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Lexique · Jeux de rôle · le Boudoir

Policier / Suspect

« police », du grec politeia, « gouvernement de la cité », par le latin politia ; « suspect », du latin suspectus, participe de suspicere, « regarder de bas en haut, soupçonner ». Le milieu dit uniform play ou cop play ; le fétichisme de l'uniforme n'a pas de nom savant établi.

Un interrogatoire, des menottes, une fouille au corps qui s'attarde : le jeu du policier et du suspect met l'uniforme au service du désir. L'un a le droit de questionner, de toucher, de retenir ; l'autre proteste, cède, négocie. L'autorité est de carton, l'égalité est réelle, et la clé des menottes ne quitte pas la pièce.

D'où vient le gestel'uniforme, le corps et le pouvoir

L'uniforme de police est jeune : les premières forces en tenue datent du XIXe siècle, les bobbies de Robert Peel à Londres en 1829, les sergents de ville à Paris la même année. Dès lors, un habit dit qui a le droit de vous arrêter, et le corps apprend à réagir au tissu avant de réagir à la personne. Michel Foucault, dans Surveiller et punir (1975), a décrit cette histoire : le pouvoir moderne s'exerce sur les corps par la discipline, le regard, la fouille, l'interrogatoire. Le jeu érotique en reprend les gestes exacts, et les vide de leur violence.

Le théâtre avait senti la chose avant les philosophes : dans Le Balcon de Jean Genet (1956), les clients d'une maison close paient pour jouer l'évêque, le juge, le général ; le chef de la police, lui, se désole que personne ne demande encore son costume. La pièce dit ce que la chambre vérifie : on ne désire pas le pouvoir, on désire son image, et l'image se loue. Le jeu de rôle est ce louage, entre deux adultes qui se rendent le costume à la fin.

Ce qui se passe dans le corpsl'autorité qui fait obéir le corps

L'autorité fait obéir avant même de commander. Les expériences de Stanley Milgram, à Yale au début des années 1960, l'ont montré de façon dérangeante : une blouse et un ton suffisent à faire suivre des ordres à des adultes ordinaires. Dans la chambre, le même réflexe est mis au service du plaisir : « mains sur le mur », et le corps se place, avec ce mélange d'appréhension et d'attention que produit toute injonction. La psychologie appelle transfert d'excitation cette conversion : la crainte devant l'uniforme, dans un cadre où le désir est permis, devient du désir.

Le second levier est la fouille, c'est-à-dire le toucher autorisé. Dans la vie, on ne touche pas un inconnu ; le policier en a le droit, méthodiquement, sans demander. Le suspect subit un contact qui n'est pas censé être sexuel, et c'est cette contradiction, le professionnel qui dérape, qui fait la scène. Les menottes ajoutent la contrainte : un métal froid, un cliquetis, et l'impossibilité de se couvrir. Leur effet est surtout mental ; leur danger, lui, est physique.

L'interrogatoire la scène-type

Une chaise, une lampe, des questions qu'on répète. Le suspect ment, le policier le sait, et le prix de la vérité se négocie.

Le contrôle au bord de la route

La version courte : « papiers », mains sur le capot, fouille. On la joue dans le couloir ou contre un mur, en cinq minutes.

Comment on s'y prendpapiers, fouille, aveu

  1. Négocier hors de la scène. Ce que le policier peut faire, ce que le suspect peut refuser pour de vrai, le mot et le geste de sortie. Puis seulement l'uniforme : deux adultes égaux qui se prêtent une autorité.
  2. Trois signes suffisent. Une chemise sombre, une casquette, des menottes de jeu à clé ou à déclic. Pas d'arme, même factice : l'autorité est dans la voix.
  3. Contrôler. « Papiers. Mains sur le mur. Écartez les jambes. » Le suspect discute, se plaint, obéit. La fouille est lente, méthodique, et s'attarde là où elle ne devrait pas.
  4. Interroger. Assis, menotté ou non, le suspect répond à côté ; le policier propose un arrangement. L'aveu se paie en gestes, chacun plus loin que le précédent.
  5. Relâcher. Les menottes s'ouvrent avec le mot de sortie, le policier redevient l'amant, et l'on se dit ce qui a plu. La prochaine fois, le suspect porte la casquette.

Les précautionsles menottes, le nerf et la loi

Un mot et un geste de sortie. Un mot étranger à la scène, et un signe de la main pour le cas où le suspect est bâillonné ou tourné vers le mur. L'un ou l'autre arrête tout, à l'instant.
Menottes : clé dans la pièce, jamais serrées. Les menottes de police compriment le nerf radial au poignet : engourdissement du pouce et du dos de la main, parfois des semaines de séquelles. Un doigt doit passer entre le métal et la peau ; la clé reste à portée ; on n'attache jamais en hauteur, ni derrière le dos sur un corps allongé à plat ventre. Les menottes de jeu à déclic ou à velcro évitent le problème.
Pas d'uniforme dehors, pas d'arme du tout. Porter publiquement une tenue de police sans en avoir le droit est puni par le code pénal ; le costume reste dans la chambre. Aucune arme, même factice : un jouet réaliste est un vrai risque.
Le suspect peut dire non pour de vrai. La protestation fait partie du jeu ; le mot de sortie, non. Après, quelques minutes hors rôle : l'autorité subie, même consentie, laisse parfois quelque chose à dire.

Dans la culturede Basic Instinct au chef de la police

L'interrogatoire le plus célèbre du cinéma est celui de Basic Instinct (Paul Verhoeven, 1992) : Sharon Stone, seule face à une rangée de policiers, retourne la scène en croisant les jambes. Le pouvoir change de camp sans qu'on ait touché à l'uniforme, et c'est exactement le ressort du jeu : le suspect qui mène l'interrogatoire. Vingt ans plus tôt, l'expérience de la prison de Stanford (Zimbardo, 1971), très critiquée depuis, avait montré des étudiants en uniforme de gardien se prendre au jeu en quelques jours ; la chambre fait le chemin inverse, elle prend l'uniforme pour ne pas s'y prendre.

À retenirL'uniforme fait obéir le corps avant la parole ; le jeu en garde le réflexe et retire la violence. Menottes lâches et clé dans la pièce, aucune arme, aucun costume dehors, et un mot qui rend chacun à son nom.

Dans Intiimix

Une pratique de la salle Jeux de rôle, dans le Boudoir, qui entre au niveau 3, Préliminaires.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Boudoir
  • Gages écrits8 · 2 racines
  • Dans la démo gratuite2 gages
  • Mains nuesla plupart des gages

Un gage, pour goûter

Léo, le suspect doit coopérer : Chloé t'interroge et chaque mauvaise réponse te coûte une pièce de dignité, tu dois obéir à la sanction qu'elle choisit

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Policier / Suspect.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun : la pratique se joue mains nues.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 2 gages. Les 8 avec le jeu complet.

Voir aussi

Médecin / Patient 18, Prof / Élève 8, Patron / Employé 8, Inconnus 8, Escort / Client 8, Cambrioleur 8, Photographe / Modèle 16, Masseur / Client 8, Réparateur / Propriétaire 8, Vampire / Victime 8, Kidnappeur / Otage 8, Prêtre / Pénitent(e) 8, Alien / Humain 8.

SourcesFoucault, Surveiller et punir, 1975 · Genet, Le Balcon, 1956 · Milgram, Soumission à l'autorité (Obedience to Authority), 1974 · Stone & Laureno, « Handcuff neuropathies », Neurology, 1991

Jouez-la ce soir

2 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 8 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €