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Lexique · Jeux de rôle · le Boudoir et le Donjon

Médecin / Patient

« médecin », du latin medicus, « qui soigne » ; « patient », de patiens, « celui qui supporte, qui subit » : le rôle est dans le mot. Les communautés disent medical play ou jeu médical ; le fétiche de la blouse blanche n'a pas de nom savant qui fasse autorité.

Une blouse, une table, un corps qu'on examine : le jeu médical met en scène l'ausculté et l'auscultant. L'un se déshabille sur ordre, l'autre regarde, touche, questionne avec le sérieux du cabinet. Le désir vient de cette autorité douce, et d'une nudité qui n'a plus à se justifier.

D'où vient le gestedu cabinet du XIXe siècle au psychodrame

L'examen médical est l'un des rares moments où un adulte se déshabille devant un inconnu sur simple demande. Cette exception date du XIXe siècle, quand la médecine entre dans le corps : le stéthoscope de Laennec (1816), le spéculum, la table d'examen, le cabinet où l'on obéit nu. Une légende tenace veut que les médecins victoriens aient traité l'« hystérie » par des massages pelviens et inventé le vibromasseur pour se soulager les mains : la thèse de Rachel Maines (1999) a été démontée en 2018 par Hallie Lieberman et Eric Schatzberg, qui n'en trouvent aucune preuve dans les sources. Le fantasme du médecin n'a pas eu besoin d'être vrai pour prospérer.

Le jeu de rôle comme méthode a un inventeur, et c'est un médecin : Jacob Levy Moreno, psychiatre viennois, ouvre en 1921 un « théâtre de la spontanéité », puis, émigré aux États-Unis, fonde le psychodrame (Beacon, 1936 ; Psychodrama, 1946). Sa découverte tient en un mot : le renversement de rôle. Jouer l'autre, c'est le comprendre de l'intérieur. Le jeu du médecin et du patient est un psychodrame de chambre : l'un tient l'autorité, l'autre la remise de soi, et l'on échange volontiers à la séance suivante.

Ce qui se passe dans le corpsla blouse blanche fait monter la tension

L'autorité médicale agit sur le corps avant le premier geste : c'est l'« effet blouse blanche », mesuré dès 1983 par l'équipe de Giuseppe Mancia, qui a vu la pression artérielle des patients grimper à l'arrivée du médecin, d'une vingtaine de millimètres de mercure, puis retomber en quelques minutes. Le cœur accélère devant qui a le droit de vous examiner. Dans le jeu, cette réaction vraie est mise au service du désir : la blouse et le ton suffisent à faire battre le sang, avant qu'une main se pose.

Le second levier est le regard clinique : être regardé sans être désiré, du moins en apparence. La nudité du cabinet n'est pas érotique par convention, et c'est cette convention que le jeu détourne. Le corps s'expose sous un prétexte, le prétexte s'effrite, le désir apparaît là où il n'avait pas droit de cité. Les psychologues parlent de transfert d'excitation (Zillmann, 1971) : une émotion, ici la gêne ou l'appréhension, se convertit en excitation quand le contexte l'y invite. Tous les rôles de la famille reposent sur ce mécanisme ; celui du médecin est le plus littéral, parce que la gêne y est écrite d'avance.

Le protocole l'auscultation

Écouter le cœur, palper le ventre, demander de tousser : des gestes vrais, dans l'ordre vrai. C'est le sérieux qui fait la scène.

Le dérapage quand le cabinet cède

Le moment où l'examen cesse d'être médical, annoncé à voix haute ou glissé en douceur : c'est lui qu'on attend depuis la salle d'attente.

Comment on s'y prendle sérieux d'abord, le dérapage ensuite

  1. Se donner les mots. Quel rôle, jusqu'où, et le mot qui fait sortir du personnage. On le décide habillé, avant que la blouse entre en scène, et l'on rappelle ce qui va de soi : deux adultes, égaux, qui jouent.
  2. Planter le décor. Une chaise, un drap, une lampe, une blouse ou une chemise blanche, un stéthoscope de jouet si l'on veut. Trois objets suffisent : le reste est dans le ton.
  3. Tenir le rôle. Vouvoyer, poser des questions, faire déshabiller pièce par pièce « pour l'examen ». Le patient obéit, hésite, se justifie : son rôle est d'être regardé.
  4. Ausculter. Mains réchauffées, gestes lents, commentaires cliniques. La zone examinée s'élargit peu à peu, avec des prétextes de moins en moins crédibles.
  5. Laisser la scène se retourner. Le patient qui prend l'initiative, le médecin qui cède, ou l'échange des rôles à la consultation suivante : le psychodrame se joue dans les deux sens.

