéit, se laisse déshabiller comme une somnambule. L'abandon est le vrai sujet du scénario.
Les précautionsla gorge n'est pas un jouet
Dans la culturela morsure comme baiser
Le vampire est la créature la plus érotique de la littérature fantastique parce qu'il transforme le meurtre en étreinte : il faut se pencher, dénuder le cou, embrasser, tenir. Le XIXe siècle victorien s'en est servi pour dire le désir féminin, la sexualité entre femmes, la peur de l'étranger séduisant ; le XXe en a fait un amant mélancolique, de Louis et Lestat chez Anne Rice à Edward Cullen. La chambre garde l'essentiel : deux personnes, une gorge offerte, et la nuit qui autorise ce que le jour n'ose pas.
Dans Intiimix
Dans Intiimix, le vampire se lève aux Préliminaires, quand la gorge est déjà découverte : le gage désigne la créature et la proie, dicte l'approche et la morsure sans sang, et laisse l'emprise faire le reste.
La montée
À la table
- Piècele Boudoir
- Gages écrits8 · 2 racines
- Dans la démo gratuite2 gages
- Mains nuesla plupart des gages
Un gage, pour goûter
Léo, la victime est à ta merci : plaque Chloé contre toi, mordille délicatement son cou et ses épaules en grognant comme un vampire affamé
N3Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.
Notes
Comment s'appelle cette pratique ?
Vampire / Victime. Dans le milieu : Vampire play.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 3, Préliminaires.
Quels accessoires ?
Aucun : la pratique se joue mains nues.
Est-elle dans la démo gratuite ?
Oui, 2 gages. Les 8 avec le jeu complet.
Voir aussi
Médecin / Patient 18, Prof / Élève 8, Patron / Employé 8, Inconnus 8, Escort / Client 8, Cambrioleur 8, Policier / Suspect 8, Photographe / Modèle 16, Masseur / Client 8, Réparateur / Propriétaire 8, Kidnappeur / Otage 8, Prêtre / Pénitent(e) 8, Alien / Humain 8.
SourcesJohn Polidori, The Vampyre, 1819 ; Sheridan Le Fanu, Carmilla, 1872 ; Bram Stoker, Dracula, 1897 · Dutton & Aron, « Some evidence for heightened sexual attraction under conditions of high anxiety », Journal of Personality and Social Psychology, 1974 · Roman Polanski, Le Bal des vampires (The Fearless Vampire Killers), 1967