Les précautionsun cabinet où rien n'est vraiment médical

Un mot de sortie, convenu et immédiat. Le personnage n'a aucun pouvoir sur la personne : le mot fait tomber la blouse, et l'on parle en son nom. Il est différent de tout ce que le patient pourrait dire dans la scène.
Aucun instrument réel dans le corps. Spéculum, seringue, thermomètre en verre, sonde : le matériel médical est conçu pour des mains formées. Les objets restent en surface, ou sont des jouets.
Le consentement est joué, pas remplacé. Le patient qui proteste dans la scène peut vouloir continuer ; seule la personne peut dire non pour de vrai. D'où le mot de sortie, et un geste convenu si la bouche est occupée.
Après la scène, on redevient soi. Quelques minutes pour se dire ce qui a plu, ce qui a gêné. Le rôle du patient laisse parfois une petite honte : on la nomme, elle passe.

Dans la culturede Cronenberg aux blouses de série

Le médecin est une figure érotique des écrans depuis longtemps : les infirmières des comédies des années 1970, les gynécologues jumeaux de Faux-semblants (David Cronenberg, 1988), les couloirs d'hôpital des séries où chaque garde finit dans un placard. Le théâtre l'avait précédé : dans Le Balcon de Jean Genet (1956), une maison close loue à ses clients les costumes du juge, de l'évêque et du général, et la pièce dit tout du jeu de rôle : ce n'est pas le pouvoir qu'on achète, c'est son image. La blouse blanche appartient à cette garde-robe. Elle autorise le regard, et le désir se glisse derrière.

À retenirLa blouse fait battre le cœur avant la main : c'est le sérieux du cabinet qui rend le dérapage désirable. Le personnage examine, la personne consent, et le mot de sortie sépare les deux.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Jeux de rôle, dans le Boudoir et le Donjon, qui entre au niveau 3, Préliminaires, et monte jusqu'au niveau 4.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècesle Boudoir · 4 et le Donjon · 2
  • Gages écrits18 · 6 racines
  • Dans la démo gratuite4 gages
  • Sur la commodelubrifiant, tige urétrale
  • Mains nuesla plupart des gages

Deux gages, doux et hard

Léo, allonge-toi et laisse Chloé jouer au médecin. Chloé examine chaque partie de ton corps en commentant ses observations à voix haute.

Niveau 3 · Préliminaires · le Boudoir · un couple
N3

Théo, joue le patient docile : allonge-toi et laisse le docteur Adam t'ausculter intégralement, en exécutant chaque instruction médicale sans protester

Niveau 3 · Préliminaires · le Boudoir · deux hommes
N3

Léo, Chloé, Théo et Adam tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Médecin / Patient.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires. Elle monte jusqu'au niveau 4, Pénétration.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : lubrifiant, tige urétrale. Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 4 gages. Les 18 avec le jeu complet, dont les 2 racines du Donjon.

Voir aussi

Prof / Élève 8, Patron / Employé 8, Inconnus 8, Escort / Client 8, Cambrioleur 8, Policier / Suspect 8, Photographe / Modèle 16, Masseur / Client 8, Réparateur / Propriétaire 8, Vampire / Victime 8, Kidnappeur / Otage 8, Prêtre / Pénitent(e) 8, Alien / Humain 8.

SourcesMoreno, Psychodrama, vol. 1, 1946 · Mancia et al., « Effects of blood-pressure measurement by the doctor on patient's blood pressure and heart rate », The Lancet, 1983 · Lieberman & Schatzberg, « A Failure of Academic Quality Control: The Technology of Orgasm », Journal of Positive Sexuality, 2018 · Genet, Le Balcon, 1956

Jouez-la ce soir

4 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 18 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €